Semaine du 12 au 18 Août 2015 - Numéro 1088
Même en été, les archéologues ne chôment pas.
  Trois découvertes ont émaillé le mois de juillet : stèles à Wadi Houdi et Bérénice, et poteries à Edfou.
Trois nouvelles stèles à Wadi Houdi
Nasma Réda12-08-2015

Trois nouvelles stèles à Wadi Houdi

L’équipe archéologique égypto-amé­ricaine opérant sur le site de Wadi Houdi en Haute-Egypte a mis au jour trois stèles remontant au Moyen Empire pharaonique (2160- 2786 av. J.-C.) et des mines de pierres précieuses.

Le site situé à 35 km au sud-ouest d’Assouan est dirigé par Kate Liszka, de l’Université de Princeton, et Bryan Kraemer, de l’Université de Chicago. Sous la XIe dynastie, début du Moyen Empire, l’Egypte a connu une période de prospérité, de stabilité et d’unité sous le règne de Montohotep 1er. « Les inscrip­tions gravées sur les stèles sont d’une importance exceptionnelle. Même si elles sont effacées pour la plupart, elles indi­quent quand même que ces stèles appar­tiennent à une tribu qui avait le pouvoir dans cette région », explique le ministre des Antiquités, Mamdouh Al-Damati. « Le déchiffrement de ces gravures pren­dra du temps vu leur état déplorable », ajoute le ministre.

Trois nouvelles stèles à Wadi Houdi

« Malgré l’état de ces stèles, on a découvert sur deux d’entre elles des dates indiquant la 28e année du règne de Sénousret 1er, de la XIIe dynastie, ainsi que des informations sur des expéditions envoyées sur place », souligne pour sa part Mahmoud Afifi, directeur du secteur des antiquités égyptiennes. Il ajoute que l’importance de la vallée Houdi provient de l’existence de mines de pierres pré­cieuses utilisées dans la fabrication des bijoux durant le Moyen Empire. Cette zone de mines a été découverte en 1917 par l’égyptologue égyptien Ahmad Fakhri qui a passé une partie de sa vie dans cette région. Fakhri y avait égale­ment découvert plus de 100 stèles et publié en 1952 un ouvrage détaillé sur ces découvertes.

La mission archéologique égypto-amé­ricaine mène ses recherches sur le site depuis 2014.

Edfou : Quand des restaura­tions se transforment en fouilles …

Edfou

Lors de travaux de restauration devant la façade du temple d’Edfou, appelé aussi temple de Horus, l’équipe égyptienne d’ins­pection chargée des fouilles et d’installation de pompes pour diminuer le niveau des eaux souterraines a découvert des restes d’osse­ments humains et de poteries antiques. Selon le ministre des Antiquités, Mamdouh Al-Damati, « au cours de cette deuxième phase du grand projet du temple, cette équipe a mis au jour des objets remontant à l’Ancien Empire (2686 à 2181 av. J.-C.) ainsi qu’à la Basse Epoque (664 à 332 av. J.-C.) », a-t-il déclaré.

Depuis 1993, cet édifice est soumis à un grand projet de développement comprenant la conservation et la restauration du temple, ainsi que la planification du chemin menant au monument.

Edfou

« Ces pots antiques ensablés diffèrent en taille et en matière. Certains sont en albâtre, d’autres sont en terre cuite », indique Nasser Salama, directeur des sites archéologiques d’Assouan. Il ajoute que l’équipe de restaura­teurs d’Edfou a commencé la restauration et le regroupement des parties des objets, une étape qui précède leur stockage dans les entrepôts d’Assouan.

Al-Damati a aussi annoncé la découverte de restes d’ossements humains éparpillés sur place, ainsi que d’un miroir antique en cuivre remontant à l’Ancien Empire.

Edfou

Située entre Louqsor et Assouan, Edfou est célèbre pour son temple, le monument le plus important et le mieux conservé de l’Egypte ptolémaïque (332 à 30 av. J.-C.). « C’est le plus beau temple de l’Egypte, reprend Nasser Salama. Son architecture reste la plus belle, le temple est très riche en inscriptions ».

D’après la série de textes gravés sur les parois, la date de sa construction remonte à 237 av. J.-C. Les travaux ont débuté sous Ptolémée III et se sont achevés presque deux siècles plus tard, sous Ptolémée XII. Ce temple était consacré à Horus, le faucon, fils d’Isis et d’Osiris.

Bérénice : Un port antique découvert

Bérénice

Le Centre polonais d’archéologie méditer­ranéenne a mis au jour deux stèles pha­raoniques sur la côte de la mer Rouge. Ces fouilles, effectuées sur le site de la reine Bérénice II, épouse de Ptolémée III, pharaon de la dynastie ptolé­maïque (305-30 av. J.-C.), ont été faites en collaboration avec l’Université de Varsovie. Bérénice est situé à 825 km au sud de Suez et à 255 km à l’est d’Assouan. Ce site était, au début du IIIe siècle av. J.-C., un port roma­no-ptolémaïque, utilisé dans les campagnes visant les régions afri­caines. Mais les der­nières découvertes mon­trent qu’il a été utilisé depuis bien plus long­temps. La première stèle trouvée, en bon état, remonte au Moyen Empire (2134-1690 av. J.-C.) et porte un car­touche du roi Amenemhat IV. Alors que la deuxième, qui remonte à la deuxième période intermédiaire (1674-1549 av. J.-C.), est en très mauvais état et a besoin de restauration. « Ce sont des étonnantes découvertes archéo­logiques qui aideront à réécrire l’histoire des ports de l’Egypte antique », affirme le ministre des Antiquités, Mahmoud Al-Damati.

Pour sa part, le chef de la mission polonaise a indiqué que la mission a également réussi à détecter une inscription avec des dessins de fleurs de lotus, de joncs (la plante utilisée dans la fabrication du papy­rus) et d’une déesse debout, en plus d’autres inscriptions montrant des textes complets écrits en grec. Ces textes du fondateur du temple rendent hommage aux statues construites à l’intérieur du Saint des Saints.

Il a ajouté que « la mission a également réussi, à travers les études et l’analyse de l’imagerie satellitaire, à détecter un nouveau site près du port de Bérénice, contenant des fragments d’une construction en trois étages », notant que le site nécessite davan­tage d’études afin de déterminer l’usage de ce bâtiment.




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