Semaine du 24 au 30 Juin 2015 - Numéro 1081
600 ans d’histoire à nouveau accessibles
  Deux mosquées du quartier d’Al-Darb Al-Ahmar viennent de retrouver leur lustre d’antan : Aytmish Al-Bagassi et la Mosquée bleue. Elles témoignent de la splendeur des monuments islamiques de l’époque. Visites.
600 ans d’histoire à nouveau accessibles
Nasma Réda24-06-2015

Après neuf ans de fermeture pour des travaux de restauration, la mosquée du prince mamelouk Aytmish Al-Bagassi vient d’être inaugurée cette semaine.

Proche de la famille de Seifeddine Barqouq et fondateur de l’Empire mamelouk, qui a pris le pouvoir en Egypte en 1382, Al-Bagassi, commandant de l’armée, fait construire sa propre mosquée en 1383. Se dressant au sommet de la rue Bab Al-Wazir (la porte du ministre) dans le quartier d’Al-Darb Al-Ahmar, la mosquée est l’un des plus prestigieux monuments de l’époque mamelouke avec son style architectural particulier qui se caractérise par le travail unique du verre, des pierres, du bois et des ornements en métal.

Comme dans toutes les mosquées mameloukes, s’y trouvent des édifices annexes, comme le sabil et le kottab. Sa partie supérieure forme un kottab, fermé en 1895 pour des raisons sécuritaires. D’après l’historien Al-Maqrizi, Al-Bagassi a construit sa mosquée dans le but d’en faire une école juridique pour enseigner la doctrine hanafite. Le souverain y a construit aussi un hôtel pour accueillir les commerçants, ainsi qu’un bassin d’eau et un mausolée. « Le mausolée est vide parce qu’Al-Bagassi a été tué à Damas en 1400 », souligne Mohamad Abdel-Aziz, adjoint du ministre des Antiquités et chef du département du Caire historique.

Les motifs décoratifs sont largement présents dans l’ensemble de l’édifice. L’entrée et la façade de la mosquée sont décorées avec des motifs prenant des formes de feuillages tandis que le dôme est nervuré de l’extérieur, un style très répandu à la fin du XIIIe siècle. Du côté nord, une fontaine est érigée dans la grande cour.

Lors de la cérémonie d’inauguration, le ministre des Antiquités, Mamdouh Al-Damati, a précisé que « le ministère vise, à travers la restauration des monuments islamiques, à préserver et protéger le patrimoine islamique égyptien, tout en développant de nouveaux sites d’attraction touristique ». Il a également souligné que les travaux de restauration, dont le coût a atteint près de 10 millions de L.E., comprennent la construction d’une nouvelle salle pour la célébrations des fêtes pour les habitants du quartier. Elle sera aussi utilisée pour organiser des conférences culturelles pour sensibiliser les habitants du quartier.

Travaux importants

La restauration de la mosquée ne s’est pas faite sans mal. Plusieurs facteurs avaient affecté la mosquée dont l’humidité, l’amas de poubelles et l’érosion de plusieurs banderoles épigraphiques en pierres, sans oublier l’apparition de larges fissures dans les murs et la destruction partielle de la partie supérieure du minaret.

« Il y a longtemps que la mosquée Aytmish Al-Bagassi souffre, comme la plupart des mosquées historiques de la région, surtout des violations et des dangers du développement urbain », souligne Abdel-Aziz du département du Caire historique, expliquant que les murs ont été renforcés et plusieurs pierres remplacées. Il a salué le travail des experts restaurateurs, que ce soit sur bois, marbre ou céramique, qui ont effectué un travail de très grande qualité.

La région d’Al-Darb Al-Ahmar, où se trouve la mosquée, offre un éventail intéressant de richesses architecturales. Elle est bordée de témoignages de plusieurs époques islamiques : mosquées, palais et immeubles dont la plupart ont été édifiés aux époques mamelouke et ottomane.

Il n’est donc pas étrange de trouver autour de la mosquée Al-Bagassi des immeubles remontant à la période du règne de Mohamad Ali. Le ministre a par ailleurs annoncé la poursuite des travaux de réhabilitation et de restaurations des monuments qui se trouvent dans le quartier tels que Bimaristan Al-Moäyedy (bâti en 1418-1420), Tiqiya de Taqy Al-Taqieddine Bastami (1443) et la porte de Darb Al-Lababa, afin de préserver la richesse de cette civilisation islamique.




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