Semaine 26 juillet au 1er août 2017 - Numéro 1185
Jérusalem, une responsabilité arabe et internationale
Mohamad Ibrahim26-07-2017
 
 

Quand on décide d’écrire sur Jérusalem, on est confronté à une certaine com­plication causée par la multitude des aspects de cette cause et l’enchevêtre­ment de ses détails du côté historique et politique. Il n’est pas ici question de faire une présentation historique, mais il suffit de dire que Jérusalem est parmi les plus anciennes villes du monde, et pos­sède une importance religieuse particulière, car elle est connue depuis toujours comme étant la ville de la paix et de la tolérance.

Quelques jours après avoir occupé la ville après la guerre de 1967, Israël a vite pris la décision d’annexer Jérusalem-Est et le rattacher à Jérusalem-Ouest. Puis en 1980, Israël a pris une décision encore plus dangereuse, considérant Jérusalem unie comme étant la capitale éternelle de l’Etat hébreu, ceci en violation des résolutions internationales qui lui imposent de garder le statu quo dans la ville. Le refus de ces violations par la communauté internationale était clair. A plusieurs reprises, Washington a officiellement annoncé son refus de cette position israélienne et il en est de même pour les pays européens. Aucun pays n’a transféré son ambassade à Jérusalem, à part un nombre très limité d’Etats d’Amérique Latine, avant de les transférer à Tel-Aviv.

Israël a mis en place un plan visant à changer le statu quo, et ce, à travers plusieurs mesures, dont le commencement des fouilles aux alentours de la mosquée Al-Aqsa (ce qui peut mener à son effon­drement à n’importe quel moment),

l’agrandissement de la superficie de la ville de Jérusalem, qui passe de 7 km2 à 80 km2, la construction de plus de 14 colonies dans les régions qui ont été annexées à la ville, la modifica­tion de la structure démographique de la ville de façon à ce que le nombre des juifs y soit supérieur au nombre des Palestiniens et, enfin, diviser la mosquée Al-Aqsa entre juifs et Palestiniens.

Et alors qu’Israël continue à resserrer l’étau autour des Palestiniens dans leur vie quotidienne dans l’objectif de les obliger à quitter la ville, il permet aux organisations extrémistes juives d’en­vahir la mosquée de temps à autre. De plus, Israël a permis à ses officiels d’entrer à l’esplanade des mosquées. A ce propos, il est impossible d’ou­blier la visite de l’ancien premier ministre israé­lien Sharon, en 2000, sur l’esplanade des mos­quées, qui a causé le déclenchement de la seconde Intifada. Celle-ci a duré des années pendant les­quelles Israël a détruit les institutions palesti­niennes sécuritaires fondées après les accords d’Oslo en 1993.

Il est également important de jeter la lumière sur la situation politique de la ville. Effectivement, politiquement parlant, Jérusalem est l’une des questions du statut final pour parvenir à un règle­ment de la cause palestinienne à travers des négo­ciations israélo-palestiniennes. Nombreuses pro­positions ont été faites pour le problème de Jérusalem. La plus importante est celle de l’an­cien président américain Bill Clinton. Selon celle-ci, la ville serait ouverte aux pratiquants des 3 religions célestes sans qu’Israël n’ait aucune souveraineté ni sur les lieux saints musulmans et chrétiens, ni sur les quartiers palestiniens. Mais Israël a refusé toutes les propositions et le gou­vernement actuel présidé par Netanyahu refuse l’idée même que Jérusalem soit soumise à des négociations, sous prétexte que c’est la capitale de l’Etat hébreu.

En contrepartie, la position arabe envers la ques­tion de Jérusalem a été beaucoup moins forte, se contentant de créer le « comité de Jérusalem », présidé par le roi du Maroc. Les réunions de ce comité n’ont abouti à rien de palpable pour la pro­tection de la ville contre les plans israéliens. Quant aux sommets arabes, ils ont tenu à garantir un soutien financier à la lutte des habitants de la ville contre les opérations de Judaïsation, actuellement en cours.

Il est donc question d’un plan israélien très clair qui vise à accélérer le rythme du processus de judaïsation. Et en contrepartie, il y a une position arabe qui, jusqu’à maintenant, n’a pas pu faire face au plan israélien. En plus d’une communauté inter­nationale, qui n’a pas réussi à imposer à Israël un agenda de négociations politiques qui compren­drait la question de Jérusalem côte à côte avec d’autres causes, comme la colonisation, la sécurité et les frontières.

Partant, il est nécessaire d’exploiter les derniers événements à Jérusalem et à la mosquée Al-Aqsa causant la fermeture de la mosquée pour la pre­mière fois depuis 1969, pour appliquer certaines propositions utiles pour faire face à la position israélienne.

Premièrement, il est important que les pays arabes abordent la question de Jérusalem tant au niveau régional qu’international, pour que cette question ne soit pas oubliée. Ensuite, les habitants de la ville doivent poursuivre leur lutte pour sau­vegarder le caractère arabe de la ville face à la judaïsation.

Il est également question de continuer à faire pression pour que l’ambassade américaine ne soit pas transférée vers Jérusalem, tout en réclamant à l’Administration américaine d’entamer des négo­ciations israélo-palestiniennes le plus tôt possible.

Et enfin, il ne faut pas empêcher les visites à Jérusalem pour que la ville ne tombe pas sous la domination israélienne .




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