Semaine du 18 au 24 janvier 2017 - Numéro 1159
Saison maigre pour l’haltérophilie égyptienne
  Après une année glorieuse pour l'haltérophilie égyptienne, les activités de la nouvelle saison sont gelées. Une situation qui remet en question l’état de cette discipline qui a offert à l'Egypte des médailles olympiques.
Saison maigre pour l’haltérophilie égyptienne
APLa sélection a réalisé un exploit en 2016 grâce à une bonne préparation. Celle-ci est quasiment gelée pour cette saison. (Photo : AFP)
Marianne Youssef18-01-2017

Sans regroupement, sans stages à l’intérieur du pays ni à l’extérieur, sans plan de préparation et sans tournois, la sélection d’haltérophilie débute sa saison en plein marasme.

En fait, 4 mois de pause à la suite des JO de Rio, les haltérophiles attendaient l’attention des responsables de la Fédération pour la mise en oeuvre d’un plan de préparation pour la saison 2017. Mais ce fut la déception complète pour les haltérophiles, surtout ceux qui ont honoré l’haltérophile égyptienne par leurs résultats fracassants aux JO de Rio. Deux haltérophiles, Mohamad Ihab (27 ans, 77 kg) et Sara Samir (18 ans, 63 kg) ont décroché chacun une médaille de bronze à Rio.

« Depuis la victoire que la sélection a réalisée, on n’a reçu aucun appel de la part de la Fédération pour débuter, comme d’habitude, notre regroupement. En fait, la sélection commence son regroupement au début de chaque année par un stage au Fayoum », souligne Chaïmaa Khalaf , 4e aux JO de Rio (25 ans, +75 kg). Le directeur technique de la sélection, Khaled Qorani, a décidé de présenter sa démission aux responsables de la Fédération pour protester contre cette négligence. « Les responsables de la Fédération ne semblent pas préoccupés de la saison 2017. Quant aux haltérophiles, ils n’ont aucune idée de leur avenir et ne savent pas quels sont les stages et les tournois de la saison. Par conséquent, ils ne s’entraînent pas. Cela veut dire sans doute que le niveau de la sélection va reculer. Je suis vraiment déçu », confie Khaled Qorani, directeur technique de la sélection.

Budget bloqué

Cependant, la Fédération ne semble pas s’inquiéter face à cette situation. Selon Hicham Hamdi, directeur exécutif de la Fédération, le calendrier international ne comporte qu’une seule compétition, à savoir les Mondiaux prévus en novembre 2017, sachant que les Jeux méditerranéens prévus en juillet 2017 ont été reportés à 2018. « Nous avons donc le temps pour préparer la sélection. En outre, cette mauvaise situation est due au retard du ministère du Sport de nous assurer le budget de l’année 2017. Après les grandes sommes d’argent dépensées avant les Jeux olympiques pour la préparation de toutes les sélections, le ministère trouve une certaine difficulté de nous fournir rapidement le budget de l’année », explique Hicham. Il ajoute que la priorité pour cette saison est accordée à la sélection juniors pour les préparer aux tournois qualificatifs aux JO de la Jeunesse (JOJ) prévus en 2018. « Les jeunes doivent disputer en avril prochain une compétition très importante, à savoir les Mondiaux de Thaïlande, pour valider leur ticket olympique. Voilà pourquoi la grande partie du budget sera allouée à la préparation de la sélection des jeunes », confie-t-il. A noter que le ministère du Sport et de la Jeunesse a annoncé en novembre dernier l’annulation de nombreuses activités sportives et le licenciement de certains experts étrangers, suite à la décision de la Banque Centrale d’Egypte (BCE) d’autoriser le flottement de la livre égyptienne.

Ainsi, les haltérophiles affrontent un vrai problème, car en matière de sport, les camps d’entraînement sont d’une grande importance du fait qu’ils leur offrent un programme d’entraînement pointu. Face à cette situation, les deux stars de la sélection, à savoir les deux champions olympiques, Mohamad Ihab et Sara Samir, ont essayé, chacun, de trouver une solution à cette crise. Pour sa part, Mohamad Ihab n’a pas perdu son temps. Il a accepté une invitation de la part d’un Institut d’haltérophilie aux Etats-Unis pour effecteur un stage d’entraînement pour une durée de trois semaines pendant le mois de septembre dernier. En attendant, il a décidé de s’entraîner au club de l’Institution militaire à Ismaïliya (voir interview).

De même, pour Chaïmaa Khalaf, qui était sur le point de remporter une médaille de bronze aux JO de Rio, mais qui a été classée 4e. Elle s’entraîne à ses propres frais dans une salle de gymnastique à Maadi. « Une année sans stage et sans entraînement est une année perdue dans la vie de n’importe quel athlète. Je rêve d’améliorer mes records personnels pour décrocher une médaille aux Mondiaux 2017. Je dois donc travailler dur même si je travaille seule », dit-elle.

Quant à Sara Samir, elle a décidé de consacrer cette année aux études du Bac qu’elle a raté l’année dernière à cause de sa participation aux JO de Rio 2016.




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