Semaine du 2 au 8 avril 2014 - Numéro 1019
Chérine Hégazi : Une égale trois
  3 questions à la danseuse Chérine Hégazi, interprète du spectacle en 3D, L’Art du mouvement, présenté à l’hôtel Viennoise.
une egale
Chérine Hégazi à droite. (Photo : Moustapha Abdel-Aty)
Névine Lameï02-04-2014

Al-Ahram Hebdo : Comment est née l’idée de ce spectacle de danse en trois dimensions ? Est-ce un nouveau genre en Egypte ?

Chérine Hégazi : L’Art du mouve­ment est créé par l’artiste choré­graphe, écrivain et compositeur écos­sais Billy Cowie. Cowie a fait connaissance avec le directeur et fondateur du festival D-CAF, Ahmad Attar, au British Council, lors du festival d’Edim­bourg, en août dernier. A la suite de cette rencontre, Attar a décidé de l’in­viter à cette édition du D-CAF. Compositeur de musique, notamment pour émission de radio, Cowie s’est intéressé à la chorégraphie pendant ses études à l’Université Brighton en Angleterre, où il a créé deux troupes de danse moderne : The Wild Wiglers et The Diva Dance Theater. Pour lui, l’art du mouvement est pluridiscipli­naire, il englobe la danse, la musique, le texte et le cinéma.

— Pouvez-vous nous expliquer le principe de la danse en 3D ?

— Le spectacle L’Art du mouve­ment se donne dans une chambre sombre à l’hôtel Viennoise au centre-ville cairote. Le spectateur doit être muni de lunettes 3D. Moi, je suis la danseuse réelle du spectacle, alors qu’il y a deux autres interprètes japo­naises — virtuelles — qui dansent de part et d’autre. Sous l’effet des lunettes 3D, le spectateur a l’impres­sion que ces dernières émanent de l’écran placé derrière moi. Nous sommes toutes les trois juxtaposées et exécutons les mêmes gestes simulta­nément, selon les rythmes d’une musique mystique de Billy Cowie. Ce dernier a conçu le spectacle, alors qu’il passait un an au Japon, et a donc eu recours à deux danseuses nippones. Celles-ci sont toujours virtuelles, et à chaque fois que le spectacle se donne dans un pays différent, le chorégraphe a recours à une danseuse locale pour se présenter sur scène. Nous portons les mêmes habits blancs, la même coiffure, dans la mesure où personne ne peut distinguer la danseuse réelle des virtuelles. Le tout est si bien syn­chronisé, grâce aux effets visuels : éclairage, son, décor, projecteur, etc.

— Comment Billy Cowie vous a-t-il choisie pour la version cai­rote ?

— J’ai étudié au studio Emadeddine, c’est là que j’ai suivi plusieurs ateliers de danse contempo­raine et de théâtre entre 2007 et 2008. Il était difficile pour Cowie de venir en Egypte, vu la conjoncture poli­tique du pays, mais il m’a vue grâce à une vidéo-casting qui lui a été envoyée par D-CAF. Après il m’a invitée à son studio de Brighton, pour un mois d’entraînement.

Tout d’abord, Cowie cherchait une petite danseuse, pour correspondre à la taille des danseuses japonaises. Car le spectacle s’appuie sur deux prin­cipes majeurs : l’équilibre et la mobi­lité. Pour Cowie, la danseuse (réelle) doit posséder une mémoire dyna­mique et une forte concentration. Pas de place à l’erreur. De plus, il exi­geait une certaine expressivité du visage, afin de convaincre le specta­teur qu’elle partage la danse avec les deux interprètes virtuelles.




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