Semaine du 6 au 12 janvier 2016 - Numéro 1108
L’Etat islamique délogé de Ramadi
Ines Eissa06-01-2016
 
  L'Etat Islamique (EI) continue de perdre du terrain en Iraq, de quoi ouvrir la voie à la stabilisation de ce pays dont des pans de territoires restent contrôlés par l’organisation terroriste.

Des unités antiterroristes de Bagdad ont hissé lundi 28 décembre le drapeau national sur le complexe administratif de la ville de Ramadi, reprise la veille par l’armée.

C’est la plus importante victoire de l’armée régulière iraqienne face aux djihadistes du groupe Etat islamique. Des responsables de la sécurité ont confirmé que l’objectif a été atteint, les forces régulières contrôlaient toutes les rues de Ramadi, et les combattants du groupe Etat islamique n’y opposent plus de résistance. « La sécurité de la ville sera confiée à la police locale et à une milice tribale sunnite lorsque tout sera rentré dans l’ordre », a indiqué le premier ministre, Haïdar Al-Abadi.

Eid Ammash, membre du conseil provincial, a estimé que « c’est une grande avancée pour les forces iraqiennes. Reprendre le complexe du gouvernement est un grand symbole pour la population ».

Le groupe Etat islamique est en déroute après la perte de ce complexe de bâtiments. Cela dit, il y a toujours des batailles dans certains quartiers, notamment à l’est de la ville. Par ailleurs, l’armée continue ainsi à consolider ses positions après avoir repris dimanche cette grande ville à l’ouest de Bagdad, chef-lieu de la vaste province sunnite d’Al-Anbar, après des mois de combats contre le groupe Etat islamique. L’ensemble de la cité n’est toutefois pas encore « sécurisée » et des djihadistes sont restés dans certaines zones.

« Nous avons la liste des combattants locaux qui se battent aux côtés de l’EI. Ils seront poursuivis et seront tenus responsables de leurs actes. Quant à la reprise totale de Ramadi, cela prendra des jours, cela ne peut pas être rapide à cause des mines qui doivent être désamorcées », a déclaré le général Ismaïl Mahalawi, chef des opérations à Al-Anbar, dont Ramadi est le chef-lieu. Certains quartiers sont encore tenus par l’EI, d’autres sont tenus par des tribus locales sunnites en rébellion depuis début 2014 contre le gouvernement central dominé par les chiites.

En effet, le sentiment des sunnites d’être marginalisés et persécutés depuis la chute de Saddam a toujours était la raison d’être du terrorisme en Iraq. La stabilisation de l’Iraq ne devrait donc pas uniquement se baser sur les efforts militaires, mais devrait être consolidée par des efforts politiques ayant pour objectif d’intégrer les sunnites dans le processus politique du pays.

« La reprise de Ramadi est un succès réel mais garder et gouverner la ville sera encore plus difficile pour l’Iraq », dit l’analyste politique Patrick Skinner, en ajoutant qu’« il faut voir si les conditions qui ont permis l’implantation de l’EI — le confessionnalisme violent, la mauvaise gouvernance et la corruption — ont suffisamment changé pour que les djihadistes ne puissent pas revenir », ajoute-t-il .



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