Semaine du 13 au 19 août 2014 - Numéro 1037
Edito : Israël et l’échec de la trêve à Gaza
13-08-2014
 
 

Après trois jours de trêve entre Israël et le Hamas, les combats ont repris de plus belle cette semaine dans la bande de Gaza. Tel-Aviv, qui a relancé ses raids aériens sur l’enclave palestinienne, affirmait dimanche que les tirs de roquettes ont repris sur son territoire. « Nous sommes très inquiets de la reprise des hostilités dans la bande de Gaza. Nous appelons les deux parties à revenir immédiatement à un cessez-le-feu », affirmaient samedi les ministres français, britannique et allemand des Affaires étrangères dans une déclaration conjointe.

Le Hamas avait, en effet, refusé tout prolongement de la trêve, et les négociations indirectes avec Israël au Caire avaient échoué en raison des positions diamétralement opposées des deux parties.

Le Hamas exigeait, en effet, la levée du siège imposé à Gaza, une demande rejetée par Israël, craignant l’entrée au sein de l’enclave palestinienne de matériel et de matériaux de construction qui pourraient être utilisés pour creuser de nouveaux tunnels ou fabriquer des armes. De l’autre côté de la barre, Israël exigeait la démilitarisation de la bande de Gaza, mais le Hamas, refusant de renoncer à la lutte armée, a rejeté cette demande.

En refusant le prolongement de la trêve, le Hamas faisait savoir qu’il n’avait plus rien à perdre. Au terme d’un mois d’hostilité avec Israël, le mouvement palestinien avait déjà tout perdu. Accepter le prolongement de la trêve revenait à être perdant sur toute la ligne. Israël aurait obtenu, sans faire la moindre concession, l’arrêt des tirs de roquettes sur son territoire et la destruction des infrastructures à Gaza. Et la trêve n’aurait été qu’un coup de propagande au profit de l’Etat hébreu. Ainsi raisonnent les leaders du Hamas. Or, celui-ci veut obliger Israël à faire des concessions. Il sait que les trêves n’ont jamais permis la levée du siège imposé à Gaza, pas plus qu’ils n’ont permis d’avancer vers un Etat palestinien indépendant. Le Hamas n’avait aucune raison d’arrêter les combats.

Mais quelles seront les conséquences de cet échec des négociations? Outre le cercle infernal de la violence, c’est à un durcissement de la droite extrémiste israélienne qu’il faut s’attendre. Celle-ci appelle désormais le premier ministre, Benyamin Netanyahu, à adopter une approche plus dure à l’égard du Hamas. Le ministre israélien des Renseignements disait vendredi à la BBC que si le Hamas poursuivait ses tirs de roquettes sur Israël, l’Etat hébreu n’aurait d’autre choix que de « prendre à nouveau le contrôle de la bande de Gaza, afin de démilitariser la région ».



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