Semaine du 2 au 8 novembre 2016 - Numéro 1149
Yémen  : Impasse diplomatique
  Les efforts menés par l'émissaire de l'Onu au Yémen restent infructueux. Son nouveau plan de paix a été rejeté.
Yémen : Impasse diplomatique
(Photo : Reuters)
Inès Eissa avec agences02-11-2016

La feuille de route présentée par l’émissaire de l’Onu pour le Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, n’a vraisemblablement pas fait le bonheur des belligérants. Pour le président yéménite, Abd-Rabbo Mansour Hadi, le plan de paix proposé suggère une transmission de ses pouvoirs sans garantie réelle. Alors que pour les rebelles, les idées de Ould Cheikh demeurent en faveur du gouvernement.

La position de Hadi est cependant la plus ferme. Il a rejeté samedi en bloc le plan de paix proposé par l’Onu pour mettre fin à la guerre. Le président a reçu le médiateur de l’Onu à Riyad mais « a refusé de recevoir la proposition de l’Onu », a indiqué une source présidentielle, déclarant qu’elle « ne fait qu’ouvrir la porte à davantage de souffrance et de guerre et qu'elle n’est pas un plan de paix ». « C’est une feuille de route injuste car elle constitue une dérogation explicite à la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l’Onu », a expliqué dimanche M. Hadi, cité par l’agence de presse officielle Saba. Le plan « récompense les putschistes et punit le peuple yéménite et la légitimité », a jugé M. Hadi.

Le camp Hadi s’en tient à cette résolution, qui prévoit le retrait des rebelles des territoires conquis depuis 2014, dont la capitale Sanaa, et la restitution des armes lourdes et moyennes. En revanche, les Houthis exigent un arrêt des raids aériens que mène la coalition depuis son intervention au Yémen en mars 2015 et la formation d’un gouvernement d’union nationale en vue d’un règlement politique.

Bien que les rebelles aient estimé dimanche que le nouveau plan de paix offrait un cadre de discussion, ils ont aussi dit qu’il comportait « des déséquilibres de fond », citant notamment l’absence de référence à « un arrêt total de la guerre » et à « une levée du blocus » imposé aux territoires sous le contrôle des rebelles, selon un communiqué. Quelle que soit la feuille de route, « c’est une base pour de futures discussions qu’il va entamer (...) dans les prochains jours à Sanaa », a déclaré la délégation des négociateurs rebelles.

Les détails de ce plan de paix n’ont pas été rendus publics mais des sources proches du dossier ont indiqué qu’il prévoyait de nommer un nouveau vice-président après un retrait des rebelles de la capitale Sanaa et d’autres villes et la remise des armes lourdes à une tierce partie. Le président Hadi transmettrait alors le pouvoir au vice-président qui nommerait un nouveau premier ministre, chargé de former un gouvernement représentant équitablement le nord et le sud du Yémen.

Selon un diplomate qui a requis l’anonymat, « le rapport de force au sol n’est pas encore favorable à convaincre les parties engagées dans le conflit à arrêter la guerre ». Selon lui, « du côté de la coalition arabe, l’intervention militaire menée depuis un an n’a pas atteint ces objectifs. Du côté de l’opposition, signer un accord en l’état actuel des choses ne leur apporterait rien de plus ».



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