Semaine du 9 au 15 septembre 2015 - Numéro 1092
La soif nous menace
Dr Wahid Abdel-Méguid09-09-2015
 
 

Le problème des eaux du Nil semble rester entier, car rien ne prédit de solution à ce propos. Lorsque le Nil se trouve en péril, l’Egypte se retrouve menacée de soif, et ce spectre surgira très prochainement. Etant donné la situation actuelle, l’eau, source de vie quotidienne pour l’Egypte, risque de connaître une pénurie alarmante.

Ainsi faudrait-il qu’une certaine transparence soit accompagnée des débats sur ce problème qui est loin d’être résolu. Le gouvernement est donc appelé à exprimer au public la vérité de la crise dont les symptômes se sont récemment aggravés. Le nombre de zones qui ont accès à l’eau potable ou qui témoignent de coupures d’eau répétées est en augmentation. Dans un tel contexte, il est nécessaire de savoir distinguer les incidents temporaires ou passagers de ce qui est structurel, et par conséquent, ce qui est susceptible de contribuer à la baisse du quota des personnes dans les eaux du Nil.

Les communiqués de l’Organisme central des statistiques laissent prévoir une chute imminente de ces quotas per capita, à tel point qu’il est difficile de les ignorer. Conformément au rapport annuel des statistiques de l’eau et du drainage sanitaire de l’année 2013/2014, la moyenne du quota per capita d’eau potable a atteint cette année environ 103 m2 contre 106 m2 l’année 2012/2013. La réduction est donc d’un taux approximatif de 11,1 %, ce qui est alarmant et nécessite l’adoption d’une stratégie qui placerait le dossier de l’eau en tête des priorités.

Le problème de l’eau est devenu une question de vie ou de mort, et il serait trompeur de la prendre à la légère comme ce fut le cas auparavant. A la lumière de ce recul, les calculs démontrent que la moyenne du quota par individu en eau potable consommée est passée de 89 m3 en 2012/2013 pour se chiffrer à 77 m3 en 2013/2014, c’est-à-dire un taux de 13,5 %.

Les rapports renvoient la crise de l’eau à l’état délabré des réseaux de distribution, à la fuite des canalisations ainsi qu’à leurs installations illégales. Mais il devient de plus en plus urgent de parler clairement de l’impact qu’engendre la situation actuelle sur le quota de l’Egypte dans les eaux du Nil, surtout à la lumière de l’explosion démographique que connaît le pays. Le dossier doit subir un examen méticuleux et les responsables doivent se mettre sur le qui vive, afin de prédire les éventuelles conséquences au cas où le barrage éthiopien contribuerait à diminuer les quotas en eau de l’Egypte .


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