Semaine 26 juillet au 1er août 2017 - Numéro 1185
Des jeunes à la queleuleu
 
Des jeunes à la queleuleu
Cinéma 30, texte et mise en scène de Mahmoud Gamal. (Photo: Bassam Al-Zoghby)
26-07-2017

Devant les théâtres où sont données les pièces du Festival national du théâtre, il y a souvent une queue assez longue. Les spectacles présentés notamment par les troupes universitaires attirent un public jeune. Ce fut le cas également durant les éditions précédentes, car les spectateurs ne manquent pas d’être touchés

par la fraîcheur de ces créations estudiantines assez originales.

Les guichets, une heure avant le début des spectacles, affichent salles combles. Normalement, les billets sont gratuits, mais il faut les retirer suffisamment à l’avance. Et lorsque les jeunes arrivent un peu en retard, il n’y a plus de places, d’où un mécontentement général qui s’est manifesté à plusieurs

reprises. Les créateurs tentent parfois d’intervenir, afin de calmer le public et finissent par promettre une deuxième présentation.

Cela n’empêche que plusieurs spectacles universitaires, donnés cette année, n’étaient pas tout à fait à la hauteur et tombaient le plus souvent dans le piège de la monotonie. Ce fut le cas de la pièce Pinocchio, donnée par la troupe de la faculté des lettres, Université de Hélouan. La mise en scène de celle-ci était intéressante sur le plan visuel, mais les séquences se suivaient sans grand intérêt, et il y avait un vrai problème au niveau de la construction dramatique.

L’oeuvre n’a rien à voir avec le mythe légendaire de Pinocchio. Ici, il s’agit plutôt d’une marionnettequi adhère au monde des vivants et qui commence à en souffrir.

Raas Al-Mamlouk Gaber, donné par la faculté des lettres, Université du Caire, est une adaptation du texte

éponyme de Saadallah Wannous. Le jeu est banal et l’adaptation textuelle est faible. Les comédiens s’efforcent à faire rire, mais ne font que répéter des blagues d’une grande futilité. Le va-et-vient entre

l’actualité et les faits de l’histoire n’a aucunement servi l’intrigue. Les applaudissements du public jeune, venu encourager ses amis, ne font pas la gloire des comédiens jouant dans une pièce au contenu faible.

Seul le spectacle Cinéma 30 fait exception. Ecrit et monté par Mahmoud Gamal, l’une des stars du théâtre universitaire depuis 2013, il est interprété par les étudiants de la faculté de commerce, Université de Aïn- Chams. Gamal, qui a déjà écrit des pièces à succès comme 1980 Wenta Talea (la génération 1980), Al-Prouva (la répétition), surprend une fois de plus grâce à une pièce où tout est en noir et blanc, comme

dans le cinéma égyptien des années 1930. Pourtant, les détails superflus et les répétitions mènent à une longueur excessive qui a nui à l’ensemble. Une pièce sur dix, la balance ne penche pas cependant du côté du théâtre universitaire, en dépit de la présence d’un public venu encourager ses amis artistes. C’est plutôt un faux engouement.


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