Semaine du 13 au 19 août 2014 - Numéro 1037
Hazem Abou-Chanab : Tant que l’occupation persistera, le désarmement de la résistance sera impossible
  Hazem Abou-Chanab, ambassadeur palestinien et membre du conseil révolutionnaire du Fatah, réclame des garanties internationales protégeant les Palestiniens des agressions israéliennes récurrentes.
Hazem Abou-Chanab,
Osmane Fekkri13-08-2014

Al-Ahram Hebdo : A qui profite la violation de la trêve, quelques heures seulement avant son expiration vendredi dernier ?

Hazem Abou-Chanab : On s’attendait à cette attaque israélienne de vendredi dernier. L’entité sioniste a lancé 20 raids sur Gaza en une heure, un fait qui dévoile l’intention préalable de violer la trêve. Par conséquent, le nombre de morts s’est élevé à plus de 1 900. Il est impossible de déterminer qui a commencé en premier les attaques avant la fin de la trêve. Cependant, il est certain que c’est Israël qui a commencé cette guerre et que les victimes parmi les civils palestiniens se comptent par dizaines de milliers, sans oublier les maisons démolies et les infrastructures réduites en cendres.

— Quelles sont les réclamations avancées par la délégation palestinienne présente au Caire ?

— Mettre un terme à l’occupation israélienne, mettre un terme aux agressions, mettre un terme aux massacres perpétrés par les forces israéliennes folles. A ceci s’ajoutent des revendications de nature politique et humaine, comme la libre circulation, c’est-à-dire le libre passage des individus et des marchandises comme pour le reste de l’humanité.

— Est-il possible de parvenir au désarmement de la résistance dans la bande de Gaza comme l’exige Israël ?

— Tant que l’occupation persiste, le désarmement de la résistance ne sera pas possible. La résistance est indispensable. Il est difficile d’entrer dans les détails, mais lorsque prendra fin l’occupation israélienne des territoires palestiniens, la résistance palestinienne n’aura plus aucune signification. Nous aussi, nous réclamons des garanties de la sécurité du peuple palestinien et de ses territoires contre les agressions israéliennes et l’interdiction d’utiliser les armes israéliennes contre les civils palestiniens. Car les guerres israéliennes sont récurrentes depuis les 6 dernières années.

— Pensez-vous que les négociations reprennent avec la nouvelle trêve en dépit des déclarations du Hamas, qui affirme que sa guerre contre Israël ne s’arrêtera pas ?

— Les négociations entre les factions de la résistance palestinienne et Israël continuent toujours au Caire. Leurs résultats seront annoncés après la fin des rencontres officielles entre les deux parties du conflit. L’essentiel pour nous est la protection des Palestiniens, et par conséquent, toute déclaration qui contredit ce principe n’exprime que l’opinion de son locuteur et non pas celle de tous les Palestiniens. J’appelle à des résolutions et à des mécanismes internationaux qui empêcheront Israël de mener des agressions contre les Palestiniens. Nous devons être unifiés. Les expériences ont prouvé que la Palestine, face aux catastrophes, est une entité unifiée, et au sein du mouvement du Fatah, nous considérons le Hamas comme une partie du tissu palestinien qui doit se débarrasser des influences étrangères, qu’il s’agisse de celles des Frères ou autres, pour revenir à l’Etat palestinien national. Je pense d’ailleurs que Khaled Méchaal penche pour ce genre de raisonnement. Grâce à sa conscience politique, il est pleinement conscient de l’ampleur des dangers qui nous entourent.

— Y a-t-il un consensus autour de l’initiative égyptienne ?

— Oui, il existe un consensus de la part des Palestiniens et des ministres arabes des Affaires étrangères et de certains acteurs internationaux importants. Le problème réside dans la position d’Israël, mais nous n’accepterons aucune autre initiative à part l’initiative égyptienne. Celui qui veut proposer des idées n’a qu’à les présenter au Caire. L’Egypte est le partenaire du peuple palestinien et de la Palestine, et sa cause est une partie intégrante de la politique égyptienne.

— Quels gains cherche à atteindre Israël à travers sa guerre contre Gaza ?

— Le principal objectif d’Israël est d’entraver les progrès palestiniens enregistrés à l’Onu et de briser l’idée d’une solution politique internationale selon le principe de deux Etats sur les territoires historiques de la Palestine. Il s’agit également d’affaiblir la direction modérée des Palestiniens représentée par le président Mahmoud Abbas, et d’encourager les mouvements de la droite israélienne. L’objectif est aussi d’écarter l’attention médiatique et politique des crimes israéliens perpétrés contre les jeunes et les enfants à Jérusalem, comme les crimes perpétrés par ces colons extrémistes qui ont brûlé vifs des enfants palestiniens.

— Est-il possible de parler aujourd’hui d’une reprise des négociations avec Israël pour parvenir à la solution de deux Etats ?

— Oui, c’est possible. C’est d’ailleurs ce que nous préférons. Cependant, il est indispensable de parvenir à des garanties internationales qui assureront la solution de deux Etats et la sécurité des Palestiniens qui n’est pas moins importante que celle des Israéliens.

— Qu’adviendra-t-il du gouvernement d’union palestinienne qui avait vu le jour à la veille de l’attaque israélienne ?

— Je suis extrêmement optimiste à ce sujet. Ce gouvernement persistera.




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