Semaine du 14 au 20 décembre 2016 - Numéro 1155
A la croisée des cultures
  Le lauréat du prix Goncourt des lycéens, Gaël Faye, pour son premier roman Petit Pays, faisait partie des invités de la 6e rencontre « Ecrire la Méditerranée ».
A la croisée des cultures
Rasha Hanafy14-12-2016

Vivre entre plusieurs cultures n’est pas bizarre pour lui. D’une mère rwandaise et d’un père français, Gaël Faye est un chanteur, rappeur, auteur-compositeur-interprète et écrivain franco-rwandais. Son expérience vécue depuis sa naissance en 1982 à Bujumbura, à Burundi, est racontée dans son premier roman intitulé Petit Pays, publié chez Grasset. C’est avec ce récit douloureux, inspiré de son enfance et après avoir reçu le prix du roman Fnac, en septembre 2016, que le chanteur et romancier de 34 ans décroche, en novembre 2016, le prix Goncourt des lycéens. Gaël Faye était invité à la 6e rencontre « Ecrire la Méditerranée », tenue récemment à Alexandrie, en Egypte, pour participer aux discussions sur le thème « Migrants et Méditerranée », dans le cadre de son roman. Petit Pays raconte l’histoire d’un garçon, Gabriel, qui naquit et grandit à Bujumbura, dans une impasse protégée où vivaient une classe moyenne privilégiée, couples mixtes, diplomates africains, vieux expatriés. C’est le récit des deux années 1992 et 1994, pendant lesquelles le héros et narrateur, entre ses 10 et 12 ans, a été expulsé du paradis de l’enfance. Ce roman, qui raconte la violence, les peines et le déchirement à cause de la guerre civile, appelle aussi à avoir une vision du monde loin de la politique, pleine d’humanité et d’espoir. Le jeune romancier y écrit : « Dieu semble nous dire que le grand amour est fait de confiance. On ne doit pas douter de la beauté des choses, même sous un ciel tortionnaire. Si tu n’es pas étonné par le chant du coq ou par la lumière au-dessus des crêtes, si tu ne crois pas en la bonté de ton âme, alors tu ne te bats plus, et c’est comme si tu étais déjà mort ».

Durant la rencontre internationale de la Méditerranée, Gaël Faye a pris la parole durant la première table ronde. « Quand j’étais jeune, mes parents me disaient que j’étais métis, donc j’étais 50-50. J’avais du mal à comprendre cette idée. J’ai saisi après que c’est parce que mon père était blanc et ma mère était noire. Dans mon premier album solo, intitulé Pili pili sur un croissant au beurre, sorti en 2013, je partais de l’idée que finalement, l’humanité n’était que des identités en mouvement, et ce n’est pas un bloc », explique Faye. Selon lui, en tant qu’humains, on doit s’ouvrir à toutes les autres cultures, même les lointaines, pour être singulier. Il n’a pas hésité de chanter le refrain de sa chanson intitulée Métis :

« Quand deux fleuves se rencontrent, ils n’en forment plus qu’un, et par fusion, nos cultures deviennent indistinctes. Elles s’imbriquent et s’en­castrent pour ne former qu’un bloc d’humanité debout sur un socle » .


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