Semaine du 6 au 12 janvier 2016 - Numéro 1108
Obama : Des discours sans action
Ragab Al-Banna06-01-2016
 
 

Au début de son mandat, le président américain, Barack Obama, avait annoncé une nouvelle stratégie américaine pour la résolution des conflits au Moyen-Orient. Il avait insisté que la priorité serait accordée à la résolution du conflit arabo-israélien selon le principe des deux Etats, laissant ainsi les Arabes dans l’espoir de voir la politique américaine, connue pour ses tergiversations vis-à-vis des Palestiniens et son soutien inconditionnel à Israël, se ranger enfin du côté de la justice et de la liberté.

Lorsque Obama a visité Le Caire, le monde arabe a connu une vague d’optimisme sans précédent.

Le mufti de la République à cette époque, Ali Gomaa, avait même rédigé un article dans le quotidien Al-Ahram sous le titre « Bienvenue Obama » où il avait dit s’attendre à des démarches concrètes dans le respect de la légitimité internationale et des résolutions des Nations-Unions relativement à la Palestine, des démarches susceptibles de mettre un terme aux agressions exercées contre le peuple palestinien privé de ses droits fondamentaux comme le travail, le déplacement et l’enseignement.

Les droits que les Etats-Unis prétendent défendre.

Dans son article, le mufti a souligné que les Egyptiens, les Arabes et les musulmans avaient le sentiment que Washington est la principale partie défendant Israël, lui accordant tous les éléments de force et soutenant son oppression, tout en prétendant être partenaire stratégique des Arabes.

Malgré son discours, Obama a déçu tout le monde et n’a rien fait pour résoudre la cause palestinienne.

Bien au contraire, il n’a fait que renforcer le soutien et la protection apportés à l’occupation israélienne, prouvant ainsi qu’il n’est en rien différent de ses prédécesseurs.

C’est d’ailleurs ce qu’a déclaré l’ancien président américain, Jimmy Carter, dans son livre intitulé « Oui, nous pouvons réaliser la paix dans les territoires saints ». Carter semblait vouloir faire un aveu alors qu’il mène un combat ultime contre le cancer : « Les présidents des Etats-Unis n’ont pas réussi à aider à l’instauration de la paix. Au contraire, ils ont dressé les difficultés et les obstacles face à toutes les parties qui ont tenté de réaliser cet objectif ».

Ce sont les Etats-Unis qui ont oeuvré pour avorter les tentatives européennes, ainsi que les tentatives des Nations-Unies pour résoudre ce problème compliqué, bien que tous les pays arabes aient présenté des initiatives pour entretenir des relations normales, diplomatiques et commerciales avec Israël au cas où ce dernier viendrait à respecter les résolutions des Nations-Unies. Mais le président américain a complètement ignoré l’initiative.

Carter a déclaré : « Obama, comme ses prédécesseurs, s’est contenté de dispenser des discours optimistes sans entreprendre des mesures concrètes pour prouver son intention sérieuse de résoudre le conflit arabo-israélien. (...) Israël ne veut pas la paix avec les Arabes, cependant, aucun dirigeant européen ou américain ne veut le reconnaître ».

Carter affirme avoir reçu des menaces après la parution de son livre « Palestine : la paix pas l’apartheid ». Il dit être parfaitement conscient qu’aucun politicien américain n’a le courage de critiquer les politiques du gouvernement israélien et que ni la presse ni les médias n’ont l’audace de publier objectivement ce qui se passe dans les territoires occupés.

Il est fort étonnant que les Arabes continuent à attendre qu’Obama fasse valoir les valeurs américaines de liberté, de justice et d’égalité en ce qui concerne le dossier palestinien, même s’il continue à faire miroiter les illusions.

Obama, plus que ses prédécesseurs, soutient Israël dans ses agressions et ses expansions, dans la construction des colonies sur les territoires occupés. Bien plus, il ne bouge pas d’un cran pour mettre un terme aux agressions contre la mosquée d’Al-Aqsa bien qu’il soit parfaitement conscient de son importance dans la conscience musulmane collective.

Dans ce contexte, il s’avère indispensable que les Arabes prennent conscience de leur propre force au lieu de compter sur des acteurs internationaux qui se contentent de parler .




Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire