Semaine du 11 au 17 juin 2014 - Numéro 1029
Cet été, le monde expose l’Egypte
  Dans les prochains mois, 8 expositions sur l’Egypte antique auront lieu à travers le monde. Elles prouvent la fascination que continuent de susciter les civilisations pharaoniques.
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Nasma Réda11-06-2014

Louqsor-Paris : Le voyage de l’obélisque

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Le musée national de la Marine présente, jusqu’au 6 juillet, une exposition consacrée au transport et à l’installation de l’obélisque sur la place de la Concorde à Paris. Cet obélisque a été offert par l’Egypte en 1830.

Le transport a été la source de défis technologiques majeurs et le cadre d’une aventure qui a duré près de 7 ans.

Après un prologue consacré à la première vie de l’obélisque édifié par Ramsès II, il y a plus de 30 siècles, l’exposition met en relief les moments forts du transfert de ce monolithe de 23 mètres de haut, pesant plus de 230 tonnes. « A la même époque, un sarcophage du roi Chéops a fini au fond de la mer lors de son transport vers l’Europe », précise Mohamad Abdel-Maqsoud, ancien directeur du secteur des Antiquités.

Les raisons du choix de l’obélisque de Louqsor, le rôle de Champollion qui a déchiffré les hiéroglyphes six ans auparavant sur la Pierre de Rosette, l’étrange navire, le Louqsor, construit spécialement pour le transport, l’envoi en Egypte pendant deux ans d’une expédition d’une centaine d’hommes chargés de l’abattage et du chargement du monolithe, l’incroyable voyage de retour long de 12000 km parcourus en 2 ans et demi, la polémique nationale à propos des sites d’accueil, la réalisation d’un piédestal de 240 tonnes et l’érection de l’obélisque réalisée par 480 artilleurs devant 200000 Parisiens retenant leur souffle... Toutes ces péripéties reprendront vie à travers des maquettes, diaporamas, tableaux, dessins, estampes, cartes et objets issus de collections nationales et privées.

« Les obélisques restent un miracle de l’architecture égyptienne. Chacun peut mesurer 40 mètres de hauteur pour plusieurs centaines de tonnes. L’énigme de leur fabrication n’a pas été encore dévoilée », souligne Abdel-Hamid Noureddine, ancien président du Conseil suprême des antiquités.

Un espace particulier sera consacré aux acteurs principaux de l’expédition: le commandant en second du Louqsor, Léonde Joannis, dont les dessins réalisés lors du séjour en Egypte sont des témoignages de premier ordre peu connus, et surtout l’ingénieur de la Marine, Apollinaire Lebas, qui mit au point et dirigea toutes les opérations de déplacement de l’obélisque.

Des projections d’images de synthèse, des reportages et une chronologie illustrée appuieront la narration de cette épopée que le monde entier pensait irréalisable à l’époque, et dont chacun peut aujourd’hui admirer l’aboutissement au centre d’une des plus belles places de Paris.

L’or et les dieux, joyaux de l’ancienne Nubie

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Une collection de bijoux de l’ancienne Nubie fera l’objet d’une exposition éblouissante au Musée des beaux-arts de Boston. Organisée du 19 juillet 2014 jusqu’au 14 mai 2017, l’exposition regroupera 100 pièces étincelantes des trésors de l’ancienne Nubie (sud de l’Egypte et nord du Soudan) et mettra l’accent sur une époque éblouissante.

Il s’agit d’une collection de parures de Nubie l'ancienne qui est la plus complète en dehors du Khartoum. A la suite d’une expédition du début du XXe siècle par le Musée de l’Université de Harvard, les archéologues ont pu collecter ce trésor exceptionnel datant de 1700 av. J.-C. à l’an 300 ap. J.-C. L’or et les dieux et Bijoux de l’ancienne Nubie illustrent la relation complexe qui relie la Nubie antique avec ses voisins et les liens des terres du sud de la Vallée du Nil avec les pays méditerranéens. La Nubie était connue pour son or.

« En Egypte, les mines principales se trouvaient dans une région au sud d’Abou-Simbel, aussi que dans les montagnes de Wadi Hammamet, à l’est de Louqsor, et dans Wadi Alalaqi à Assouan », précise Abdel-Halim Noureddine.

L’or et les dieux exposera une centaine d’objets, dont un masque de la reine Malakaye (656 av. J.-C.), aux dorures en argent orné, un pendentif en cristal représentant Hathor, la déesse de l’amour, de la beauté, de la musique, de la maternité et de la joie.

En marge de l’exposition, un livre en 180 pages présente plus de 100 parures et accessoires du Musée des beaux-arts de Boston. Le livre révèle aussi comment les artisans nubiens ont utilisé des techniques nouvelles qui se seraient retrouvées en Europe plus de 1000 ans après. « L’or est un métal précieux qui a attiré les Anciens Egyptiens, qui l’ont considéré comme le métal roi et l’utilisaient dans la fabrication des bijoux et des statues. Ils l’ont aussi utilisé dans la décoration des sarcophages. Très tôt, les Egyptiennes ont développé une technique poussée pour élaborer de somptueux bijoux. L’opération la plus difficile était d’extraire l’or et de le purifier », ajoute Noureddine.

Marbella accueille une reproduction à l’échelle du temple d’Abou-Simbel

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ville de Marbella en Espagne a accueilli l’exposition du Temple d’Abou-Simbel. « Le Trésor des pharaons », une réplique créée par l’architecte égyptien Hani Moustapha, afin de faire connaître l’un des plus importants monuments de l’Egypte. L’exposition sera ouverte jusqu’au 21 septembre au Palais des Congrès de Marbella. Hani Moustapha a passé 5 ans dans la construction de cette réplique qui ne représente que le tiers de ce temple qui se trouve à Assouan en Haute-Egypte, et qui représente le génie des ancêtres égyptiens. « De telles expositions privées sont d’un grand intérêt pour nous. Elles font une excellente propagande touristique pour nos sites », déclare Abdel-Halim Noureddine, ancien président du Conseil suprême des antiquités.

Le transport de la réplique dans les différents lieux en Europe où elle sera exposée présente un problème majeur pour l’architecte (taille et solidité). Cette réplique est construite à partir de fibres de verre, sur lequel l’architecte a capturé en relief tous les détails de l’original. Les quatre chambres de la réplique couvrent une superficie de plus de 280 m2 avec une impressionnante façade d’entrée de plus de 6 mètres de haut avec quatre statues représentant Ramsès II assis à côté des dieux Ptah, Amon-Rê et Harmakhis. Hani Moustapha a terminé le travail en 2011 avec l’aide de plusieurs artisans, et a, depuis, voyagé dans différentes villes européennes où il a attiré plus de 25000 visiteurs. L’exemplaire est actuellement en Espagne et sera bientôt exposé en France, au Royaume-Uni, en plus de Valence, Madrid et Barcelone. Vu les difficultés qu’affronte Hani, « il n’est pas difficile de demander la permission pour faciliter sa mission ou pour photographier. Tous les droits doivent être réservés », commente l’ancien président du Conseil suprême des antiquités.

Ramsès II a construit ce temple pour célébrer sa victoire sur les Hittites pendant la 5e année de son règne, lors de la bataille de Qadesh, bien que cette bataille soit terminée par une trêve. La construction d’Abou-Simbel a duré 20 ans et représente le roi comme une divinité, pour assurer l’obéissance des Nubiens.

Le mystère de la momification animale

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Sur la première fois, une exposition d’importance se tourne sur l’un des aspects les plus fascinants de l’Egypte Antique : la momification des animaux. Le musée Bowers en Californie organise, depuis le 22 mars et jusqu’au 15 juin, Soulful Creatures: Animal Mummies in Ancient Egypt, une exposition de momies animales provenant du musée de Brooklyn.

Momies d’oiseaux, de chats, de chiens, de serpents rapportées des quatre coins de l’Egypte... L’exposition explore plusieurs voies, pour tenter d’expliquer l’énigme et les raisons de la momification animale. Des recherches récentes ont permis de dévoiler des informations essentielles sur les méthodes utilisées pour momifier un animal. Ce culte, qui s’est propagé au premier millénaire av. J.-C., a survécu jusqu’au christianisme. « Les animaux ont un double rôle en Egypte Antique: ils étaient fréquemment utilisés dans les travaux quotidiens et étaient considérés comme des divinités car quelques-uns avaient un pouvoir énigmatique pour les Egyptiens », explique Abdel-Maqsoud, ancien directeur du secteur des antiquités.

Soulful Creatures propose un nouveau regard sur le sens de la momification des animaux à travers une nouvelle compréhension du monde antique. Elle explore le rôle que les animaux et leurs images ont pu jouer dans les mondes naturels et surnaturels des Egyptiens. Pour l’archéologue Abdel-Halim Noureddine, « depuis la préhistoire, les animaux de l’Egypte Antique furent adorés et idolâtrés. Ils étaient considérés comme des incarnations vivantes de principes divins et furent associés à des divinités. Chat, taureau, crocodile, serpent... étaient symboles de vie, de fortune, de prospérité, de chance et d’autres ». L’exposition revient également sur les différents types de momies d’animaux et les méthodes scientifiques modernes permettant une analyse poussée de ces momies.

Tanis expose ses trésors en France

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Tanis, une capitale illustre de l’Egypte Ancienne. Cette exposition, organisée au Musée de Soissons dans l’ancienne abbaye Saint-Léger du 15 mars jusqu’au 12 octobre 2014, dévoile l’ampleur de la richesse de la capitale pharaonique de Tanis.

Située au nord-est du Delta du Nil, Tanis prend son essor au cours de la Troisième Période Intermédiaire (XXIe-XXIIe dynastie 1040-889 av. J.-C.). Son développement se poursuit jusqu’à la fin de l’époque ptolémaïque (30 av. J.-C.). C’est une métropole régionale jusqu’à la période byzantine (395).

L’exposition est co-organisée par Dominique Roussel, conservateur en chef du Musée de Soissons, Philippe Brissaud, président de la Société française des fouilles de Tanis et directeur de la mission archéologique de Tell Dibgou, et Christelle Desbordes, directrice adjointe de la mission de Tell Dibgou.

L’exposition retrace, à travers des photographies anciennes et récentes, l’histoire des découvertes qui y ont été réalisées par les archéologues au fil du temps. Ces photos évoquent les fouilles menées par Auguste Mariette, celles de Pierre Montet entreprises à partir de 1928, ainsi que les fouilles récentes menées par Philippe Brissaud avec la Mission française des fouilles de Tanis (MFFT). La découverte de la nécropole royale en 1939 est un événement majeur dans l’histoire de l’archéologie égyptienne. Des documents d’époque, qui sont aussi exposés, illustrent également l’importance des monuments et objets mis au jour à Tanis, et quelques objets provenant du Musée de Picardie (Amiens) et de collections particulières évoquent le type d’objets quotidiens et rituels que l’on retrouve sur le site de Tanis. Selon l’archéologue Abdel-Halim Noureddine, « Tanis était la plus importante région découverte dans le Delta du Nil au XXe siècle. Un grand nombre de pièces antiques fabriquées en argent y ont été découvertes, ce qui prouve l’importance de ce métal précieux. La mission chargée des fouilles a trouvé aussi des pièces en or ». Cette exposition est aussi une occasion de présenter les travaux de la mission archéologique opérant actuellement sur le site de Tell Dibgou, qui est l’un des sites les plus vastes et les mieux conservés du nord-est du Delta du Nil. Cette ancienne cité, qui a certainement commencé à se développer à l’époque pharaonique, était au Moyen Age une métropole réputée dans tout le Proche-Orient pour ses ateliers de confection de textiles précieux. Les ruines de cette ville, qui s’étendent sur près de 50 hectares, n’ont encore jamais été fouillées par les archéologues, situation remarquable qui constitue pour la mission une opportunité exceptionnelle. Mohamad Abdel-Maqsoud, ex-directeur du département de l’Egypte Antique au ministère des Antiquités, souligne: « Cette exposition vise deux objectifs: le premier, qui est scientifique, permet d’exposer le travail de la mission pendant les années de fouille. Et le deuxième est financier, car la mission opérant actuellement à Tell Dibgou cherche à financer le reste de ses travaux de fouilles et de recherches. Le site est presque vierge. Ainsi, la mission pourrait découvrir d’autres trésors de l’Egypte ancienne et d’autres époques ».

Quand les Grecs ont gouverné l’Egypte

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Depuis le 31 octobre 2013 et jusqu’au 27 juillet 2014, l’Institut de l’art à Chicago propose de découvrir une exposition intitulée « Quand les Grecs ont gouverné l’Egypte ».

Cette exposition permet aux visiteurs de découvrir la différence des cultures en Egypte à un moment où ce pays a été gouverné par les Grecs, à travers 75 oeuvres d’art telles que des masques, des momies dorées, des verres de luxe, des amulettes, des métaux précieux ou des portraits gravés en pierre.

Cette exposition est financée et sponsorisée par la Fondation de la famille Jaharis (Micheal Jaharis, milliardaire et homme d’affaires américain).

Lorsqu’Alexandre le Grand s’empara de l’Egypte en 331 av. J.-C. pour conquérir l’Empire perse, il faisait partie d’une longue liste de noms grecs qui ont été éblouis par l’Egypte et sa culture ancienne. Il s’autoproclama pharaon après qu’il eut la confirmation qu’il était le descendant d’Amon, dieu de Thèbes. « Alexandre le Grand était un homme civilisé, il a respecté les Egyptiens et a visité Memphis ainsi que Siwa. Il a demandé d’être momifié et enterré comme les Egyptiens », affirme Abdel-Halim Noureddine, ancien président du Conseil suprême des antiquités. Contrairement à Alexandre le Grand, son successeur, le général Ptolémée, a décidé de s’adapter à la culture égyptienne. Il a décidé de construire une nouvelle capitale, à Alexandrie, et a uni les deux dieux en un seul dieu universel, Zeus-Amon. La dynastie de Ptolémée a commencé en 305 av. J.-C. avec Ptolémée le premier, et s’est terminée avec Cléopâtre en 30 av. J.-C. Ce règne, qui a duré près de 3 siècles, a eu un grand impact sur la culture égyptienne. « Contrairement aux Perses, les Ptoléméens ont aimé les Egyptiens, allant jusqu’à contracter des mariages avec eux. Ils ont pu s’infiltrer dans la société égyptienne et échanger leurs cultures », dit Noureddine. C’était une époque de profonde curiosité et riche en expériences. Comme les Grecs, et plus tard les Romains, ils ont rencontré une culture bien établie, beaucoup plus ancienne que la leur. Un échange, artistique, social et religieux de la civilisation antique a eu lieu.

Toutankhamon au Maroc

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La Bibliothèque nationale de Rabat au Maroc vient d’inaugurer une exposition sur le jeune pharaon égyptien Toutankhamon.
L’exposition renferme des répliques de plus de 40 pièces qui montrent les rituels funéraires de l’Egypte Antique. D’autres pièces appartenant à Toutankhamon (XVIIIe dynastie) comme des outils et accessoires dorés, ainsi que des vêtements et des bijoux seront aussi exposés. « On a envoyé les pièces les plus significatives, celles qui peuvent attirer le plus de touristes », précise Amr Al-Tibi, directeur du département des répliques au ministère des Antiquités.
Suite à une demande des autorités marocaines, l’Egypte, qui a envoyé les répliques à Rabat, a accepté la prolongation de l’exposition. « On a décidé de prolonger l’exposition sur 6 mois au lieu d’un seul », se félicite Al-Tibi. Rabat a été choisi par les autorités égyptiennes, afin d’attirer un grand nombre de visiteurs : élèves et universitaires fascinés par l’histoire des pharaons. Un bémol toutefois : pour l’archéologue Abdel-Halim Noureddine, « il fallait envoyer les pièces originales ».

L’Arizona s’intéresse aux Pyramides

Reculez dans le temps et découvrez les secrets du monde antique égyptien : c’est le thème d’une exposition interactive sur les histoires et les objets cachés de la civilisation égyptienne. Cette exposition durera jusqu’au 1er septembre au Centre des sciences de l’Arizona à Phoenix, au sud-ouest des Etats-Unis.
L’exposition offre à ses visiteurs la possibilité de voir comment les archéologues utilisent la science et la technologie modernes pour apprendre, découvrir et comprendre la civilisation de l’Egypte Antique. Le visiteur peut y voir une momie humaine, plusieurs momies animales et examiner de près les moyens de leur restauration. Des objets de la vie quotidienne et la culture funéraire de l’Egypte Ancienne sont aussi exposés.
Les visiteurs peuvent chercher à comprendre comment les Pyramides de Guiza ont été construites. Le musée cible surtout les jeunes et les enfants : les organisateurs ont placé des blocs géométriques en bois avec lesquels les visiteurs peuvent construire une pyramide, pour en comprendre les défis architecturaux et techniques.
L’exposition comprend notamment 44 panneaux graphiques, 15 vidéos et 67 reproductions.



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