Semaine du 27 août au 2 septembre 2014 - Numéro 1039
Quelle solution à la pénurie d’électricité ?
Al-Ahram Hebdo27-08-2014
 
 

Tandis que la pénurie d’électricité est à son paroxysme avec des cou­pures quotidiennes répétitives, le gouvernement s’est empressé d’agir. C’est dans ce contexte que le prési­dent Abdel-Fattah Al-Sissi s’est réuni la semaine dernière avec le premier ministre, Ibrahim Mahlab, en pré­sence des ministres de l’Electricité, Mohamad Chaker, et du Pétrole, Chérif Ismaïl. Objectif: trouver des solutions rapides à la crise et empê­cher son aggravation. « Il a été ques­tion d’augmenter les capacités de 54 centrales électriques réparties sur l’en­semble du territoire égyptien et de renforcer la coopération entre les minis­tères de l’Electricité et du Pétrole », a déclaré le chef du gouvernement à l’issue de la réunion. Et d’ajouter : « Nous n’avons pas le luxe d’attendre face aux problèmes. Il faut agir rapide­ment ».

Au-delà de la grogne sociale que la crise de l’électricité peut générer, ce sont surtout ses conséquences sur l’économie et l’investissement qui suscitent des craintes. Les pertes dans le secteur privé et le secteur informel sont énormes. La pénurie ne date pourtant pas d’hier. Chaque année avec l’arrivée de l’été, la crise s’installe et atteint son paroxysme en juillet et août. Les raisons de la pénu­rie sont nombreuses. Il y a d’abord la hausse de la consommation due à la croissance démographique. La popu­lation égyptienne croît à raison d’un million d’habitants tous les 6 mois. Or, il y a un manque flagrant de car­burant, gaz et pétrole. Depuis la révolution du 25 janvier 2011, la pro­duction égyptienne de gaz et de pétrole stagne en l’absence d’inves­tissements dans le secteur, à cause de l’instabilité politique. Certains projets de production ont ainsi été suspen­dus. Résultat: il n’y a plus de carbu­rant pour faire fonctionner les cen­trales électriques. « Le ministère du Pétrole ne possède pas les quantités de gaz suffisantes pour couvrir les besoins du ministère de l’Electricité », déclarait le président de la Société holding d’électricité. Les besoins en gaz natu­rel augmentent chaque année de 7%. Or, le gaz naturel coûte cher et le ministère de l’Electricité ne paie pas ses engagements au ministère du Pétrole.

A tout cela viennent s’ajouter la corruption et la mauvaise qualité des équipements.

Face à cette situation, le gouverne­ment tente de trouver des solutions. L’ordre a ainsi été donné aux cimen­teries d’utiliser le charbon à la place du gaz naturel pourtant très polluant. L’importation de certains climati­seurs gros consommateurs d’énergie a été par ailleurs interdite. La solu­tion? Mettre en place une véritable stratégie énergétique, qui repose sur la diversification des ressources, accélérer le recours à l’énergie nucléaire, l’une des moins polluantes au monde en achevant les procé­dures de fondation de la première centrale nucléaire en Egypte et, enfin, recourir aux énergies renouvelables comme l’énergie solaire et éolienne. Si des mesures ne sont pas prises pour solutionner la crise sur le long terme, la pénurie de courant conti­nuera à sévir et causera autant de désagréments que de pertes.




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