Semaine du 13 au 19 août 2014 - Numéro 1037
La coopération Sud-Sud
Sameh Fawzi13-08-2014
 
 

La coopération Sud-Sud dans le domaine du développement est devenue une réalité incontestable. Elle représente une alternative aux relations traditionnelles entre les Etats du Nord (les donateurs) et les Etats du Sud (les recevants). Dans ce domaine, l’Inde est un exemple.

Or, l’Inde n’est pas seule. Elle fait partie d’un rassemblement plus grand nommé le BRICS, abréviation formée des premières lettres des 5 Etats du groupe : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

Le principe qui regroupe ces Etats est le fait de considérer le développement comme étant une relation de partenariat entre 2 parties, et non pas une relation entre donateurs et recevants. Les Etats du BRICS tiennent à ne pas se présenter en tant que donateurs, mais comme des partenaires. Ce concept permet de dépasser l’idée de la relation de dépendance traditionnelle entre le Nord et le Sud. Et également de parvenir à d’autres formules pour les relations entre les Etats.

Les 5 Etats du BRICS partagent un même objectif général, mais ils sont différents sur d’autres points.

La Russie constitue un exemple différent des 4 autres pays. Premièrement, elle n’était pas auparavant classée en tant qu’Etat du Sud, et s’élance dans ses relations étrangères à partir du principe du refus du conditionnalisme politique qui accompagne les aides octroyées par le Nord aux pays du Sud. De plus, elle adopte le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats, et oeuvre à coopérer avec les pays du Sud dans les domaines de la santé, l’enseignement, l’énergie et la sécurité alimentaire.

L’Afrique du Sud est elle aussi différente. Elle se base sur le respect de la démocratie, des droits de l’homme et de la participation intense dans les missions de maintien de la paix. Et pour ce qui est de la Chine et de l’Inde, elles s’intéressent avant tout aux aides financières (dons, prêts, etc.), en se concentrant sur les questions relatives à l’infrastructure de façon générale. Enfin, le Brésil a opté dernièrement pour un système qui englobe l’investissement, le développement et le commerce. Il concentre ses activités en Amérique latine et en Afrique.

Les Etats du BRICS ont effectué des changements institutionnels qui ont mené à la fondation d’organismes et d’agences spécialisés dans la coopération pour le développement avec les autres Etats. Par exemple, le Brésil a fondé en 2013 une agence de développement spécialisée dans les projets de développement, la coopération commerciale et l’investissement en Amérique latine et en Afrique.

Plus de 40% de la population mondiale vivent sur les territoires des Etats du BRICS, et les économies des 5 Etats réunis constituent environ 20 % du PNB mondial. De plus, les 5 Etats constituent, regroupés, le quart de la superficie du monde, et possèdent les plus grands marchés mondiaux. Ils se sont dernièrement dirigés vers la fondation d’une banque dotée d’un capital préliminaire de 50 milliards de dollars. L’objectif est de réaliser une complémentarité économique entre ces pays. Les 5 Etats ont réussi à dépasser le voisinage proche, c’est-à-dire les régions géographiques auxquelles ils appartiennent, pour se diriger vers un voisinage lointain, c’est-à-dire les autres continents, en particulier l’Afrique, qui accueille beaucoup de projets.

Les dirigeants des 5 pays du BRICS ainsi que 16 dirigeants d’Etat et de rassemblements africains ont participé au 5e sommet des Etats du BRICS, tenu dans la ville de Durban en mars 2013.

Les regards du monde se dirigent maintenant vers la Russie, où sera tenu le prochain sommet en 2015. Effectivement, on s’attend à ce que la Russie joue un rôle essentiel dans la période à venir, non seulement dans la coopération entre les Etats du Sud, mais aussi avec les Etats du Nord.

La Russie reste un acteur important dans les relations entre le Nord et le Sud, quelles que soient les répercussions de la situation en Ukraine ou autre. Lors de sa présidence du Groupe des 20, la Russie avait donné la priorité à la question du développement. Elle jouera un rôle primordial dans l’élaboration d’un nouveau cadre pour le développement, afin de réaliser un agenda du développement après 2015. En plus, une discussion autour du développement sera parrainée par l’Onu.

Il est clair que l’Egypte s’intéresse à coopérer avec la Russie, alors qu’il y a un dialogue entre les deux Etats au niveau présidentiel. La visite du président Abdel-Fattah à Moscou sera dans ce sens-là. Les relations entre les Etats du BRICS et l’Egypte figurent sur l’agenda de cette visite.




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