Semaine du 14 au 20 décembre 2016 - Numéro 1155
Quelle action préventive arabe ?
Mohamed Al-Saïd Idriss14-12-2016
 
 

Les déclarations faites par le nou­veau président américain, Donald Trump, durant sa campagne électo­rale ne sont guère conformes à la stratégie américaine dans sa globa­lité. Et elles ne sont pas suffisantes pour que les Arabes puissent parve­nir à une vision préventive claire avec le nouveau président.

De plus, on ne peut pas assurer qu’arrivé concrètement au pouvoir, Trump va renoncer au contenu de ses déclarations électorales. Il est erroné de généraliser cette supposi­tion qui néglige la dimension per­sonnelle du président, surtout quand il s’agit d’une personnalité comme Trump, dominé par ses émotions et ses tentations. En réalité, le pouvoir est le résultat de l’interaction entre deux choses : d’un côté les intérêts et les rôles des institutions ainsi que des traditions bien ancrées du pou­voir, et de l’autre côté, la personna­lité du président. Ceci est perçu dans les différences remarquables que l’on peut noter dans la manière de diriger d’un président par rapport à un autre, et ce, en dépit de leur appartenance à un même parti. Il ne faut donc pas négliger le facteur personnel qui reste très influent.

Les Arabes sont divisés. Entre ceux qui sont heureux de la victoire de Trump, car ils aspirent à des rôles qu’ils peuvent potentiellement jouer. Et ceux qui sont malheureux parce qu’ils s’attendent que Trump adop­tent a contrario des politiques loin de leurs aspirations. Dans ce contexte, les intérêts arabes ont complètement disparu, ainsi que les priorités de la sécurité arabe, en particulier les dan­gers du rapprochement exagéré entre le président Trump et l’ex­trême droite à l’intérieur de l’entité sioniste. A la lumière de toutes ces données, il n’est encore tard d’effec­tuer une action préventive au sein d’ateliers d’études spécialisés regroupant toutes les compétences arabes. L’objectif étant de faire des estimations des moyens qui pour­raient nous aider à obtenir le maxi­mum de gains et subir le minimum de dommages.

Pour atteindre cet objectif, il faut prendre en considération certaines priorités. En premier lieu, il faut mettre de côté, même partiellement, l’état d’entrechoc politique arabe actuel. Puis, accorder la priorité aux intérêts et objectifs arabes.

En pensant au meilleur moyen de traiter avec le nouveau président, il faut accorder un intérêt particulier à 4 axes d’études. Le premier consiste à étudier toutes les déclarations faites par Trump durant sa cam­pagne électorale et après sa victoire, ainsi que ses contacts avec les per­sonnalités de poids autant à l’inté­rieur qu’à l’extérieur des Etats-Unis. Quant au deuxième axe, il serait concerné par l’étude des dimensions des personnalités du président et du vice-président, et ce, à travers une équipe d’experts en psychologie politique, afin de pouvoir former une conception des politiques que le nouveau président pourrait adopter. Troisièmement, il s’agit d’effectuer une étude approfondie de l’équipe du travail qui assistera Trump durant son mandat présidentiel, partant de la Maison Blanche ; les conseillers, le président du Conseil de la sécurité nationale, les ministres ... Et enfin, le quatrième axe consiste à connaître les centres spécialisés de recherches, les lobbies proches du président et l’équipe présidentielle afin de com­prendre les pensées qui formeront à l’avenir la base des priorités et des politiques du nouveau président. Il est important pour les Arabes de regrouper toutes leurs sources de force, en particulier celles capables de fonder une position forte de négo­ciation avec la nouvelle Administration américaine partant d’une position de force et non de faiblesse. Une force basée sur une conscience approfondie des intérêts arabes-américains communs, tout en prenant en considération les sources arabes de force non seulement à l’intérieur des Etats arabes, mais aussi à l’intérieur des Etats-Unis à travers des parties américaines et internationales de poids qui sont encore en contact avec le monde arabe.

L’action arabe n’est pas la respon­sabilité d’un Etat arabe en particu­lier, ou un centre d’études ou une organisation arabe déterminés. C’est une responsabilité arabe commune de tous les Etats et les gouverne­ments. Et aussi de la Ligue arabe qui doit prendre l’initiative d’activer son rôle faible en supervisant cette mis­sion, en coopération avec les gou­vernements arabes et les centres arabes de recherches spécialisés.

A ce propos, il faut remercier les initiatives des Emirats arabes unis qui ont été parmi les premiers à faire ce genre de lecture concernant la nouvelle administration américaine, à travers plusieurs rencontres et col­loques. Ce genre d’action est requis et doit s’élargir pour englober le monde arabe en entier et non pas les Etats du Conseil de coopération du Golfe seu­lement, afin de mettre fin à la confu­sion arabe actuelle .




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