Semaine 21 au 27 juin 2017 - Numéro 1181
Mossoul : Dernière et plus difficile phase de l’offensive
  Sept mois après le début de la bataille de Mossoul, les forces iraqiennes ont lancé leur offensive pour reprendre la vieille ville à Daech, dernier objectif stratégique mais compliqué.
Mossoul : Dernière et plus difficile phase de l’offensive
862 000 personnes ont été déplacées de Mossoul à cause des combats acharnés. (PHOTO : AFP)
Abir Taleb avec agences21-06-2017

Après plusieurs mois d’expectative, les forces iraqiennes ont finalement lancé, dimanche 18 juin, l’assaut pour chasser le groupe djihadiste Etat Islamique (EI) de la vieille ville de Mossoul, dont la reprise leur permettrait en principe de contrôler la totalité de la deuxième cité d’Iraq. Cette zone, dont la reconquête s’annonce ardue, est située dans l’ouest de la ville, dernier grand fief urbain de l’EI en Iraq. Elle est l’objectif ultime des forces gouvernementales qui, avec le soutien crucial de l’aviation de la coalition internationale antidjihadistes dirigée par les Etats-Unis, ont réussi depuis février à reprendre, selon le commandement iraqien, 90 % de la partie ouest de Mossoul. Elles ont déjà reconquis fin janvier la partie orientale de cette cité du nord de l’Iraq. La grande majorité des djihadistes restés à Mossoul sont retranchés dans la vieille ville qui est encerclée par l’armée. L’opération menée par les forces de l’armée, du contre-terrorisme (CTS) et de la police fédérale « a commencé dimanche matin. Pour préserver la vie des civils, (les militaires) ne peuvent qu’avancer lentement », a dit à l’AFP le général Abdel-Ghani Al-Assadi, haut commandant du CTS. Située sur la rive occidentale du Tigre, fleuve qui coupe la cité en deux, cette zone est un dédale de petites rues fortement peuplées, guère propice à l’avancée des blindés et où l’usage d’armes lourdes risque de mettre en péril la population civile. D’où la difficulté de l’opération.

Boucliers humains

Autre difficulté, la présence des civils. Encerclé par les forces iraqiennes, le groupe djihadiste empêche les habitants de la vieille ville de quitter leur habitation. Et ils sont 100 000 à être pris au piège par Daech à Mossoul. Ce qui inquiète, c’est que « ces civils sont en fait essentiellement retenus comme boucliers humains », a déclaré le représentant du Haut-Commissariat de l’Onu pour les Réfugiés (HCR) en Iraq, Bruno Geddo. Ce dernier a expliqué que Daech a capturé des civils à l’extérieur de Mossoul et les a fait venir de force dans la vieille ville. « Nous savons que l’EI les a pris avec eux », alors qu’ils fuyaient des combats, a précisé le représentant du HCR. Sans eau ni nourriture et privés d’électricité, ces civils, piégés dans la vieille ville, « vivent dans une situation croissante de pénurie et de terreur », a-t-il dit, précisant que des snipers tentent de tuer ceux qui essaient de quitter la zone sous contrôle des djihadistes. Depuis le début de l’offensive, 862 000 personnes ont été déplacées de Mossoul. 195 000 d’entre elles sont toutefois revenues dans la ville, essentiellement dans l’est. Au total, 667 000 civils sont toujours déplacés et vivent dans des familles d’accueil ou dans les 13 camps érigés par le HCR. Or, une reconquête de la vieille ville est cruciale pour la reprise à l’EI de la totalité de Mossoul tombée en juin 2014 aux mains de l’organisation ultraradicale. « Les combattants de Daech ont construit des lignes de défense solides et opposent une forte résistance », a indiqué un officier de haut rang. Par ailleurs, selon le général Abdel-Ghani Al-Assadi, haut commandant du CTS, « l’un des secteurs les plus difficiles à prendre est le quartier Farouq qui mène à la mosquée Al- Nouri ».

C’est dans cette mosquée que le chef de l’EI Abou-Bakr Al-Baghdadi avait fait, en juillet 2014, sa seule apparition publique connue. Il avait alors appelé tous les musulmans à lui prêter allégeance après avoir été désigné à la tête du califat proclamé par son groupe sur les territoires conquis en Iraq et en Syrie voisine. « Nos forces avancent à pied car les allées sont très étroites. C’est le dernier épisode du show Daech. C’est notre opération la plus difficile. Ils sont encerclés à 270 degrés. Ils n’ont plus que le fleuve et n’ont nulle part où aller », a ajouté le général Assad, qui prévoit aussi que les membres iraqiens « de Daech vont raser leurs barbes et tenter de se fondre parmi les civils », en estimant que l’opération prendrait du temps.



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