Semaine du 2 au 8 avril 2014 - Numéro 1019
L'Egypte de demain selon Al-Sissi
Abdel-Moneim Al-Machat02-04-2014
 
 

Par l’intermédiaire des rares discours du maréchal Al-Sissi à plusieurs occasions culturelles et sociales des derniers mois, il est possible de déduire sa vision de l’avenir de l’Egypte. Une vision qui se résume dans ses célèbres propos : « L’Egypte est la mère du monde et dominera le monde ».

Puisque la prochaine élection présidentielle, avec les défis qu’elle affrontera, constitue des circonstances exceptionnelles, il est donc tout à fait logique qu’Al-Sissi en tant que candidat « non traditionnel » présente un programme également « non traditionnel ». Un programme qui présente une vision sur le passage de l’Egypte d’une phase transitoire à une phase de développement, nécessitant les efforts de tous les Egyptiens qui doivent être partie intégrante de ce processus historique. Ce sont les citoyens qui doivent construire l’Etat régional et central grâce aux compétences humaines et à la position géostratégique du pays. Car l’Egypte a été le premier Etat au monde à l’époque pharaonique, avant l’apparition de l’Etat en Europe.

Les célèbres propos d’Al-Sissi signifient du point de vue stratégique que l’Egypte doit concurrencer les superpuissances et les grands Etats. De plus, avec ses capacités humaines, l’Egypte est capable de regrouper autour d’elle toute la région arabe et le Proche-Orient jusqu’aux frontières de l’Afghanistan et du Pakistan. Ce qui signifie que l’Egypte constituerait ainsi la base de la paix et de la coopération dans la région, tout en étant capable d’éliminer les conflits et les tensions adjacents. La vision du maréchal Al-Sissi pour l’Egypte de l’avenir est donc basée sur la conjonction de facteurs externes et internes.

A l’intérieur, il est question de réaliser la sécurité et la stabilité, en luttant contre les sources et les éléments du terrorisme. Et cela, en formant des forces spéciales pour la lutte contre le terrorisme, qui seraient également responsables de la sécurité communautaire en étant présentes partout.

Sa vision pour l’intérieur est également basée sur l’activation du rôle de la femme et des jeunes, qui constituent les deux éléments principaux dans son projet national pour la refondation de l’Etat moderne. Il tente donc de la placer sur un pied d’égalité avec l’homme, sans discrimination, ni marginalisation, conformément à sa compétence et à ses capacités. Il est prévu que la présence de la femme dans l’appareil exécutif atteigne un taux de 35 %. Et pour la sélection des éléments compétents, elle comptera sur les rapports des appareils de contrôle objectifs et non sur les directions de l’appareil administratif dominé par des éléments masculins. De plus, le quota des jeunes dans la direction exécutive ne sera pas en dessous de 35 %, ce qui reflète sa conviction sur l’importance du rôle des jeunes dans le passage de l’Egypte d’une société traditionnelle à une société moderne.

Pour réaliser cette vision, il existe un groupe de projets colossaux à long terme, comme la construction de nouvelles voies ferrées pour les trains à grande vitesse. Ce projet vise à relier toutes les villes du pays, du Caire à Alexandrie, d’Alexandrie à Assouan, du Caire à Assouan et du Caire à Arich, dans une première phase. Et en parallèle, il sera créé un nouveau réseau d’autoroutes transcontinentales, d’Assouan vers l’Afrique, de Charm Al-Cheikh vers l’Orient arabe, d’Alexandrie vers le Maghreb. Le projet des autoroutes peut être exécuté avec la coopération du Japon ou de la Corée du Sud selon un système d’exploitation à durée déterminée.

Le second genre de projets colossaux concerne l’extraction de l’or et des métaux précieux des montagnes de Sohag et d’Assiout ainsi que la chaîne de montagnes allant d’Assouan à la mer Rouge. En plus de l’exploitation des sables blancs et noirs du Sinaï dans la fabrication du verre, du cristal et des composants électroniques. Il y a de même l’extraction du pétrole dans le désert Occidental et du gaz naturel dans la mer Méditerranée. Il est également question d’un développement agricole dans le désert Occidental et au Sinaï de façon à augmenter la production de coton et de blé. A ce propos, il est possible de s’entendre avec le Soudan afin d’y envoyer une main-d’oeuvre agricole égyptienne et cultiver ses terres dont la fertilité est exceptionnelle.

Au niveau de la production, la vision du maréchal Al-Sissi est basée sur le passage du processus d’assemblage à celui de la production intégrale. Dans ce domaine, il met souvent l’accent sur l’importance de la coopération entre les industriels égyptiens et étrangers afin de pouvoir profiter des technologies les plus sophistiquées. Evoquons aussi le passage de l’énergie traditionnelle à l’énergie solaire au niveau national, en profitant de l’expertise de multinationales, toujours à travers le système du droit d’exploitation. Pour affronter les défis économiques et financiers, une première conférence économique sera tenue en juillet prochain.

Pour ce qui est de sa vision pour la politique étrangère, Al-Sissi présentera un projet global au prochain sommet arabe pour discuter de la possibilité de transformer la Ligue arabe en organisation active de valeur qui pourrait être renommée l’union arabe. Et cela en commençant par la réactivation du traité de défense commune et de coopération économique entre les Etats arabes. Al-Sissi a aussi l’intention de proposer un projet de conseil de coopération qui regrouperait les 8 Etats du bassin du Nil. Et cela non seulement pour réaliser l’entente sur la distribution de l’eau du Nil, mais aussi pour élaborer une stratégie régionale de développement mutuel des peuples et des Etats du bassin.




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