Semaine du 26 octobre au 1er novembre 2016 - Numéro 1148
Adel Al-Ghadban : Il n’y a pas de crise de logements à Port-Saïd
  Le général Adel Al-Ghadban, gouverneur de Port-Saïd, affirme que 85 % des demandeurs de logements sociaux en obtiendront.
Le général Adel Al-Ghadban, gouverneur de Port-Saïd
Le général Adel Al-Ghadban, gouverneur de Port-Saïd
Ola Hamdi26-10-2016

Al-Ahram Hebdo : Bien que les travaux de la première tranche de logements sociaux viennent d’être achevés, les Port-Saïdis ne sont pas contents. Comment l’expli­quez-vous ?

Adel Al-Ghadban : Quand j’ai pris mes fonc­tions à la tête du gouvernorat en décembre 2015, j’ai constaté qu’il y avait un vrai pro­blème de logement, alors j’ai relancé, en coordi­nation avec le ministère du Logement et la Banque de financement immobilier, un projet de logement social. Ce projet avait été initié en 2011, puis suspendu sous les Frères musulmans. Finalement, avec le président Abdel-Fattah Al-Sissi, qui a décidé de lancer de grands pro­jets de logements sociaux, la première phase a été achevée en 18 mois seulement, avec des spécificités différentes et des surfaces plus vastes. Par exemple, les logements initialement prévus avec une surface de 75 mètres carrés sont passés à 90 mètres carrés. Or, les citoyens ne veulent pas changer les conditions établies en 2011. A cette date, il était question de payer 10 000 L.E. au moment de l’obtention du loge­ment, le reste de la somme requise devant être échelonné sur 20 ans. Les Port-Saïdis pensent que ce projet ne concerne que leur gouvernorat, alors que c’est un projet appliqué sur l’ensemble du territoire national. C’est pour cela qu’ils se sont révoltés contre la banque, et ont demandé à revenir aux conditions de 2011. Face à leur mécontentement, nous avons conclu un accord avec le ministère du Logement, pour que la somme initiale à avancer reste de 10 000 L.E. (à la place des 47 000 réclamées), le restant étant échelonné sur plusieurs années.

Au lieu de nous réjouir de ce merveilleux projet qui a été lancé dans de beaux quartiers de la ville, nous nous sommes retrouvés face à des manifestations.

— Comment comptez-vous déterminer le prix unitaire de chaque appartement et les modalités de versements en prenant en compte les réticences des habitants de traiter directement avec une banque ?

— Le gouvernorat n’a aucune autorité dans les procédures de versement ou la détermination du prix de chaque logement. Je suis sûr que le contrat de 2011 lui non plus ne détaille pas ce point. Ceci dépend du ministère du Logement qui, en coopération avec la banque, va détermi­ner les conditions et le montant total de chaque appartement, sachant qu’ils ne doivent pas dépasser 141 000 L.E., et que l’Etat pourra payer 25 000 L.E. pour soutenir les citoyens en fonction de leurs salaires.

— Qu’en est-il de ceux qui n’ont pas pu obtenir de logement dans ce projet ? Que peut faire le gouvernorat ?

— Port-Saïd est connue comme un « pays d’occasions manquées ». Nous travaillons depuis 9 mois sur le nombre de bénéficiaires du projet, dans les trois phases. Plus de 26 000 demandes ont été présentées, et ceux qui ont le droit d’obtenir un logement, selon les condi­tions du ministère, sont quelque 22 000, soit 85 %. Les 15 % restants ne remplissent pas les conditions, soit à cause de l’âge soit parce qu’ils ont déjà un autre appartement dans le gouverno­rat.

— Peut-on dire que le problème de loge­ment est le plus grand défi du gouvernorat, et qu’il est en train d’être résolu ?

— Nous n’avons pas de grave problème de logement, si on compare le nombre de résidents de Port-Saïd (860 000 personnes), avec le nombre d’appartements qui est de plus de 256 000. Si on divise les 860 000 par 4 (nombre moyen des membres d’une famille), ça nous donne 215 000. Donc, nous n’avons pas de crise de logement, mais une crise dans le comporte­ment des citoyens, et dans la façon de distribuer ces logements. Les vrais défis sont de dévelop­per la zone franche, et de stimuler le tourisme et l’industrie, ainsi que de maintenir la propreté de la province.

— Comment expliquez-vous que la grogne vienne des Port-Saïdis spécifiquement ?

— Justement, ce projet est appliqué dans les 27 gouvernorats que compte le pays, pourquoi y a-t-il des critiques uniquement à Port-Saïd ? C’est un grand point d’interrogation et cela confirme qu’il existe une manipulation des poli­tiques pour avoir des unités subventionnées qui pourront être revendues ensuite avec plus de bénéfices.

— Pensez-vous que certains éléments aient profité de cet événement pour causer quelques troubles dans le gouvernorat à l’ap­proche du 11/11 ?

— Bien sûr que certains éléments ont profité de la situation. Des blocages de ferries et la coupure de routes principales ont tout de même eu lieu. Tout cela ressemble au style des Frères musulmans, et signifie qu’ils ont l’intention de faire quelque chose le 11/11. Pire encore, quelques manifestants ont commencé à scander des slogans des Frères musulmans, quand les forces de l’ordre ont commencé à contrôler de façon professionnelle la manifestation, sans toucher personne. En plus de cela, la sécurité a arrêté 10 personnes, qui n’ont rien à voir avec le projet de logement, et qui venaient clairement pour créer des problèmes.




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