Semaine du 6 au 12 janvier 2016 - Numéro 1108
Visite « exceptionnelle » à Jérusalem
  La question du pèlerinage copte a été fortement soulevée récemment à l'occasion d'un déplacement surprise du pape dans la ville sainte.
Visite « exceptionnelle » à Jérusalem
Aliaa Korachi06-01-2016

« Ma présence ici ne doit en aucun cas être interprétée comme une visite mais un devoir. Et mon absence, tant au niveau fraternel que hiérarchique, aurait été un manquement au devoir ». C’est par ces mots que le pape de l’Eglise copte orthodoxe, Tawadros II, a justifié sa visite surprise à Jérusalem le 26 novembre dernier pour présider les funérailles d’Anba Abraham, l’archevêque de Jérusalem et du Proche-Orient. En fait, cette visite, une première pour un patriarche copte depuis 35 ans, a suscité un large débat au sein de la société et notamment parmi les coptes. Le pape Chénouda III, décédé en 2012, avait interdit aux coptes de se rendre à Jérusalem, après l’accord de paix signé par l’Egypte avec Israël en 1979 « tant que la Palestine ne serait pas libérée de l’occupation israélienne. Nous n’entrerons à Jérusalem que main dans la main avec les musulmans », avait-il dit.

Pour les opposants à la visite, celle-ci constitue un « feu vert » implicite aux coptes pour se rendre à Jérusalem, la ville sainte. Pourtant, selon le père Boulos Halim, porte-parole de l’Eglise orthodoxe, la visite du pape ne signifie pas que l’interdiction de se rendre à Jérusalem a été formellement levée. « La position de l’Eglise concernant la normalisation avec Israël reste inchangée », explique-t-il, qualifiant cette visite « d’exceptionnelle ». En fait, malgré l’interdiction, de plus en plus de pèlerins coptes et catholiques se rendent chaque année à Jérusalem, notamment à l’occasion de la fête de Pâques.

Pour le camp opposé, la visite du pape est plutôt positive en termes politiques, car elle exprime le soutien à la cause palestinienne plus qu’une normalisation avec Israël. Bien au contraire, ils réclament de multiplier ces visites pour combler l’absence arabe exploitée par Israël pour judaïser les lieux saints islamiques et chrétiens à Jérusalem. Au cours des dernières années, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a appelé le monde arabe à se rendre à Jérusalem pour la faire sortir de l’isolement imposé par les forces de l’occupation et rétablir l’identité de la ville sainte en voie de disparition.




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