Semaine du 23 au 29 janvier 2019 - Numéro 1259
L’année des lumières
Dr Wahid Abdel-Méguid23-01-2019
 
 

L’année 2019 peut devenir l’année de Naguib Mahfouz ou l’année des lumières pour deux raisons: l’inauguration du musée de Naguib Mahfouz prévue pour mars prochain et la transformation du prix de Naguib Mahfouz lancé par le ministère de la Culture en un prix arabe et l’augmentation de sa valeur. Etant donné que Naguib Mahfouz est l’un des pionniers des lumières culturelles arabes, pourquoi ne pas déclarer 2019 l’année des lumières? La créativité du pionnier du roman arabe ne peut se dissocier de l’atmosphère culturelle de cette ère de la première moitié du XXe siècle où ont brillé les flambeaux des lumières. Cette atmosphère s’étendait à la littérature, aux arts et à la pensée. Y sont apparus des intellectuels qui ont joué des rôles proches de ceux joués par les Européens au cours du XIXe siècle. Raison pour laquelle Naguib Mahfouz a été surnommé Flaubert des Arabes vu que l’auteur du roman Madame Bovary, traduit plusieurs fois vers l’arabe et dont la dernière traduction est parue au Caire en 2017, est le pionnier du roman réaliste dans la littérature européenne. Tawfiq Al-Hakim a aussi été surnommé André Gide des Arabes vu que l’auteur de la pièce de théâtre Les Faux-monnayeurs qui a aussi été traduite plusieurs fois en arabe, est le pionnier du théâtre intellectuel et philosophique en Europe.

L’année des lumières
L’année des lumières

Cette ère a également témoigné des pionniers dans de nombreux domaines. C’est ainsi que Lotfi Al-Sayed, Mohamad Hussein Heikal, Taha Hussein, Abbas Al-Aqqad et Mansour Fahmi étaient les pionniers de la pensée contemporaine. Mohamad Nagui, Youssef Kamel et Mahmoud Saïd ont ouvert de nouveaux horizons face à l’évolution des arts grâce à leurs rôles pionniers dans la peinture, exactement comme Mahmoud Mokhtar a joué le même rôle dans la sculpture.

Cette ère semble maintenant lointaine. De longues distances morales et intellectuelles nous en séparent bien qu’elle soit assez proche dans le temps à cause de l’évolution de courants religieux et chaotiques qui ont tout fait pour étouffer ses lumières. La société elle-même est devenue plus conservatrice, plus fermée, plus hostile à toute évolution, à toute innovation. Pourvu que nous essayions de rallumer ces lumières en commençant par déclarer 2019 l’année des lumières.


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