Semaine du 22 au 28 octobre 2014 - Numéro 1046
Edito : L’isolement d’Israël
Al-Ahram Hebdo22-10-2014
 
 

Israël est de plus en plus isolé sur la scène internationale. Le Parlement bri­tannique vient de voter par 274 voix contre 12 une motion reconnaissant la Palestine en tant qu’Etat. La motion a obtenu l’appui des députés des deux partis de la coalition gouvernementale et des partis d’opposition, qui estiment que ce geste aiderait à relancer le pro­cessus de paix après la guerre de l’été dernier dans la bande de Gaza, qui a tué plus de 2100 Palestiniens, en majo­rité des civils.

La décision britannique fait suite, quelques jours auparavant, à celle du gouvernement suédois de reconnaître également l’Etat palestinien. « Une solu­tion à deux Etats suppose une reconnais­sance mutuelle, et la volonté d’une coexis­tence pacifique. C’est pourquoi la Suède reconnaît l’Etat de Palestine », a déclaré le premier ministre suédois, Stefan Löfven, dans son discours de politique générale. La décision des parlemen­taires britanniques et celle du gouver­nement suédois ont une portée haute­ment symbolique. En effet, jamais au sein de l’Union européenne un pays n’avait reconnu explicitement l’Etat palestinien. Certes, des pays comme la Hongrie, la Pologne ou la Slovaquie avaient déjà reconnu la Palestine en tant qu’Etat, mais c’était avant d’inté­grer l’Union européenne. La décision suédoise crée un précédent, et pour­rait inciter d’autres pays de l’Union à faire de même.

La Palestine avait obtenu en 2012 le statut d’Etat au sein de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Cependant, l’UE était restée muette sur la question. A ce jour, 134 des 193 pays membres de l’Onu reconnaissent l’Etat palestinien. Le reste, essentielle­ment des pays occidentaux, ne recon­naît que l’Autorité palestinienne. Pour ces pays, la notion d’Etat palestinien ne devrait intervenir qu’après les négocia­tions de paix.

Mais aujourd’hui, les choses sem­blent changer, et certains pays ne se font plus d’illusions. Tel-Aviv n’a aucune volonté de parvenir à une paix durable avec les Palestiniens. D’où l’isolement d’Israël sur la scène internationale. Un isolement dû à plusieurs facteurs. Il y a d’abord la colonisation israélienne dans les territoires occupés. Malgré les appels répétitifs de la communauté internationale en faveur d’un arrêt de la colonisation, Tel-Aviv continue à « grignoter » les terres palestiniennes. Or, il devient de plus en plus clair qu’il s’agit d’une stratégie israélienne visant à compromettre toute solution à deux Etats. L’échec des négociations de paix est également un autre facteur de cet isolement. Le premier ministre israé­lien, Benyamin Netanyahu, est de plus en plus critiqué sur la scène internatio­nale, pour avoir « gâché » les négocia­tions de paix avec les Palestiniens, tenues sous parrainage américain. Washington a d’ailleurs reconnu que l’échec des négociations était dû aux tergiversations israéliennes.

Enfin, la récente guerre contre Gaza, qui a fait plus de 2000 morts dans les rangs palestiniens, essentiellement des civils, a créé une vive émotion sur la scène internationale. La destruction des écoles et des lieux de culte à Gaza par l’armée israélienne a été perçue par beaucoup comme une réaction disproportionnée de la part d’Israël.

Tous ces facteurs ont contribué à l’isolement d’Israël sur la scène inter­nationale. Ils ont créé la conviction qu’Israël préfère un Etat de guerre permanent à celui d’une paix difficile.




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