Semaine du 2 au 8 avril 2014 - Numéro 1019
L’art à dos de chameau
  La 11e édition du Festival international des Nomades vient de se terminer au Maroc. Musique, danse et courses de chameaux étaient au rendez-vous.
HassanL’art à dos de chameau
Contes, danse, musique et costumes des Sahraouis.
Hoda El-Hassan02-04-2014

Le festival international des Nomades, 11 ans d’existence, fruit du sou­tien de la province maro­caine de Zagora et de l’Association Nomades du monde, l’événement phare de tous les bohémiens a, lors de cette dernière édition, dressé un nouveau bilan.

« Ces 10 premières années, ce ren­dez-vous avec le nomadisme et le désert avait pour but de faire connaître les richesses des villes du Sud au grand public marocain, non sans attirer l’attention des publics étrangers. Cependant, à partir de cette année, nous envisageons de hisser le drapeau du nomadisme à l’échelle universelle en faisant une fixation sur les chanteurs nomades du monde entier. Ce n’est pas réelle­ment une nouveauté spécifique à cette année, mais il s’agit d’une vision futuriste que nous voulons entretenir et mettre en valeur lors des éditions à venir ». Ces propos pleins d’optimisme sont de Noureddine Bougrab, directeur artistique du Festival.

En effet, cette manifestation citoyenne, qui a pour ambition de mettre en valeur la richesse naturelle, culturelle et humaine de la région du Drâa, ainsi que son « esprit nomade », tout en développant son activité économique, veut aller au-delà de ses visions primaires.

Les premières éditions ont, certes, réussi à faire connaître ce rendez-vous avec les arts sahraouis à l’échelle marocaine, voire maghré­bine et subsaharienne. Seulement voilà, l’équipe du Festival veut que Mhamid El-Ghizlane, la commune rurale qui abrite le Festival, devienne connue au-delà des frontières. « Cette commune rurale, de 8 000 habitants seulement, regorge de richesses musicales non négli­geables. Les Nomades du Sahara marocain ont longuement fait de leurs chants populaires un porte-drapeau de leur patrimoine. Aujourd’hui, il est impossible pour le Marocain du Nord ou de n’importe quelle autre région marocaine de se souvenir d’un Nomade sahraoui sans le prendre inconsciemment pour un chanteur. Il y a de quoi en tout cas. Ici nous avons, nous aussi, l’impres­sion que tous les Sahraouis sont de bons chanteurs », continue le direc­teur artistique du Festival.

Mais qui dit Nomades sahraouis pensent intrinsèquement aux droma­daires, au sable brûlant et aux sempi­ternelles courses de chameaux. Et dans la mémoire culturelle de la région, chanter et monter à dos de chameau font si bien la paire. Effectivement, dans les historiettes et les contes de grands-mères maro­caines, le Sahraoui est toujours cet amoureux qui brûle d’amour pour sa bien-aimée et qui, un jour, décide d’aller lui déclarer sa flamme à dos de chameau, en lui chantant son invi­tation aux épousailles. Les chansons de la région de Zagora, elles, crient sur tous les toits les vertus du cha­meau en tant que meilleur ami de l’homme sahraoui, mais aussi en tant que moyen de transport des tourte­reaux.

« La scène culturelle de la région de Zagora vit aux confins du désert et font de Mhamid El-Ghizlane un lieu de prédilection pour une esca­pade culturelle de haute facture », continue notre source. Mais enten­dons-nous bien, 3 jours, c’est peu pour faire connaître tout un richis­sime patrimoine et c’est d’ailleurs ce que s’accordent à dire les amoureux de ce Festival. C’est ce que pense aussi l’Office national marocain du tourisme qui mise gros sur cet événe­ment. Idem pour les artisans de toutes les corporations du Sud, les artistes locaux et nationaux.

11 ans de nomadisme …

Comme à l’accoutumée, un beau parterre de chanteurs internationaux a participé à cette rencontre. Parmi le beau monde de cette nouvelle édi­tion, citons le Nigérien Kel Assouf, la cantatrice et virtuose libanaise Jahida Wehbe, le Sénégalais Diabate Yahia (chanteur jouant du kora) mais aussi les Sahraouis Doueh, Mnat Azwan, Mustapha Elgamrani ou le Rabati Nasser Megri, entre tant d’autres …

La 11e édition du Festival a donc fait la part belle au métissage ethno-culturel dont regorgent les villes marocaines du Sud. Les participants ont également eu droit à des confé­rences sur les coutumes zagouries, des expositions de produits du ter­roir, de peintures, mais aussi un ate­lier de calligraphie présenté par le célèbre Nigérien Ahmed Boudane.

Le Festival a permis également de visiter les casbahs de la commune, ainsi que son célèbre site Foum Tidri, sans oublier les excursions dans le désert à dos de dromadaire, de bivouacs ou en 4x4 d’ailleurs …

Somme toute, le patrimoine maté­riel et immatériel des tribus nomades, ces précieux héritages des ancêtres sont voués à l’immortalisation.




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