Semaine du 24 au 30 décembre 2014 - Numéro 1055
Les géants d’Amenophis III redeviennent gardiens du temple
  Les deux statues colossales d'Amenophis III découvertes l’année dernière sont enfin restaurées. Elles viennent de retrouver leur emplacement d’origine devant la porte nord du temple funéraire du pharaon.
Amenophis III
Nasma Réda24-12-2014

Deux colosses d’Amenophis III ont retrouvé leur place à l’entrée nord du temple dédié au pharaon à Louqsor. « Il s’agit jusqu’à ce jour des plus hautes statues connues d’un roi égyptien représenté en position debout. Elles devancent l’entrée nord du temple, donnant l’impression de garder le temple », précise l’archéologue allemande Hourig Sourouzian, à la tête de la mission chargée de la restauration et des fouilles du temple.

Chaque statue pèse près de 100 tonnes pour 13 m de hauteur, sans compter le piédestal de 4 m où figurent les titres du pharaon. « C’est la première exposition de ces statues depuis l’écroulement du temple il y a plus de 3200 ans qui a eu lieu à cause d’un séisme vers 1200 av. J.-C. », indique Abdel-Hakim Karar, chef de la région de Louqsor au ministère des Antiquités.

Ces deux statues colossales d’Amenophis III, sculptées en quartzite rouge, ont été retrouvées il y a deux ans dans le temple qui lui est dédié à Thèbes, sur la rive ouest de Louqsor, sur un terrain inondé d’eau de drainage agricole. Une d’entre elles était morcelée en quatre blocs et plus de 500 petites pièces, alors que l’autre se composait de 7 grands blocs. La première est coiffée de la couronne rouge, symbole du pouvoir du roi sur la Basse-Egypte, alors que la seconde porte la couronne blanche, symbole du pouvoir du souverain sur la Haute-Egypte.

Le « géant » Amenophis III tient dans chaque main un rouleau de papyrus où est inscrit son nom. Le nom du roi est également visible sur la boucle rectangulaire de la ceinture qu’il porte à la taille, et à laquelle est accroché un poignard à manche orné d’une tête de faucon.

Sourouzian précise que « les deux colosses sont sculptées de la même manière. Elles étaient brisées en plusieurs morceaux et ont subi pendant des siècles des facteurs destructeurs tels que l’eau d’irrigation, le sel du sol, parfois le feu, en plus du vandalisme ».

« Les archéologues ont commencé les travaux de réassemblage d’une d’entre elles au début de l’année. En novembre, ils ont commencé à regrouper les blocs de pierre et la multitude de fragments qui composent la deuxième statue », explique le ministre des Antiquités, Mamdouh Al-Damati.

Si la restauration des deux statues est terminée, les fouilles continuent à l’intérieur du temple. « Je rêve que ce temple retrouve un jour son état d’origine. Mais il me manque au moins 20 ans pour accomplir un tel travail », reprend l’archéologue allemande.

En effet, le temple d’Amenophis III est 10 fois plus grand que la plupart des autres temples funéraires de la rive ouest. Tous ses murs ont été détruits, mais l’intérieur est toujours là. « Notre travail est de sauver le temple qui était autrefois prestigieux. Mais malheureusement, il a été très gravement endommagé », poursuit Sourouzian. Le ministre Mamdouh Al-Damati a, quant à lui, demandé la construction d’un mur autour de l’enceinte du temple, afin de le protéger du vandalisme et des pillages.

Amenophis III en bref

Amenophis III (1391-1354 av. J.-C.) monte sur le trône à l’âge de 12 ans, il hérite d’un empire allant du Soudan jusqu’à l’Euphrate en Iraq. Ce 9e roi de la XVIIIe dynastie était l’un des plus importants souverains et compte parmi les plus grands bâtisseurs de l’Egypte Ancienne. Amenophis III meurt en 1354 av. J.-C., laissant le pays à son fils Amenhotep IV, plus connu sous le nom d’Akhenaton.




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