Semaine du 9 au 15 septembre 2015 - Numéro 1092
Nouveaux candidats
  Depuis le 1er septembre, les candidats déferlent pour déposer leurs dossiers. Reportage à Sayeda Zeinab au Caire.
Nouveaux candidats
Pour obtenir les meilleurs symboles, il faut déposer son dossier de candidature le plus tôt possible.
Ola Hamdi09-09-2015

Mercredi 2 septembre. Il est 9 heures, lorsque le tribunal de première instance du Sud du Caire, à Zeinhom dans le quartier de Sayeda Zeinab, ouvre ses portes pour accueillir les candidats aux élections législatives. Le tribunal reçoit les dossiers de candidature pour les quartiers du Vieux-Caire, Bassatine, Maadi et Hélouan. Il fait partie des 26 tribunaux qui reçoivent les dossiers de candidature au niveau de la République. Le dépôt des candidatures a commencé le 1er septembre et doit se poursuivre jusqu’à 12 septembre. Devant le bâtiment, la présence des forces de sécurité est très claire. Des policiers sont stationnés dans le hall du tribunal, et devant la salle des audiences numéro 6, où les candidats déposent leurs dossiers de candidature. Des véhicules de police circulent en permanence autour du tribunal. Devant la salle numéro 6, des barrières de fer ont été dressées et 4 soldats contrôlent les entrées et les sorties. Assis derrière une petite table, deux employés de la Cour, inscrivent sur un registre les données des candidats. L’affluence est faible comparée à la veille où 120 personnes avaient présenté leur candidature.

Des chiffres et des symboles

Il est 10h30. 4 candidats arrivent pour présenter leurs dossiers, 3 hommes et une femme. Cette dernière est l’avocate du président de l’Organisation égyptienne des droits de l’homme, Hafez Abou-Seada, candidat du parti d’Al-Mohafizine, dans la circonscription de Maadi. « Cette fois-ci les choses sont mieux organisées que la dernière fois. Avant il fallait attendre 3 à 4 jours pour recevoir un numéro et le symbole électoral, mais aujourd’hui je les ai pris facilement », souligne Amal Ibrahim qui a choisi le symbole du faucon et le numéro 9 pour son client.

Chaque candidat doit avoir, en vertu de la loi, un chiffre et un symbole électoral : plume, pistolet, sceau, marteau, fusil, brosse à dent, vaisseau spatial, chat, faucon, etc. Ces symboles qui apparaissent sur les affiches électorales à l’approche des élections sont censés aider les électeurs, en partie illettrés, à identifier les candidats de leurs choix sur les bulletins de vote. Et la commission électorale a pour tâche ardue d’assigner ces symboles aux partis politiques et aux candidats.

Les candidats accordent un grand intérêt aux symboles électoraux. Car un symbole électoral véhicule certaines valeurs ou a une certaine connotation. Il peut donc conférer un avantage au candidat. Mais il peut aussi donner une connotation négative. Par exemple le symbole de la fusée (saroukh en arabe), s’il est utilisé par une femme donne une connotation négative, car il signifie dans le dialecte égyptien « bombe sexuelle ». Même chose pour les numéros : Les électeurs reconnaissent plus facilement les numéros à un seul chiffre qu’à plusieurs. Les symboles et les chiffres sont attribués sur la base du « premier venu premier servi », d’où l’acharnement des candidats à obtenir les meilleurs symboles et chiffres. Raafat Hassouna, un avocat de 50 ans, qui se présente en tant qu’indépendant, est très énervé. Il n’a pas obtenu le chiffre qu’il voulait. « Je suis venu très tôt le premier jour et j’ai réussi à prendre le numéro 4. Ils m’ont demandé d’autres documents, et je suis venu aujourd’hui pour compléter mes papiers, mais j’ai été surpris : ils ont changé le numéro et m’ont donné le 19 », raconte Hassouna qui a décidé de porter plainte pour « récupérer son numéro ». « Le problème est que les électeurs ne vous reconnaissent pas si vous n’avez pas un numéro facile », dit-il. Il est très courant que les candidats se disputent les symboles et les chiffres.

Bonne organisation

Mais loin du problème des symboles et des numéros, le dépôt des candidatures semble effectivement mieux organisé et les journalistes de la presse écrite et de la télévision sont autorisés à faire librement leur travail. La plupart des candidats venus présenter leurs dossiers sont des indépendants et n’ont pas de véritables programmes électoraux. Mamdouh Mohamad Hafez, qui se présente dans la circonscription de Bassatine, est venu avec une tenue très élégante, on aurait cru une véritable star de cinéma. Selon lui, il faut faire une « révolution législative pour réaliser les rêves des Egyptiens ». « Je suis avec la loi du terrorisme et je pense même qu’elle est venue très tard. Mais ce qui m’intéresse c’est le problème du chômage, et le développement du système éducatif », explique Mamdouh. Ibrahim Moustapha, retraité, est venu lui en costume blanc et chaussures blanches avec le drapeau de l’Egypte à la main. Malade, il s’appuie sur sa fille. « Je me présente à Masr Al-Qadima. Mon programme est basé sur la sécurité. Il faut ramener l’agent de sécurité à ce qu’il était autrefois », affirme-t-il sans donner de précisions sur cette réforme.

Outre les candidats, le tribunal est envahi par des jeunes qui viennent proposer aux candidats de mener des campagnes sur les réseaux sociaux et Facebook en particulier. A 17h, le tribunal ferme ses portes. Aucun candidat islamiste ni même lié à un parti politique officiel ne s’est présenté.




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