Semaine du 1er au 7 août 2018 - Numéro 1236
Mosquée d’Al-Maridani, joyau mamelouk
  La mosquée Al-Tonbogha Al-Maridani a prêté son nom au protocole signé entre le ministère des Antiquités et la société Agha Khan pour les services culturels. Elle constituera l’une des étapes phare du circuit touristique en préparation.
Mosquée d’Al-Maridani, joyau mamelouk
La cour de plein air de la mosquée. (Photo : La société Agha Khan)
Doaa Elhami01-08-2018

S’élevant majestueusement dans la rue Bab Al-Wazir, à Al-Darb Al-Ahmar, la mosquée Al-Tonbogha Al-Maridani remonte à l’époque mamelouke et a été bâtie en 1338 (739 de l’hégire). Son maître d’ouvrage est l’émir Alaeddine Al-Tonbogha Ibn Abdallah Al-Maridani, le saqi (personne qui servait les boissons et préparait les buffets) du sultan Al-Nasser Mohamad Ibn Qalaoun, qui a pris plusieurs fonctions importantes, dont la dernière était celle de gouverneur d’Alep, en Syrie. Il a de même épousé la fille du sultan.

La mosquée Al-Maridani est l’une des rares mosquées dont on connaît l’architecte. « C’est l’architecte Ibn Al-Sioufi, chef des architectes aux temps du sultan Mohamad Ibn Qalaoun, qui l’a édifiée », indique Emad Othman, ancien directeur de la région archéologique d’Al-Darb Al-Ahmar auprès du ministère des Antiquités. Pour lui, cette mosquée est l’une des plus importantes de l’époque mamelouke grâce à ses riches ornements intérieurs, affichant la plus grande partie du répertoire décoratif de l’époque, comme les entrelacs de marbre à incrustations de nacre, les stucs et les bois sculptés. L’un des éléments les plus caractéristiques de cette mosquée est la superbe moucharabieh qui sépare la salle de prière à la cour, l’une des plus anciennes qui soit conservée en Egypte.

Projet de restauration globale

Comme les autres mosquées mameloukes, la mosquée d’Al-Maridani se compose d’une cour en plein air, dont le centre est occupé par une fontaine. « Cette dernière a été transférée de la mosquée du Sultan Hassan par le comité de conservation des monuments en 1321 de l’hégire », explique Othman. La mosquée comprend 3 portes. Son iwan est considéré comme un chef-d’oeuvre grâce à des inscriptions dorées dans des cadres en coquillage. Son mihrab, qui unit beauté et habileté de fabrication, est surmonté d’une coupole. Les voûtes de l’iwan de la qibla sont montées sur des colonnes en marbre et en granit rouge. Quant à son plafond, il est décoré de motifs colorés au style mamelouk. Les murs de l’iwan sont couverts de pagnes composés de rubans de marbre ornés de morceaux de coquillage. La longueur des pagnes atteint 3 mètres.

Le minbar est orné d’incrustations en nacre en forme d’étoiles. « Un grand nombre de ces motifs ont été volés dans les années 1970 et sont sortis illégalement du pays. Mais un antiquaire les a achetés et les a rendus au gouvernement égyptien pour qu’ils soient remis à leur place d’origine », souligne l’ancien directeur.

Aujourd’hui, la mosquée d’Al-Maridani souffre d’importantes détériorations, notamment du côté est, qui comprend le minbar et l’iwan de la qibla. L’état architectural de ce dernier est déplorable. Dans le but de rendre à la mosquée sa splendeur d’antan, surtout au côté est, « ce dernier est soumis à un projet de restauration globale dans le cadre du protocole de Maridani signé entre la société Agha Khan et le ministère égyptien des Antiquités », conclut Mohamad Abdel-Aziz, directeur général du Caire historique auprès du ministère.




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