Semaine du 10 au 16 septembre 2014 - Numéro 1041
Mobilisation internationale contre l’EI
  Barack Obama dévoile ce mercredi sa stratégie anti-djihadiste en Iraq, où l'armée américaine a élargi sa zone de raids aériens contre l'Etat islamique.
Iraq
La mobilisation contre les insurgés de l'EI s'intensifiera après l'intervention internationale. (Photo : Reuters)
Abir Taleb avec agences10-09-2014

Très attendu, le « plan d’action » contre l’Etat Islamique (EI) doit être dévoilé, ce mercredi, dans un discours du président américain, Barack Obama. « Nous allons faire partie d’une coalition internationale en menant des frappes aériennes en soutien au travail sur le terrain par les troupes iraqiennes et kurdes », a d'ores et déjà prévenu le président américain dans un entretien à la chaîne NBC diffusé dimanche, prévenant qu’il n’entendait pas relancer « l’équivalent de la guerre en Iraq ».

Déjà, lors du sommet de l’Otan au Pays de Galles, les Américains ont pu rallier de nombreux pays occidentaux et la Turquie à leur projet de coalition contre l’EI. Mais ils ont simplement jeté les fondements de cette coalition, souhaitant que celle-ci soit constituée d’ici à l’Assemblée générale de l’Onu, fin septembre à New York. Toutefois, les objectifs, la nature et les contours de cette coalition restent à définir. Pour le moment, une chose semble sûre: les Etats-Unis ne veulent pas une réédition de la coalition qui avait permis à Washington d’envahir l’Iraq en 2003. Selon les Américains, « la coalition cette fois-ci doit s’articuler autour de plusieurs axes: soutien militaire à nos partenaires iraqiens, stopper le flux des combattants étrangers, contrer le financement de l’Etat islamique, traiter la crise humanitaire et délégitimer son idéologie ».

Côté arabe, le chef de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, a déclaré, à l’issue d’une réunion ministérielle de cette organisation, que « les ministres des Affaires étrangères des pays arabes se sont mis d’accord pour prendre les mesures nécessaires pour affronter les groupes terroristes y compris » l’Etat islamique. Mais le texte final ne fait aucune référence au projet de coalition internationale initié par les Etats-Unis pour lutter contre l’Etat islamique. De même, parmi les nombreuses questions en suspens, figure celle du rôle de la Syrie, qui combat l’EI mais avec laquelle les pays occidentaux excluent catégoriquement de coopérer.

Questions en suspens

Quant aux monarchies du Golfe, elles veulent avoir « plus de détails » sur ce que les Etats-Unis pourraient leur demander dans le cadre d’une « coalition » pour combattre les djihadistes de l’EI en Syrie et en Iraq, a déclaré le ministre koweïtien des Affaires étrangères, cheikh Sabah Khaled Al-Sabah.

Reste à savoir quel rôle aura l’Iran dans cette coalition. Les Etats-Unis et l’Iran ont tous deux démenti tout projet de coopération dans la lutte contre les djihadistes. « Nous n’allons pas coordonner une action militaire ou le partage de renseignements avec l’Iran et nous n’avons pas pour projet de le faire », a déclaré la porte-parole du département d’Etat américain, Marie Harf. Les Etats-Unis sont toutefois « bien sûr ouverts à un engagement » diplomatique avec Téhéran « comme nous l’avons fait par le passé », notamment sur l’Afghanistan, lorsque Téhéran et Washington avaient coopéré, fin 2001, pour la mise en place du régime de Hamid Karzaï après la chute des talibans. « Mais nous ne coordonnerons pas nos actions » avec l’Iran, contre les combattants de l’EI, un groupe armé ultra-radical sunnite, a martelé Mme Harf. Une porte-parole de la diplomatie iranienne a également démenti toute coopération avec les Etats-Unis. M. Zarif a toutefois ajouté qu’il fallait une « coopération internationale pour lutter contre le danger » des djihadistes.

Sur le terrain, les forces iraqiennes, appuyées par des tribus sunnites, ont lancé une vaste offensive contre les djihadistes de l’EI dans la région de Haditha, près d’un barrage vital sur l’Euphrate, dans la province à majorité sunnite d’Al-Anbar, mettant à profit l’extension des frappes aériennes américaines.

Jusque-là, les Etats-Unis avaient concentré leurs raids sur les positions de l’EI au nord de Bagdad, aidant l’armée appuyée par les combattants kurdes et les miliciens chiites à reprendre quelques secteurs à l’EI, principalement le barrage de Mossoul, le plus important du pays. « A la demande du gouvernement iraqien, les forces militaires américaines ont attaqué les terroristes de l’EI près de Haditha (...) en soutien aux forces de sécurité et aux tribus sunnites protégeant le barrage de Haditha », selon le Commandement central américain. L’objectif était « d’empêcher les terroristes de menacer la sécurité du barrage », a-t-il ajouté, alors que l’EI a tenté maintes fois de s’emparer du barrage de Haditha, qui avec celui de Mossoul sont vitaux pour la production d’électricité et l’irrigation dans le pays.

L’extension des frappes témoigne de la détermination des Etats-Unis à combattre l’EI, moins de 3 ans après le départ des dernières troupes américaines du pays. Outre ces raids, Washington a envoyé des armes aux forces kurdes et plus de 800 conseillers militaires et soldats pour aider l’armée et défendre le personnel américain.




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