Semaine du 17 au 23 septembre 2014 - Numéro 1042
Dr Amr Qandil : Le nouveau médicament sera disponible pour les pauvres dont l’état est avancé
  Le ministère de la Santé a annoncé cette semaine la mise sur le marché du Sovaldi, un nouveau médicament contre l’hépatite C. Explications du Dr Amr Qandil, directeur du secteur de la médecine préventive au ministère de la Santé.
Amr Qandil
Dr. Amr Qandil
Howaïda Salah17-09-2014

Al-Ahram Hebdo : Vous avez annoncé l’arrivée sur le marché d’un nouveau médicament contre l’hépatite C. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Dr Amr Qandil : C’est une bonne nouvelle pour les patients de l’hépatite C. Il faut savoir qu’environ 20 % des Egyptiens sont atteints de ce virus d’après les chiffres de l’OMS. Nous avons conclu un accord avec la compagnie américaine Gilead pour obtenir ce nouveau médicament, le Sovaldi, qui sera vendu à 1 % de son prix de vente aux Etats-Unis. Malgré les efforts consentis pour faire face à l’hépatite C en Egypte, la maladie continue à se propager. Nous avons environ 165 000 nouvelles infections chaque année en Egypte. Mais avec le Sovaldi, nous avons l’espoir de faire face à la maladie. Le médicament sera disponible à 2 200 L.E. la boîte (300 dollars) au lieu de 3 500 dollars aux Etats-Unis. La durée du traitement est de 3 à 6 mois. Le médicament sera disponible pour les pauvres dont l’état est avancé. Il sera distribué aux syndicats et aux pharmacies. Une centaine de médecins spécialistes des maladies hépatiques seront responsables de la distribution du médicament. 225 000 doses de Sovaldi seront administrées à 70 000 patients. Nous avons demandé aux patients qui désirent se procurer le médicament d’inscrire leurs noms sur Internet. Notons que ce médicament est destiné seulement aux patients de l’hépatite âgés de 17 ans et plus.

— Qu’est-ce qui garantit la viabilité de ce médicament ?

— Ce nouveau médicament a été essayé avec succès aux Etats-Unis et a obtenu l’aval des autorités sanitaires américaines après de longues recherches. Le taux de la réussite de ce médicament est de 95 %. L’arrivée de ce médicament ouvre, à mon avis, une nouvelle ère pour les malades de l’hépatite C. Il est de loin plus efficace que l’Interféron-Ribavirine utilisé jusqu’ici. Il reste à mettre sur place les moyens logistiques pour le distribuer. Car il ne s’agit pas seulement d’acheter un médicament, encore faut-il le distribuer.

— Quelles sont les mesures prises par le ministère de la Santé pour contrôler l’expansion de cette maladie ?

— L’hépatite C est très répandue en Egypte. L’Egypte s’est rendue compte de l’ampleur du phénomène et a mis en place un dépistage systématique des anticorps qui témoignent de la présence du virus chez une grande partie des donneurs de sang potentiels. L’une des initiatives les plus marquantes a été le développement de centres de traitement et d’accueil des patients, pour mettre à leur disposition des traitements. La sensibilisation de la population est également essentielle. Les Autorités sont en train de mettre au point une campagne de communication avec l’appui de l’Unicef et de l’OMS, afin d’expliquer aux gens l’importance d’éviter les injections superflues et d’insister pour que les agents de santé utilisent des seringues et des aiguilles stériles. Le sport et la nourriture saine sont des éléments essentiels pour éviter la contamination par le virus C. Il faut savoir que l’Egypte est le pays où la prévalence du VHC est la plus élevée au monde. Entre 3 et 5 % des cas atteints d’hépatite C deviennent porteurs du cancer du foie et ont besoin de greffe .




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