Semaine du 26 avril au 2 mai 2017 - Numéro 1173
Le visage rayonnant de l’Egypte à travers deux livres
Mohamed Salmawy26-04-2017
 
 

Deux livres ont récemment attiré mon attention car ils reflètent une face rayonnante de notre vie, alors que de nombreuses crises pèsent actuellement sur la société égyptienne. Le premier livre est sur le cinéma et le second s’intéresse aux coptes d’Egypte. Le premier est intitulé Les 101 plus importants films égyptiens, c’est un ouvrage très important qui a nécessité beaucoup d’efforts de la part de son auteur Sameh Fathi. Celui-ci a révisé l’histoire du cinéma égyptien et a choisi 101 films qui, de son point de vue, sont les plus importants. Quand Sameh Fathi m’a offert ce livre, je lui ai dit que cet effort aurait dû être fait par un comité entier et non une seule personne. De plus, cet auteur passionné de cinéma a déjà publié un livre exceptionnel sur les affiches du cinéma égyptien. La moindre chose que doivent faire les institutions cinématographiques et le public amateur de cinéma pour récompenser cet auteur passionné de cinéma est de posséder ce livre, dont Fathi a assumé lui-même les frais de publication.

Depuis le début, l’auteur a déterminé les normes selon lesquelles il a choisi les films. Premièrement, il fallait que le film soit purement égyptien, c’est-à-dire qu’il ne soit pas inspiré d’une oeuvre étrangère. Puis il fallait que le film soit le reflet de la société égyptienne à l’époque de sa production. De plus, en sélectionnant les films, Fathi a tenu à présenter différentes générations de cinématographes, qu’il s’agisse des réalisateurs, des auteurs ou des scénaristes.

Dans ce livre élégant, l’auteur a présenté les informations essentielles concernant chaque film, comme l’année de production, la date de la première projection, l’équipe du film : réalisation, écriture, scénario, montage et musique. Sans oublier les comédiens bien sûr. Et ce, en plus d’un petit résumé et d’une évaluation de son niveau artistique. Il y a également une description de la plus importante scène du film, de plus que l’auteur a également tenu à publier une photo prise du film et une autre de son affiche. Pour accomplir cette mission, il a emprunté les affiches aux auteurs des films, auxquels il a adressé un remerciement dans la préface du livre. La collection d’affiches que le livre présente est en quelque sorte une étude de l’évolution de l’art de l’affiche de cinéma en Egypte.

Or, l’auteur ne s’est pas contenté de publier les informations figurant dans les titres des films, mais il s’est intéressé à des détails d’une grande importance. Par exemple en parlant du film Salama Fi Kheir (Salama va bien, 1937), joué par Naguib Al-Rihani, Raqia Ibrahim et Hussein Riyad, il dit : « Ce film est très spécial parce qu’il est parmi les premiers à ne contenir aucun élément étranger, puisque le montage, le tournage, l’enregistrement, la musique, la réalisation ont été faits par des Egyptiens. De plus que les tissus utilisés dans le film sont produits par la Compagnie Misr pour le textile ».

Et en parlant du film Fatma (1947) joué par la célèbre diva Oum Kalsoum et le célèbre acteur Anouar Wagdi, il cite une information que beaucoup de personnes ne savent pas : Le monteur de ce film est le célèbre réalisateur Kamal Al-Cheikh qui a réussi avec excellence à enchaîner les scènes sans lenteur ni rapidité, exactement comme la vie dans ses changements.

La préface du livre comprend quelques chiffres importants, comme le fait que le grand écrivain Naguib Mahfouz est l’auteur du plus grand nombre d’histoires écrites pour le cinéma parmi les 100 films sélectionnés par l’auteur. Et Ali Al-Zarqawi est le scénariste qui a écrit le plus de scénarios dans cette sélection. Pour ce qui est du tournage, il cite Abdel-Halim Nasr, pour la musique Fouad Al-Zaheri ; le décor, Maher Abdel-Nour ; pour la production, l’Institution publique de cinéma. Et l’acteur et l’actrice qui ont joué le plus grand nombre de premiers rôles dans les films sélectionnés sont Farid Chawqi et Soad Hosni.

Quant au second livre, il a été écrit en anglais par Dr Shahira Abdel-Shahid, conseillère du président de la Bourse égyptienne. Il a été publié par la maison d’édition américaine Archway Publishing sous le nom Roadmap to Success (le chemin vers le succès). La valeur de ce livre réside dans le fait qu’il présente l’histoire de succès de 10 personnalités égyptiennes coptes contemporaines qui ont réussi à accomplir, chacune dans son domaine, de grandes réalisations. Quand on parle d’Egyptiens coptes vivant à l’étranger, il est souvent question de l’oppression dont ils souffrent après la propagation de la pensée extrémiste par les factions de ce qu’on appelle l’islam politique, partant par les Frères musulmans pour en arriver à Daech. Or, paradoxalement, le livre du Dr Shahira Abdel-Shahid lance, à travers ses 300 pages, un message positif qui assure que malgré les difficultés qui entourent les coptes d’Egypte, et pour dire vrai, les musulmans aussi, ceux qui ont la volonté de réussir, aboutissent à leurs objectifs. C’est donc un appel à l’optimiste et à l’espoir au milieu de l’obscurantisme actuel causé par la régression et le terrorisme. Le message lancé par le livre prouve que les coptes sont une partie intégrante de la société égyptienne, et leurs réalisations ont forgé l’histoire du peuple égyptien tout au long de l’histoire.

Cependant, l’auteur du livre a intentionnellement négligé un exemple de réussite digne de beaucoup d’estime, donc l’héroïne est Dr Shahira elle-même qui travaille depuis plus de 3 décennies comme conseillère économique et qui occupe aujourd’hui le poste éminent de conseillère du président de la Bourse égyptienne. Nous avons besoin de ce genre de livre, en particulier à l’étranger pour corriger une image négative qui nous a été attribuée.



Mots clés:

Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire