Semaine du 18 au 24 mai 2016 - Numéro 1127
Héliopolis se livre à nouveau
  La découverte de vestiges de la XXXe dynastie et d’autres de la XIIe à Héliopolis, au nord-est du Caire, souligne une fois de plus la richesse archéologique de la région.
Héliopolis se livre à nouveau
Nasma Réda18-05-2016

La mission archéologique égypto-allemande, opérant sur le site de Matariya à Héliopolis au nord-est du Caire et dirigée par Dietrich Raue, a mis au jour des vestiges du temple du pharaon Nectanébo Ier (380-362 av. J.-C.), datant de la XXXe dynastie (404-343 av. J.-C.), soit de la fin de l’époque tardive. Il s’agit de plusieurs blocs sur lesquels sont gravés des scènes funéraires, des colonnes en grès et en calcaire, ainsi que du reste des murs en basalte qui font preuve de la présence d’un temple portant le nom du dernier pharaon égyptien. « Cette découverte vient montrer la présence de projets royaux dans la région à proximité du temple de Oun (voir encadré) », souligne Mahmoud Afifi, directeur du département de l’Egypte Ancienne au ministère des Antiquités, ajoutant que les inscriptions découvertes montrent que la ville était en ce temps le siège de la divinité Hathor, déesse de la musique, de l’amour et de la danse. « On a pu découvrir le reste des murs en basalte portant le nom royal du pharaon et quelques scènes rituelles et funéraires, et aussi la porte Est de ce temple », affirme Ayman Achmaoui, directeur égyptien de la mission, rappelant l’importante grande découverte de la saison dernière de fouilles, concernant la partie intérieure de la chapelle royale du souverain Nectanébo Ier.

La mission allemande a de même découvert à Héliopolis plusieurs statues en bronze de la déesse Bastet, déesse protectrice du roi et divinité de la joie et de la chaleur du soleil. « Lors de cette saison de fouille sur le site, au sud-est du temple d’Héliopolis, la mission a pu aussi mettre au jour des ateliers industriels remontant toujours à la même époque et qui avaient été utilisés plus tard par les Ptolémées », affirme-t-il.

En plus des vestiges remontant à l’époque tardive, d’autres ont été trouvés datant de la période des Ramessides du Nouvel Empire, soit de la XIXe et de la XXe dynasties. Selon Raue, le fait de trouver d’énormes blocs remontant à l’époque des Ramessides indique la présence d’un temple appartenant à Ramsès II dans cette région et qui n’a pas été encore découvert. Bien que le site antique soit entouré de la vie moderne du Caire, Raue prévoit une importante découverte au cours des prochaines saisons.

Une ancienne capitale religieuse

Héliopolis, dont le nom grec était Oun, signifie « la maison du soleil », et est située à 10 km au nord-est du Caire. La cité renferme les quartiers de Matariya, où se trouve le site archéologique de la mission égypto-allemande, et la région de Aïn-Chams (l’oeil du soleil). La vieille ville, qui remonte à l’époque des pharaons vers la Ve dynastie, a presque disparu sous la ville moderne de la capitale. La Cité du soleil était au cours de l’Ancien Empire la capitale religieuse du pays, et était le centre du culte du dieu Rê, dieu égyptien du soleil. Il était considéré comme dieu de l’univers et de la justice. Il faisait avec Horus, autre divinité solaire, un couple représenté sur les parois des temples sous forme d’un homme à tête de faucon surmonté d’un disque solaire. Le temple dédié à Rê porte aussi le nom du « temple d’Oun ». Un grand temple fondé lors de l’Ancien Empire et qui a été réutilisé au cours des siècles. Aujourd’hui, il n’en reste que des traces avec l’obélisque de Sésostris Ier de la XIIe dynastie du Moyen Empire, qui marque sans doute l’entrée du temple.




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