Semaine du 25 avril au 1er mai 2018 - Numéro 1222
« Frankenstein à Bagdad » nominé pour le Man Booker International Prize
  L’organisation du Man Booker International Prize a annoncé la liste des nominés 2018. Le roman­cier iraqien Ahmed Saadawi y figure avec son roman Frankenstein à Bagdad, publié en 2013, lauréat du prix de la Fiction arabe en 2014 et traduit ensuite en plusieurs langues.
« Frankenstein à Bagdad  » nominé pour le Man Booker International Prize
25-04-2018

Il est le cinquième Arabe à figurer sur la liste des nominés pour le prix pres­tigieux du Man Booker international Prize, après l’Egyptien Naguib Mahfouz, les Libanais Amin Maalouf et Hoda Barakat, et le Libyen Ibrahim A-Koni. Ahmed Saadawi est le premier Iraqien candidat pour ce prix pour 2018. Son roman Frankenstein à Bagdad est un conte inspiré des vio­lences qui déchiraient l’Iraq depuis plus d’une décennie. Il a été publié en 2013. Trois ans plus tard, l’ouvrage a été tra­duit et Hollywood se penche dessus actuellement pour l’adapter pour le grand écran. Récompensé en 2014 par le plus prestigieux prix de littérature arabe, le prix de la Fiction arabe, placé sous l’égide du Man Booker International Prize et financé par les Emirats arabes unis, Saadawi a acquis une belle notoriété grâce à Frankenstein à Bagdad.

Dans ce roman, un chiffonnier se met à recoudre les lambeaux de chair des victimes des violences en un seul corps, qui prend vie. Cet être, le « Trucmuche », décide de venger toutes les victimes et s’engouffre dans une spirale meurtrière. « Le Trucmuche n’est pas une créature fantastique imaginaire, c’est nous. Il pense faire le bien, mais il prend part aux meurtres et aux destructions. Nous l’avons tous fait d’une façon ou d’une autre, en approuvant ou en fermant les yeux sur les crimes », a déclaré Saadawi à la presse.

Un roman inspiré de faits meurtriers

Frankenstein à Bagdad

L’idée d’écrire ce roman est venue à Saadawi de deux faits d’actualité qui l’ont choqué depuis l’invasion améri­caine en 2003. Le premier s’est déroulé à Baqouba, quand des membres d’Al-Qaëda en Iraq ont kidnappé un homme avant de le tuer, le découper en mor­ceaux et éparpiller ces derniers dans cette ville au nord de Bagdad, afin que toute la ville voie le corps au même moment. Le second était une scène dans un hôpital débordé. La morgue était pleine et l’on entassait les dépouilles dans les couloirs. Quand un homme est venu chercher le corps de son frère, le personnel hospitalier lui a dit qu’il ne restait que des morceaux venant de plusieurs cadavres différents, avec lesquels il pourrait reconstituer un corps et partir avec.

Les cinq autres écrivains sur la liste des nominés sont la Française Virginie Despentes, pour Vernon Subutex 1, la Sud-Coréenne Han Kang, pour The White Book, le Hongrois László Krasznahorkai, pour The World Goes On, l’Espagnol Antonio MuñozMolina, pour Comme l’ombre qui s’en va, et la Polonaise Olga Tokarczuk, pour Flights. C’est le 22 mai que sera connu le vainqueur. Ce prix, décerné par le Royaume-Uni, récompense une oeuvre traduite en anglais d’un auteur étranger. Le lauréat partage son prix, soit un montant de 50000 livres Sterling, avec le traducteur de son oeuvre .




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