Semaine du 2 au 8 septembre 2015 - Numéro 1091
Une méthode au succès prouvé
 
Une méthode au succès prouvé
Dr Olfat Allam est une pionnière en psychologie. C’est la première à avoir appliqué le programme « Narcotics Anonymous » en Egypte.
Dina Darwich02-09-2015

Narcotic Anonymous (NA) est une association créée par ceux qui ont guéri de leur dépendance à la drogue. L’objectif de cette association est d’aider ceux qui ont sombré dans le monde de la toxicomanie, mais ont cependant une vraie volonté de s’en sortir. L’idée qui bouleverse les méthodes classiques de traite­ment (mariage, religion, tra­vail, etc.). Le programme qui a vu le jour au Canada en 1989 est constitué de 12 étapes durant lesquelles les patients partagent leurs expériences. Ils sont appelés à respecter une série de principes et à suivre ensemble des projets afin de provoquer un change­ment radical dans leur vie. Il s’agit donc de remodeler la personnalité d’un homme ou d’une femme. Ce programme, on pourrait le comparer à un collier où chaque perle est étroitement liée à la précé­dente. Et pour garantir l’auto­nomie de la fondation — qui n’a pas de chef — les membres comptent sur l’auto-assistance pour survivre et surtout garder la confidentialité de chaque participant. La fin du programme est pour celui qui a eu une nou­velle naissance, raison pour laquelle ils ont l’habitude de célé­brer ce jour singulier. Le Halfway Home qui fait partie du pro­gramme, est un lieu d’héberge­ment où, ceux passés par cette addiction à la drogue, doivent séjourner quelque temps avant de sortir et mener un train de vie normale. Après le succès de cette expérience, ces personnes ont décidé de généraliser ce « proto­type » dans le monde afin de sensibiliser d’autres fellows.

L’Egypte a pris connaissance de cette méthode de traitement dix ans après sa naissance. « Pourtant, il a fallu encore attendre trois ans afin de l’ap­pliquer aux femmes toxico­manes. Une méthode qui a réalisé un grand succès, sur­tout face aux difficultés d’ac­cès des femmes aux cures de désintoxication. De même, comme la confidentialité de chacun est respectée, cela encourage beaucoup de filles à y participer. C’est ainsi qu’elles ont trouvé des groupes qui leur ressemblent, leur ten­dent la main et leur donnent de l’espoir », assure Dr Olfat Allam qui a été la première en Egypte et dans le monde arabe à appliquer ce programme. Un programme qui va de pair avec le nouveau concept de l’Orga­nisation mondiale de la santé psychique qui considère le toxi­comane comme un patient et non pas comme une personne dépra­vée. « Cette nouvelle approche a porté ses fruits », assure Dr Olfat qui a commencé ce programme avec 5 filles dont 3 ont terminé le programme et sont devenues la cheville ouvrière de cette associa­tion en Egypte. Il a fallu égale­ment adapter le programme afin qu’il convienne à la société égyp­tienne. « Partout dans le monde, la mixité est autorisée lors de ces réunions. Chose que l’on ne peut pas faire en Egypte. Certaines filles sont embarrassées de raconter leurs propres expé­riences craignant que les hommes ne les jugent mal. Aujourd’hui, ces associations louent des lieux pour ce genre de thérapie contre des sommes symboliques. Pour des raisons de confidentialité, le corps médical n’a pas le droit, même s’il participe au traitement d’un patient, de connaître son évolution lors de ce programme », dit Dr Olfat qui assure que ces groupes se rencontrent régulière­ment et élisent un animateur pour chaque réunion.


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