Semaine du 21 au 26 juin 2018 - Numéro 1230
Des prix longuement attendus
  Les prix d’Etat 2017-2018 dans le domaine des arts et des lettres ont été remis la semaine dernière. Certains lauréats ont dû attendre longtemps leur distinction, à l’image de l’actrice Nadia Lotfi, qui a remporté le prix du Mérite.
Des prix longuement attendus
Mourad Wahba, Nadia Lotfi et Ahmad Mourad parmi les lauréats.
Dina Kabil21-06-2018

L’édition 2017-2018 de la remise des prix d’Etat décernés dans le domaine des arts et des lettres a eu lieu la semaine dernière. A l’exception du philosophe Mourad Wahba, lauréat du prix du Nil dans les sciences sociales, de nombreux écrivains, artistes ou chercheurs en sciences sociales primés ont longtemps attendu leur distinction ou joué, jusqu’ici, des rôles secondaires.

Qui aurait par exemple pu deviner que l’écrivain Ahmad Mourad récolterait le prix Al-Tafawoq (prix d’excellence) dans la catégorie des lettres ? Auteur de 5 romans à grand succès, Mourad a toujours été considéré comme une vedette parmi les jeunes auteurs, mais dont les écrits, de l’avis de la critique, ne font pas partie de la grande littérature. Bien que ses oeuvres adaptées pour le cinéma et la télévision aient remporté un grand succès, elles restent, aux yeux des critiques littéraires, des thrillers ou des romans à suspense, écrits dans un style « facile, pareil à l’écriture journalistique ».

Le prix Al-Taqdiriya (prix du mérite) dans les arts est allé, très justement, à la superstar des années 1960, l’actrice Nadia Lotfi. Amplement mérité, ce prix aurait pu être décerné une vingtaine d’années plus tôt, puisqu’il décore un lauréat pour sa riche trajectoire.

Nouveau prix des créateurs arabes

Les prix Al-Tachguieiya (prix d’encouragement) sont eux aussi venus plus tard que d’habitude, étant normalement décernés à des jeunes au début de leur carrière pour les inciter à poursuivre sur leur bonne lancée. Ainsi, 15 prix d’Encouragement dans les disciplines les plus variées n’ont pas trouvé de lauréat cette année, tandis que ceux qui ont été décernés sont allés à des écrivains plus mûrs, qui les ont longuement attendus. A titre d’exemple, les écrivains Hussein Abdel-Réhim et Hani Abdel-Mourid. Le premier, la quarantaine, a déclaré qu’il avait été surpris par ce prix si longtemps attendu, d’autant plus que celui-ci vient récompenser son recueil de nouvelles Chakhs Salès (une tierce personne) qui est, à ses yeux, moins bon que ses autres oeuvres. Quant à Abdel-Mourid, il a été décoré pour son roman Ana Al-Alam (je suis le monde), qu’il avait présenté en 2016 dès sa sortie aux éditions Kotob Khan.

C’est le prix d’Encouragement dans le domaine des sciences sociales qui a créé la surprise, puisqu’il est allé au chercheur Khaled Aboul-Leil, pour son papier intitulé L’Histoire populaire de l’Egypte à l’époque nassérienne : une nouvelle vision du point de vue des marginalisés.

La véritable nouveauté de cette édition a été toutefois un nouveau prix, soit le prix du Nil des créateurs arabes. Non seulement parce qu’il récompense un créateur arabe dans le cadre d’un prix national avec tout ce que cela signifie du point de vue du rôle de l’Egypte dans la région, mais surtout grâce au lauréat lui-même, qui n’est autre que le Syrien Youssef Abdelky, le grand peintre et graphiste connu pour ses positions critiques vis-à-vis du pouvoir de son pays .



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