Semaine du 25 au 31 mai 2016 - Numéro 1128
Les tombes de Deir Al-Medina accessibles au public
  Après leur restauration, quatre nouvelles tombes à Louqsor, datant du Nouvel Empire, ont pour la première fois ouvert leurs portes cette semaine.
Les tombes de Deir Al-Medina accessibles au public
Exemple des tombes de Deir Al-Medina. (Photo : Ministère des Antiquités)
Nasma Réda25-05-2016

Le ministre égyptien des Antiquités, Khaled Al-Anani, a inauguré la semaine dernière quatre nouvelles tombes, dont trois à Deir Al-Medina sur la rive ouest de Louqsor et une quatrième à Cheikh Al-Gorna, toujours dans la même ville. Il s’agit des tombeaux d’ouvriers et d’artisans qui ont collaboré aux travaux de construction des tombes funéraires des pharaons dans les Vallées des rois et des reines. Toutes remontent au Nouvel Empire, plus précisément à l’époque de la reine Hatchepsout de la XVIIIe dynastie et à celle de Ramsès II de la XIXe dynastie. « La restauration des trois tombes de Deir Al-Medina a été effectuée en collaboration avec l’Institut français des études orientales (IFAO) et avec l’Agence américaine pour le développement international (USAID) pour la tombe de Djehuty de Cheikh Al-Gorna », a déclaré le ministre, soulignant que l’ouverture de ces tombes au grand public s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le ministère des Antiquités, afin d’ouvrir de nouveaux sites archéologiques pour encourager les touristes à les visiter. « Le ministère déploie de grands efforts afin de sauver son patrimoine et le protéger », affirmet- il.

Dans la nécropole de Cheikh Al-Gorna, sur la rive ouest du Nil, se trouve la tombe TT110 de Djehuty qui, jadis, fut le gardien du trésor et surveillant des travaux publics sous le règne de Hatchepsout (1479-1457 av. J.-C.). Djehuty semble avoir participé à la construction et à la décoration de la plupart des constructions monumentales de Hatchepsout à Thèbes, ainsi qu’à l’enregistrement des produits exportés du pays de Bount (l’actuelle Somalie), comme l’indiquent les murs de la tombe. « Sa tombe est en forme de T, avec un corridor qui mène à la chambre funéraire », explique Mahmoud Afifi, chef du secteur des antiquités anciennes.

Les tombes de Deir Al-Medina accessibles au public
La tombe de Djehuty. (Photo : Ministère des Antiquités)

Lorsque cette tombe a été découverte en 2015, elle était dans un état déplorable. Sa restauration était loin d’être facile. « La première étape de cette restauration, qui a commencé en 2012, s’est occupée du renforcement des murs et du plafond. Ensuite, c’était au tour de la restauration architecturale, un travail minutieux et très délicat », explique Waad Abdel-Aal, chef du département des projets au ministère des Antiquités, ajoutant qu’un nouveau système d’éclairage et de sécurité a été instauré.

La situation est différente pour les tombes de Deir Al-Medina. Ces tombes appartenaient à une seule famille. Elles partagent les mêmes entrées, couloirs et antichambres, datant du règne de Ramsès II (de 1279-1213 av. J.-C.). Elles ont été découvertes en 1928 par l’égyptologue français Bernard Bruyère. Elles comprennent la tombe d’Amennakh, le père, et celles de ses deux fils, Nebenmaat et Khaemter. Trois chambres funéraires les séparent. « Les décorations des scènes sur les murs de la chambre du père sont multicolores, contrairement aux scènes décorant les deux autres chambres qui ont une seule couleur », explique Afifi. Selon lui, les murs de la tombe d’Amennakh sont très bien décorés avec principalement des scènes d’adoration, d’offrandes et de rites funéraires. Osiris, Hathor et Anubis y apparaissent. La tombe de Nebenmaât offre aussi de magnifiques scènes d’Anubis penché sur une momie, une autre scène avec la déesse Isis, et le défunt en tenue d’Osiris assis. « Ces tombes prouvent l’importance des artisans et des ouvriers au Nouvel Empire », souligne le chef des antiquités anciennes. La restauration des tombes de Deir Al-Medina, selon Abdel-Aal, a nécessité le nettoyage de l’entrée, de quelques peintures ainsi que quelques petits travaux, afin de faciliter la visite. « Désormais, tout est prêt pour accueillir les touristes », conclut-il.




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