Semaine du 16 au 21 avril 2014 - Numéro 1021
Au-delà de la nostalgie
  Il était une fois l’Orient Express retrace un voyage aux allures d’autrefois dans une redécouverte des rapports Orient-Occident. A voir à l’IMA jusqu’en août.
Au-delà de la nostalgie
Locomotive à vapeur (1922).
16-04-2014

Qui dit Orient Express, dit rêve du passé. On le revit aujourd’hui dans les salles de l’Institut du Monde Arabe (IMA) à l’occasion de l’exposition Il était une fois l’Orient Express.

Il s’agissait, dans le temps, d’un voyage mythique entre Paris et Istanbul, ville qui dépassait les frontières de l’Europe. La Compagnie des wagons-lits, propriétaire de l’Orient Express, offrait aux voyageurs des visites à Téhéran, au Caire, au Liban, à Bagdad, à Tripoli … la durée de voyage dépassait souvent les trois jours : jusqu’à 11 jours pour le voyage le plus long.

Un quai de gare reconstitué ouvre l’exposition, avant de monter à bord. Une locomotive, trois voitures ainsi qu’un wagon-restaurant ont été installés sur le parvis de l’IMA.

L’exposition se poursuit dans les salles de l’IMA, où sur plus de 800 m2 et deux niveaux, le public participe, plus qu’il n’assiste, à un périple fascinant mis en vitrine dans de grandes malles géantes particulièrement évocatrices.

Au-delà de la nostalgie
Voitures Orient Express présentées lors de l'exposition.

De belles images à la fois d’archives et contemporaines, bandes d’actualité et extraits de films évoquent le riche patrimoine littéraire et cinématographique inspiré par l’Orient Express. En présentant objets et documents résumant l’histoire de l’Orient Express — affiches, menus, vaisselle, couverts, valises, vitraux, meubles témoignant d’un luxe désormais révolu — l’exposition retrace un univers hautement fantasmatique à partir d’une incroyable collection de pièces d’époque.

Allégories du voyage, les grandes malles-vitrines abordent également les thématiques sociales, culturelles ou techniques liées à l’aventure de l’Orient Express. Elles reviennent sur l’histoire de son inventeur, Georges Nagelmackers, sur l’art de vivre à bord, elles permettent d’évoquer les escales placées sur son parcours, comme Londres, Paris, Venise, Istanbul, Alep, Damas, Beyrouth, Bagdad, Le Caire, Louqsor et Assouan, ou encore l’évolution des relations géopolitiques de l’Europe et du Proche-Orient et le contexte de l’époque.

Textes, oeuvres d’art et films évoquent tour à tour les correspondances qui sont nées entre Orient et Occident. Toute une scénographie élaborée par Clémence Farell qui a fait vivre le public deux temps : un dans le train, et l’autre dans les salles. Son travail est conçu pour circuler dans différents lieux, comme Venise, Istanbul, Vienne, Liège, Berlin, Lyon, ou encore Londres.

Cette exposition, organisée par l’IMA et la SNCF, fête le 130e anniversaire de l’Orient Express. « L’histoire de l’Orient Express et du Taurus Express qui le prolongeait jusqu’à Alep et Bagdad est un merveilleux moyen d’évoquer un siècle d’histoire, à la fois exaltante et tragique, souligne Gilles Gauthier conseiller scientifique de l’exposition. Exaltante parce que c’est l’époque de l’apogée de la révolution industrielle dont les chemins de fer sont le symbole et le moteur ; tragique parce que pour cette région du monde, le train était considéré comme un moyen de se moderniser, mais dans la pratique, était surtout un instrument de pénétration et de domination étrangère ».

L’Orient Express : 130 ans de voyages

Le père de l’Orient Express, Georges Nagelmackers, rêvait également de relier la métropole à l’Afrique du Nord par l’Espagne et l’Italie. Il avait imaginé un train circulaire qui faisait le tour de la Méditerranée occidentale en onze jours. Mais ses projets seront stoppés par les deux guerres mondiales et leurs conséquences.

Il faudra attendre bien des années pour que le Shah d’Iran permette à l’Orient Express d’offrir une extension vers Téhéran via Istanbul par le Vangolü Express. Et l’année d’après, pour que le Taurus Express établisse des correspondances pour Alep, Bagdad et Beyrouth. Du temps de sa splendeur, l’Orient Express a ainsi permis de nombreux échanges entre le Moyen-Orient et l’Europe.

En effet, l’Orient Express a vu son trafic divisé par deux après la guerre de 1939-1945. La Compagnie des wagons-lits elle-même est rachetée par le groupe Accor en 1991.

Les dernières voitures de l’Orient Express deviennent la propriété de la SNCF.

Certaines rames ont été vendues, transformées ou perdues. Mais le mythe perdure et nombreux sont ceux qui ont tenté, depuis 30 ans, de lui redonner ses lettres de noblesse. Elément majeur du patrimoine français, Orient Express est également une marque très attractive qui symbolise l’art du voyage à la française




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