Semaine du 2 au 8 septembre 2015 - Numéro 1091
Mahfouz
Soheir Fahmy et Dina Heshmat02-09-2015
 
  Voici quelques-uns de ces Rêves de convalescence, parus à l’origine en 2004 et 2005 dans nos numéros 529 et 587.

Rêve 140

Cette femme était une femme aux charmes multiples ; dès que je l’eus vue, je tentai de la séduire. Soudain, son mari se jeta sur moi et ne me lâcha qu’au poste de police. Mais un homme de notre quartier, connu pour prêcher l’amour libre, s’interposa. Je réussis à fuir après avoir reçu une leçon de celles qu’on n’oublie pas et qui s’impose à moi à chaque fois que je ren­contre une femme. Un jour, je me retrouvai face à face avec la belle femme et je faillis m’enfuir. Mais elle s’approcha de moi en souriant et me prit le bras en me chuchotant que son mari s’était enfin converti à l’amour libre.

Rêve 143
J’entendis une voix inhabituelle, je passai rapidement par la cour de l’immeuble et vis un inconnu qui éveilla mes soupçons. J’appelai le portier et attirai son attention sur cet inconnu. Il me répondit calmement qu’il s’agissait d’un fonctionnaire qui remplissait son devoir offi­ciel : il recensait le surplus d’individus dans les habitations surpeuplées et les déplaçait vers des habitations plus spacieuses. Je protestai en signalant que s’il enlevait une personne à sa famille, il laisserait derrière lui une tristesse en déplaçant quelqu’un dans un endroit dont il ne voulait pas. Le portier me répondit que c’était la loi, et qu’il ne nous restait plus qu’à obéir et à nous soumettre.
Traduction de Dina Heshmat

Rêve 196
Notre maître nous invite à déjeuner. A la fin du repas, nous l’entourons et le débat se lance sur plusieurs sujets ; les questions fusent et les réponses se font entendre. Juste à ce moment, la police attaque la demeure et nous détient. Notre incarcération demeure six mois sans aucun juge­ment. Enfin, nous sommes libérés sans connaître de raison. A chaque fois que je me souviens de la souffrance de la détention, je me demande encore la raison de ce qui nous est arrivé.

Rêve 198
Un producteur de cinéma me demande de rédiger une comédie. Je m’imagine une ville dans laquelle les habitants se battent pour leur pain quotidien, subissent toutes sortes de mala­dies et d’accidents, et combattent les conflits qui les séparent. Mais advient un séisme destructeur qui finit par exterminer ce qui demeure encore en vie et passe l’éponge sur toute leur histoire, comme s’ils n’avaient jamais existé. Le produc­teur éclate de rire et dit : Tu es vraiment le héros de la comédie !

Rêve 199
Je me vois au zoo en compagnie d’une amie. Nous sommes installés sur l’Ile du thé. A chaque rugissement, à chaque beuglement, à chaque aboiement, nous nous approchons de plus en plus l’un de l’autre pour finir par nous fondre complètement l’un dans l’autre.

Soheir Fahmy


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