Semaine du 27 août au 2 septembre 2014 - Numéro 1039
Que veut Israël ?
Hicham Mourad27-08-2014
 
 

Que veut Israël au juste de son offensive contre la bande de Gaza? Il a récemment prétexté une violation du cessez-le-feu temporaire par le Hamas, qui contrôle l’enclave palesti­nienne, pour claquer la porte des négociations indirectes au Caire et reprendre son agres­sion contre les Palestiniens. Pourquoi? La réponse est qu’il cherche à atteindre ses objectifs avant que les négociations n’aboutissent à une trêve durable.

La réalité est que le gouver­nement de Benyamin Netanyahu s’employait aux pourparlers du Caire à mainte­nir le statu quo dans la bande de Gaza, tout en affaiblissant militairement le Mouvement de la résistance islamique (Hamas). Tel-Aviv cherche ainsi à maintenir le blocus her­métique de la bande de Gaza. Objectif presque impossible à réaliser, puisque son agression, qui a provoqué jusqu’ici plus de 2000 morts parmi les Palestiniens, a poussé ses alliés occidentaux à clairement demander la fin du blocus inhumain imposé depuis plus de 7 ans. Le président améri­cain Barack Obama a reconnu, au début du mois, que la situa­tion dans la bande de Gaza, en raison du blocus israélien, est intenable. De son côté, le vice-président de la délégation de l’Union européenne aux Nations-Unies, Ioannis Vrailas, a insisté que « le statu quo n’est pas une option », en allu­sion également au blocus imposé à la population de Gaza.

Israël en est conscient. Il serait ainsi prêt à alléger le blocus. Cette constatation de l’impossibilité de maintenir le statu quo n’est pas seulement le fruit des pressions occiden­tales, mais elle provient égale­ment de l’intérêt d’Israël qui craint une explosion sociale dans la bande de Gaza, à cause du blocus, dont le Hamas paie­ra le prix. Celui-ci pourrait ainsi perdre le contrôle de l’en­clave, car il aurait échoué à améliorer le quotidien de la population, au profit des groupes islamistes plus radi­caux, comme le Djihad isla­mique, plus proche de l’Iran que le Hamas. Tel-Aviv estime que seul ce dernier est capable de contrôler Gaza, car il est la force politique palestinienne la plus organisée dans l’enclave. Pour les responsables israé­liens, l’alternative à la perte de contrôle par le Hamas serait que la bande de Gaza tombe dans l’anarchie, où divers groupes islamistes contrôle­raient des pans du territoire, ou sous la coupe de groupes autre­ment radicaux.

C’est pour cela que l’intérêt d’Israël est le maintien du Hamas au pouvoir à Gaza, à une seule condition: l’affaiblir militairement, pour qu’il cesse de constituer un danger sécuri­taire. L’affaiblissement mili­taire du Hamas permet au gou­vernement de Netanyahu de clamer victoire devant l’opi­nion publique israélienne. Même si c’est pour un temps.

De son côté, le Hamas ne peut pas accepter la fin des hostilités sans obtenir ce qui pourrait être présenté comme une victoire à la population de Gaza, notamment après les lourdes pertes humaines. Une levée totale du blocus, comme le réclame le Hamas, est impossible pour Israël, au moins tant que les islamistes palestiniens contrôlent la bande de Gaza. En fait, Tel-Aviv ne considère cette levée possible qu’en cas d’accord de paix définitif avec les Palestiniens, encore très loin de portée. Seul un allégement des restrictions, dont les termes sont à définir, est envisageable.

Ce qui complique l’affaire est qu’Israël cherche à lier cet allégement au désarmement de la résistance palestinienne dans la bande de Gaza. Une condi­tion catégoriquement rejetée, à raison, par le Hamas. Comment est-il possible de renoncer au droit de la résistance, y com­pris armée, à une occupation militaire? Comment renoncer à un droit reconnu par le droit international, alors même qu’Israël continue de priver le peuple palestinien de ses droits les plus élémentaires, dont le droit à la vie, et à sa dignité humaine ? Cette condition ne peut être envisageable que dans le cas d’un accord de paix global qui assurerait le recouvrement des droits pales­tiniens.




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