Semaine du 22 au 28 février 2017 - Numéro 1164
Ahmad Eid : Je crois à la noblesse du rire
  Le comédien Ahmad Eid parie une fois de plus sur le rire dans Yabani Asli (du japonais authentique), pour discuter de sujets assez sérieux. Entretien.
Ahmad Eid
Yasser Moheb22-02-2017

Al-Ahram Hebdo : Qu’est-ce qui vous a plu dans l’histoire de Yabani Asli (du japonais authentique) ?
Ahmad Eid : J’ai beaucoup aimé le cadre familial du film, loin des sophistications dramatiques. Je pense qu’on a besoin de ce genre assez léger, on a besoin de rire pour le rire, vu le contexte où nous vivons. Je crois à la noblesse du rire, c’est une mis­sion dramatique digne de respect. Le film, actuellement en salle, est loin de la poli­tique directe, où versent plusieurs oeuvres. Il nous fait plonger dans des sujets divers, assez frais. En outre, le fait de jouer devant des enfants, d’autant plus japonais, m’a vraiment attiré. C’est une première pour moi.

— Vous présentez un film tous les cinq ans, à quoi est dû ce retard ?
— Depuis la révolution du 25 janvier 2011, la situation sociopolitique prête à confusion. J’ai été atteint d’une dépression et j’avais envie de méditer pour mieux comprendre les mutations en cours. D’où ma décision de m’éloigner un peu de la scène artis­tique.

— Certains ont comparé ce film à celui interprété, en 2010, par Ahmad Helmi : Assal Eswad (mélasse). Car les deux films évoquent l’état de la société égyptienne en se référant à d’autres sociétés étrangères. Qu’en pensez-vous ?
— Franchement, je n’ai jamais pensé à une telle ressemblance, mais il se peut qu’il y ait un certain point commun, non prémédité. L’important c’est la façon de traiter le sujet, de s’exprimer.

— Comment s’est passé le tournage avec deux petits garçons japonais ?
— Très singulier. On plaisait beau­coup. Les deux garçons ne parlent pas l’arabe, l’un étant japonais, l’autre chinois. La société de production les avait choisis vu leur talent. Je me sou­viens qu’on a passé plusieurs heures pour tourner une même scène car ils pronon­çaient mal les mots en arabe. Le pro­blème était qu’ils ne pouvaient travailler que pendant 8 heures seulement par jour, entre 9 et 18h. C’était quand même une belle aventure.

— Tourner la société tellement en dérision a été très mal pris par d’au­cuns ...
— Le film ne visait aucunement à por­ter préjudice. Il traite simplement de l’histoire d’un père qui essaie de bien éduquer ses enfants, issus d’un mariage mixte. Il était normal alors que l’on compare parfois la vie en Egypte à celle au japon, d’où provient leur mère. Mais on a quand même essayé de donner une image du pays avec ses qualités et ses défauts .




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