Semaine du 10 au 16 février 2016 - Numéro 1113
Sur les traces d’Al Al-Beit
  Après leur restauration, plusieurs monuments islamiques de la rue Al-Khalifa au Caire fatimide ont été inaugurés cette semaine par le ministère des Antiquités.
Sur les traces d’Al Al-Beit
4 coupoles : 3 sont représentatives de l'époque fatimide et une ayyoubide.
Doaa Elhami10-02-2016

Avant, on l’appelait rue des Machahed (mausolées), puis elle a reçu le nom de Al-Achraf (le noble, en réfé­rence au souverain Al-Achraf Qalawoun) avant de devenir rue Al-Khalifa (le calife). La rue est connue pour ses monu­ments islamiques : dômes, mausolées et mosquées. 4 monuments y ont été inau­gurés la semaine dernière par le ministre des Antiquités, Mamdouh Al-Damati. Deux monuments se rapportent à Al Al-Beit (la famille du prophète Mohamad), l’un a trait à un compagnon du prophète et le quatrième se rapporte à l’une des plus célèbres reines d’Egypte. Les quatre monuments ont été récem­ment restaurés par l’ONG Mogawra qui travaille dans la restauration du patri­moine, dans le cadre d’un projet intitulé Al-Assar Lina (le monument est à nous) lancé en coopération avec le ministère des Antiquités. Selon Khaled Al-Samman, de l’ONG Mogawra, il s’agit des dômes de Sayéda Roqaya, petite-fille du pro­phète Mohamad, de sa tante paternelle Ateka et de Ali Al-Gaafari, l’un des com­pagnons du prophète, ainsi que la cou­pole de Chagar Al-Dorr (1250), dernière sultane ayyoubide, qui a gouverné l’Egypte pendant seulement 80 jours. « Les travaux de restauration ont com­mencé en octobre 2013 et ont pris fin en décembre 2015. Un bâtiment datant du début du XXe siècle, d’une importante valeur architecturale, a également été restauré. Il est aujourd’hui utilisé par une ONG qui travaille au service des habitants du quartier », explique May Al-Ebrachi de l’ONG Mogawra. Pour marquer la fin des travaux, des tournées touristiques sont organisées pour faire découvrir aux visiteurs l’histoire de ces monuments. Les trois dômes de Sayéda Roqaya, Sayéda Ateka et Al-Gaafari ont été bâtis par un haut fonctionnaire de l’époque fatimide. « Historiquement, personne n’est enterré dans ces dômes, mais les habitants du quartier refusent de le croire », souligne Al-Samman, qui affirme qu’au fil des années, l’idée que ces personnes sont enterrées dans ces dômes s’est ancrée dans les esprits.

Chacun de ces mausolées garde une particularité historique et architecturale. Le mausolée de Sayéda Roqaya par exemple comprend le plus grand mihrab en plâtre d’Egypte. De l’intérieur, il est orné de lobes colorés. Quant à ceux d’Al-Gaafari et de Sayéda Ateka, ils représen­tent le seul exemple d’une double cou­pole de l’époque fatimide. La double coupole est richement décorée de plâtre de différentes couleurs, d’où leur impor­tance architecturale.

Dimension spirituelle

Sur les traces d’Al Al-Beit
Le mausolée de Sayéda Roqaya, descendante du prophète.

Mais ce qui rend ces sites encore plus intéressants pour les visiteurs, outre leur aspect architectural et historique, c’est leur dimension spirituelle. Ces trois dômes attirent une foule de personnes à la recherche de « bénédiction ». Les visites sont fréquentes pendant les fêtes religieuses. Il y a notamment des étu­diants étrangers, pakistanais ou indoné­siens, et des étudiants de l’Université d’Al-Azhar qui s’y rendent. D’après Khaled Al-Samman, ces trois dômes font partie du circuit d’Al Al-Beit. En effet, ces trois coupoles ne sont pas les seules traces des descendants de la famille du prophète. Il y a aussi dans la rue Al-Khalifa, la place de Sayéda Nafissa, descendante du prophète Mohamad, où se dresse majestueusement sa mosquée. Au milieu de la rue se dresse aussi la mosquée d’une autre descendante du prophète, Sayéda Sakina. « Cette mos­quée attire les visiteurs des quatre coins de l’Egypte », reprend Al-Samman.

La coupole de la reine Chagar Al-Dorr est une étape importante des visites tou­ristiques organisées par l’ONG. Unique femme ayant régné pendant la période islamique, elle a bâti sa propre coupole afin d’y être enterrée près d’Al Al-Beit. Mais elle n’y a jamais été enterrée. « Son mihrab en mosaïque est orné du prénom de la reine qui, en arabe, veut dire arbres de perles », explique Khaled Al-Samman, soulignant la finesse de la décoration de cette coupole. Selon lui, les restaurations et le nettoyage ont fait ressortir les orne­ments botaniques et géométriques verts qui décorent la coupole de l’intérieur. Les murs de cette coupole sont ornés de plusieurs planches en bois. Sur les uns sont inscrits des versets coraniques alors que sur d’autres on trouve des décora­tions qui remontent à l’âge fatimide. Al-Samman explique que la coupole de Chagar Al-Dorr est l’unique bâtiment qui existe encore en bon état. Les motifs colorés et les ornements vitrés ont aug­menté la valeur architecturale de la cou­pole. La rue Al-Khalifa comprend aussi les dômes de 12 célèbres personnalités de la civilisation islamique qui méritent d’être visitées.




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