Semaine du 14 au 20 décembre 2016 - Numéro 1155
Chérif Al-Aryan : Chaque fédération doit trouver de nouvelles ressources
  Chérif Al-Aryan, membre du conseil d’administration du Comité olympique égyptien et président de la Fédération de pentathlon, donne son point de vue sur les problèmes du sport égyptien après le flottement de la livre égyptienne, et évoque les moyens de les résoudre.
Chérif Al-Aryan
Chérif Al-Aryan, membre du conseil d’administration du Comité olympique égyptien et président de la Fédération de pentathlon.
Doaa Badr14-12-2016

Al-Ahram Hebdo : Comment jugez-vous les décisions du ministère de la Jeunesse et du Sport qui veut limiter les activités sportives internationales après le flottement de la livre égyptienne ?

Chérif Al-Aryan : Il faut être réaliste. Notre pays vit une période critique et nous devrons tous travailler ensemble pour la traverser. Le ministère de la Jeunesse et du Sport a pris une série de décisions en vue de limiter les activités sportives internationales. Il a annulé de nombreuses activités sportives à l’étranger et a décidé de licencier plusieurs entraîneurs étrangers. La libération du taux de change, en réaction à la crise monétaire aiguë ces derniers mois, va frapper plusieurs disciplines qui ont besoin du billet vert pour payer les salaires d’experts étrangers, proposer aux sportifs des camps d’entraînement hors du pays et financer des participations aux tournois internationaux. La décision du ministère concerne les sélections juniors et jeunes, mais ces mesures seront également appliquées aux sélections seniors en vue de faire plus d’économies. Il faut préciser que ces décisions sont obligatoires et seront appliquées jusqu’au 30 juin 2017.

— Ces décisions affecteront-elles l’avenir du sport égyptien ?

— Pas du tout. En fait, ces décisions sont prises au bon moment. Nous sommes actuellement dans une période où il n’y a pas beaucoup d’activités, puisqu’après chaque session de Jeux olympiques, toutes les nations prennent une pause pour permettre aux athlètes de se reposer et préparer de nouvelles équipes.

— Cela signifie-t-il que la situation devra changer après le 30 juin 2017 ?

— Je crois que cette situation changera en juillet prochain pour plusieurs raisons. Premièrement, selon les économistes, le dollar devrait baisser dans quelques mois. Deuxièmement, en juillet prochain, le comité de planification au sein du Comité olympique égyptien en coopération avec les différentes fédérations égyptiennes, ainsi que le ministère de la Jeunesse et du Sport doivent entamer le programme de préparation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) qui auront lieu en 2018 à Buenos Aires (Argentine). Lors des JOJ de Nanjing 2014, l’Egypte s’était qualifiée avec le nombre maximum d’athlètes, soit 85 athlètes, et ils avaient décroché 11 médailles. Il nous faudra suivre les mêmes pas pour accomplir à nouveau un tel exploit, et donc commencer la préparation des jeunes Egyptiens en juillet 2017. De plus, après les JOJ, nous devrons commencer la préparation intensive pour les Jeux Olympiques (JO) de Tokyo 2020. Nous n’avons donc pas d’autres choix. Il faut fournir aux athlètes une bonne préparation pour des événements d’une telle importance, tout en essayant de faire un maximum d’économie. Seulement tout a doublé, les billets d’avion, l’argent de poche, les hôtels à l’étranger, la participation aux compétitions à l’étranger ou l’organisation d’un camp à l’étranger.

— Comment les Fédérations nationales pourraient-elles s’en sortir dans les prochains mois ?

— Chaque fédération doit innover pour augmenter ses ressources. Les fédérations ne peuvent pas toujours dépendre du budget du ministère. Elles doivent trouver de nouvelles ressources comme les organismes de compétitions nationales ou internationales et des sponsors. Pour la Fédération de pentathlon par exemple, dont je suis le président, nous avons reçu des fonds de la part de Championnats nationaux et de l’organisme chargé de la 2e étape de la Coupe du monde au Caire. Par ailleurs, nous avons pu économiser en annulant le premier camp de préparation qui devrait avoir lieu chaque année à Colorado Spring aux Etats-Unis. Nous avons choisi de participer aux étapes de la Coupe du monde qui auront lieu dans des pays proches pour réduire le coût des billets d’avion. Enfin, nous avons diminué le nombre de cadres techniques des sélections nationales.

— Ces mêmes décisions sont-elles appliquées au sein de toutes les fédérations ?

— En fait, ces décisions dépendent de critères précis. Les athlètes prometteurs, capables de remporter des médailles aux Mondiaux et aux JO, sont exclus de ces décisions. Le cas des sports de combat est également différent. Dans ces disciplines, le tirage au sort pour les Mondiaux est lié au classement mondial, par conséquent, les athlètes doivent participer à un grand nombre de tournois internationaux pour améliorer ce classement.




Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire