Semaine du 6 au 12 janvier 2016 - Numéro 1108
Les espoirs des médias reportés à 2016
Amina Chafiq06-01-2016
 
 

Fin 2014, le Conseil suprême de la presse, en coopération avec le syndicat des Journalistes et celui des Professionnels des médias (sous fondation), a formé le Comité des 50. Ce comité regroupe des directeurs de chaînes privées, des professeurs de journalisme de l’Université de Caire, des juristes qui travaillent sur les médias, des syndicalistes, ainsi que le président de l’Union égyptienne de la Radiotélévision.

La mission de ce comité était de transformer en lois les textes constitutionnels sur les médias et la presse (les articles 211, 212 et 213). Et ce dans l’objectif de mettre de l’ordre dans l’espace médiatique.

Il s’agissait d’aider le législateur égyptien dans l’élaboration des lois qui concernent les médias égyptiens en tenant compte de la volonté des professionnels du métier. L’objectif ultime était de parvenir à une formule d’autorégulation, en définissant les responsabilités des journalistes vis-à-vis de la société et du public, ainsi que leur droits auprès de leurs propres institutions et auprès de l’Etat.

Les articles de la Constitution prévoient la création de trois organismes-clés. A savoir : le Conseil suprême pour la régularisation des médias, concerné par les institutions publiques et privées, écrites ou audiovisuelles, l’Organisme national de la presse écrite, qui concerne les journaux publics, et le Comité national des médias relatif à la Radiotélévision officielle.

Le Comité des 50 a assumé ses charges pendant toute une année à travers trois groupes de travail, chacun travaillant sur la création de l’un des organismes susmentionnés à travers des dizaines de rencontres avec des professionnels dans les fondations publiques et privées depuis les membres des conseils de rédaction et des assemblées générales et jusqu’aux responsables de l’administration. L’objectif de ces rencontres était de sonder l’avis des professionnels et de profiter de leurs expériences afin que les futures lois soient en conformité avec leurs aspirations.

Après un an de dur travail, le Comité des 50 a présenté son projet de loi à Ibrahim Mahlab, alors premier ministre, qui devait à son tour le soumettre au président de la République pour ratification préalablement aux délibérations parlementaires.

Mais un remaniement ministériel a eu lieu, et du coup, le projet de loi du Comité des 50 s’est perdu dans les tiroirs, et le dialogue s’est interrompu entre les membres du comité et les représentants du gouvernement.

A la fin de 2015, il est clair que la promulgation de cette loi susceptible de régulariser le travail des médias, et tant attendue par les journalistes prendra beaucoup de retard. Les médias continueront donc à travailler dans le désordre et en l’absence de règles bien définies, et ce au moment où notre pays a le plus besoin de médias pour soutenir sa transition démocratique.

Ce retard de la promulgation de la loi sera accompagné d’un autre retard de la naissance du syndicat des Journalistes de l’audiovisuel, qui devrait travailler de concert avec le syndicat des Journalistes de la presse écrite qui fêtera bientôt ses 80 ans.

Alors qu’ils souhaitaient voir se concrétiser en 2015 leur nouvelle loi et leur nouveau syndicat, les journalistes égyptiens réussiront-ils à les mettre au jour en 2016 ? Espérons-le.

*Ecrivaine, syndicaliste et membre du 1er Haut Conseil de la femme en 2000.


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