Semaine du 24 au 30 décembre 2014 - Numéro 1055
Négociations et démonstra­tion de force
Maha Al-Cherbini avec agences24-12-2014
 
  Parallèlement au nouveau round des négociations sur le nucléaire iranien, le pre­mier depuis le prolongement du délai jusqu’à juillet 2015, Téhéran montre ses dents à l'Occident, en engageant de vastes manoeuvres militaires.

A la suite de la prolongation des négo­ciations entre l’Iran et les 5+1, Téhéran continue de suivre la même stratégie : souffler le chaud et le froid et jouer la carte du temps. Une tactique qui a jusque-là rendu impossible la conclusion d’un règlement définitif à la crise avant le délai du 24 novembre, et qui suscite des doutes quant au nouveau délai (juillet 2015). D’un côté, Téhéran s’est engagé, cette semaine, dans des négociations avec les Six à Genève, afin de parvenir à un accord sur son programme nucléaire avant le nouveau délai.

Des négociations qualifiées d’« utiles » selon les deux camps qui ont décidé de se retrouver « en janvier » afin de poursuivre leurs discus­sions sur les deux principales pommes de discorde : le taux de l’enrichissement de l’uranium iranien et le calendrier de la levée des sanctions internationales. De l’autre, en plein marathon diplomatique, l’Iran a affirmé qu’il allait mener fin décembre des manoeuvres militaires d’une ampleur sans précédent. Celles-ci doivent se dérouler à partir de ce mer­credi jusqu’au 31 décembre entre le détroit d’Ormuz et le 10e parallèle nord jusqu’au golfe d’Aden.

« La capacité balistique de l’Iran sera exposée lors des exercices avec le lancement de missiles de différents types et l’utilisation de plu­sieurs modèles de drones », a dit le com­mandant de la Marine iranienne, deman­dant aux forces étrangères de « quitter la zone » le temps des exercices pour « évi­ter tout incident », en allusion à la Ve Flotte américaine basée à Bahreïn. Ces exercices, auxquels participent aussi les forces aériennes, s’étendront sur une zone de 2,2 millions de mètres carrés. C’est la première fois que l’Iran annonce des manoeuvres aussi éloignées de ses frontières.

Ne voulant pas exacerber l’Occident en pleines discussions nucléaires, Téhéran n’a pas organisé de manoeuvres militaires d’envergure depuis l’élection du président modéré Hassan Rohani, en juin 2013. Mais, il semble que l’Iran a enfin décidé de montrer ses dents à l’Occident après l’achoppement des négociations nucléaires qui pour­raient, en cas d’échec, conduire à une complication de la crise, voire à une confrontation militaire. « L’aboutissement à un accord global ne serait pas facile. Pour l’Iran, le nucléaire est une affaire de dignité nationale.

C’est le seul moyen de se protéger contre Washington. Le guide suprême Ali Khamanei n’acceptera jamais de céder d’un iota sur ses droits nucléaires. Ce que Téhéran aspire à faire c’est de jouer la carte du temps afin de mener à bien son programme nucléaire et l’imposer au monde tout en prouvant son caractère pacifique comme le cas de l’Inde et le Pakistan », prévoit ainsi l’expert Mohamad Abbas, spécialiste dans les affaires iraniennes. De quoi se poser la question de savoir si l’Occident en sera convaincu, d’autant plus que les très sceptiques Américains sont sous la pres­sion interne d’un Congrès dominé par des républicains, et externe d’Israël, dis­posé à tout faire pour détruire le pro­gramme nucléaire iranien .




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