Semaine du 26 avril au 2 mai 2017 - Numéro 1173
Magdi Abdou : Le granit est un matériau plein de chaleur et de sensation à l’image de l’Egypte
  Le jeune Magdi Abdou est lauréat du Prix Adam Hénein pour la sculpture. Son oeuvre primée en granit gris constitue le début d’une approche artistique qui vise à associer la sculpture figurative à l’architecture de l’Egypte Ancienne. Entretien.
Magdi Abdou
May Sélim 26-04-2017

Al-ahram hebdo : Depuis quand tra­vaillez-vous le granit ? Comment avez-vous découvert les techniques de la sculpture sur pierre ?
Magdi Abdou : J’ai étudié la sculpture à la faculté des beaux-arts d’Alexandrie. En 2008, j’ai commencé à faire des expériences de sculpture sur la pierre. J’ai débuté par le basalte. Puis, un an plus tard, j’ai fait une sculpture en granit rose. Mes pièces étaient souvent des oeuvres de petite taille. J’ai essayé aussi d’autres pierres, mais je préfère toujours le granit. En 2013, ce fut ma ren­contre avec le granit de grande taille à l’occa­sion de ma participation à l’atelier tenu en marge du Symposium international de sculp­ture d’Assouan. Je travaillais un bloc de granit rose qui mesurait 1m x 1m x 1m. Pour moi, le granit est un matériau plein de cha­leur et de sensation à l’image de l’Egypte.

— Vous avez vécu trois ans en Italie afin d’approfondir vos techniques sculptu­rales. De quoi s’agit-il ?

— Après ma première expérience au Symposium d’Assouan, j’ai voulu appro­fondir ma technique dans la sculpture sur pierre. J’ai donc présenté un projet de recherche au ministère italien des Affaires étrangères. Une fois mes papiers admis, j’ai choisi de poursuivre mes recherches à l’Académie de Carrare pour trois ans. Par ailleurs, j’ai eu la possibilité de louer un atelier et de travailler indépendamment.

— Votre oeuvre primée fait partie d’une série de sculptures intitulée Attente ? En quoi consiste-t-elle ?
— Depuis 2013, je développais un thème particulier que j’ai intitulé « La Résurrection de l’âme ». Plusieurs oeuvres traduisent mon inspiration de la sculpture de l’Egypte Ancienne. J’étais souvent épris par la sculp­ture de cette époque. Certaines oeuvres, qui reprenaient la forme de la fameuse statue cube avec une approche contemporaine, ont formé la série Attente. La sculpture taillée en 2013 au Symposium de sculpture d’As­souan constituait le début de cette série. Plus tard, j’ai fait presque 7 sculptures qui élaboraient cette forme. L’oeuvre présentée à la compétition d’Adam Hénein faisait partie de cette série. Ce fut presque ma première tentative de rapprocher la sculpture de l’ar­chitecture. La forme volumineuse compre­nait un bloc avec des lignes droites et géo­métriques, et en même temps, elle comporte des lignes rondes et des surfaces qui tradui­sent une certaine flexibilité et douceur. D’une forme architecturale simple cubique et abstraite émane une forme mouvante.

— Sur quel thème vous travaillez actuellement ? Quels sont vos projets à venir ?
— Depuis 2015, mon travail puisait dans les formes architecturales de l’Ancien Egyptien. Mon thème préféré cette fois-ci est « La Ville absente ». De nouveau, je reviens à la civilisation de l’Egypte Ancienne, mais avec une forme plus abs­traite et contemporaine. En 2016, j’ai parti­cipé au Symposium de sculpture d’Assouan en tant qu’artiste principal. Mon bloc de granit était une oeuvre monumentale archi­tecturale qui se composait de 4 pièces de différentes couleurs. L’oeuvre est intitulée Les Maisons du soleil. C’était la première oeuvre taillée en granit et qui met en évi­dence le thème que j’ai travaillé sous forme de petites maquettes en plâtre dans mon studio. Je continue aujourd’hui à développer ce thème et ce rapport entre l’architecture et la sculpture figurative abstraite.

— Que représente ce prix pour vous ? Et comment allez-vous en profiter ?
— Le prix qui porte le nom du vétéran sculpteur égyptien Adam Hénein est en soi un encouragement. Mais s’ajoute à cela aussi son montant de 50 000 livres. Je viens de retourner en Egypte après trois ans en Italie. Cela faisait deux mois que j’hésitais à retourner en Italie pour faire carrière en Egypte. Mais avec ce prix, mon installation en Egypte est définitive. Le prix va aussi m’aider à faire de mes maquettes en plâtre des oeuvres en pierre et en bronze. Je me prépare aussi pour une exposition solo .

Prix Adam Hénein
Afin d’initier et d’encourager les jeunes à l’art de la sculpture, Adam Hénein a lancé au début de l’année une compétition pour les sculpteurs âgés de moins de 35 ans. Ceci à travers la fondation artistique qui porte son nom. Lors de cette première édition, 50 sculp­teurs ont présenté leurs oeuvres. Seuls 22 jeunes sculpteurs ont pu arriver à la demi-finale. Hénein offre deux prix seulement. Le premier est de 50 000 L.E. Le deuxième constitue une résidence de deux semaines à l’atelier de Hénein à Harraniya. Ce 2e prix fut remporté par Moaweya Hélal.

A partir de septembre prochain, la deuxième édition de cette compétition ouvrira la porte aux candidatures afin de découvrir d’autres jeunes sculpteurs prometteurs.




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