Semaine du 22 au 28 mars 2017 - Numéro 1168
Syrie-Israël : Le ton monte
Maha Salem avec agences22-03-2017
 
  Israël et la Syrie ont connu cette semaine leurs plus violents accrochages depuis 2011. La tension est à son comble.

La tension est montée d’un cran cette semaine entre Israël et la Syrie. Le ministre israélien de la Défense, l’ultra-nationaliste Avigdor Lieberman, a prévenu dimanche 19 mars que l’aviation israélienne détruirait les systèmes syriens de défense aérienne si de nouveaux missiles étaient tirés contre des avions israéliens en opération en Syrie. « La prochaine fois que les Syriens utilisent leurs systèmes de défense aérienne contre nos avions, nous les détruirons sans la moindre hésitation. A chaque fois que nous repérerons des transferts d’armes de Syrie vers le Liban, nous agirons pour les empêcher. Sur ce sujet, il n’y aura aucun compromis », a averti le ministre. Cette déclaration intervient après que les deux voisins ennemis, Israël et la Syrie, eurent connu vendredi 17 mars leur plus sérieux accrochage depuis 2011, avec des raids sur le territoire syrien, une riposte anti-aérienne et l’interception d’un missile en direction du territoire israélien. L’armée syrienne a affirmé avoir abattu l’un des avions israéliens et en avoir atteint un deuxième, ce qu’Israël a démenti. « La sécurité de civils israéliens ou de l’appareil de l’aviation israélienne n’a à aucun moment été menacée », a affirmé l’armée israélienne. Cette dernière a fait état de plusieurs tirs de missiles antiaériens, dont l’un a été intercepté par le système israélien de défense antiaérienne. Ce missile visait un avion déjà dans l’espace israélien de retour de sa mission. L’armée israélienne n’a confirmé ni la localisation de l’interception, ni l’armement employé.

Ces deux pays restent officiellement en état de guerre depuis des dizaines d’années. Les relations sont d’autant plus tendues que le régime syrien est soutenu dans sa bataille contre les rebelles par le mouvement chiite libanais Hezbollah et l’Iran, deux grands ennemis d’Israël. Damas est également soutenu par la Russie, avec laquelle Israël a négocié à plusieurs reprises pour éviter des affrontements entre avions russes et israéliens dans l’espace aérien syrien. Tout en veillant à ne pas être aspiré dans le conflit du pays voisin, Israël a frappé à plusieurs reprises le territoire syrien. L’Etat hébreu ne confirme habituellement pas ces raids en Syrie, et pourrait avoir été conduit cette fois à le faire par les circonstances de l’incident, comme le déclenchement des sirènes d’alerte dans plusieurs communautés de la vallée du Jourdain. « Le raid mené par l’aviation israélienne en Syrie a visé des armes sophistiquées destinées du Hezbollah libanais », a affirmé le premier ministre, Benyamin Netanyahu, en affirmant que ce genre de frappes allait se poursuivre. « Quand l’on identifie des tentatives de transfert d’armes sophistiquées au Hezbollah et que nous avons des informations des services de renseignements à ce sujet, nous agissons pour les prévenir ».

En avril 2016, le premier ministre, Benyamin Netanyahu, avait admis qu’Israël avait attaqué des dizaines de convois d’armes destinés au Hezbollah. A plusieurs reprises, Netanyahu a exprimé son souci que l’Iran, soutien du Hezbollah, non seulement ne poursuive le transfert d’armements sophistiqués à son allié, mais n’ouvre pas graduellement un front près du territoire israélien. « Les Syriens doivent comprendre qu’ils sont tenus pour responsables de ces transferts d’armes au Hezbollah et que tant qu’ils continueront à les permettre, nous ferons ce que nous devons faire. Je répète que nous ne voulons ni nous mêler de la guerre civile en Syrie ni provoquer une confrontation avec les Russes, mais la sécurité d’Israël prime sur tout », a souligné M. Lieberman. Israël a aussi régulièrement pris pour cible des positions syriennes sur le plateau du Golan en réponse à des tirs présumés perdus provenant du conflit de l’autre côté de la ligne de démarcation. Israël a annexé en 1981 la partie du Golan (1 200 km2) qu’il occupait depuis 1967 et la guerre des Six Jours. Cette annexion n’est pas reconnue par la communauté internationale. Israël suit avec la plus grande attention l’évolution du conflit syrien .



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