Semaine du 2 au 8 avril 2014 - Numéro 1019
Entre nationalisme et populisme
Ossama Ghazali Harb02-04-2014
 
 

Après l’annonce faite par le maréchal Abdel-Fattah Al-Sissi de son intention de s’engager dans la course présidentielle, avec à ce jour Hamdine Sabahi comme rival principal, quelle sera la teneur politico-idéo­logique du prochain combat présidentiel ?

Ces deux derniers siècles, la vie politique égyptienne a connu 5 tendances principales : islamiste, libérale, socialiste, nationaliste, et ce, en plus de la tendance patriotique générale qui n’est liée à aucune idéologie et que l’on peut appeler populisme.

De façon générale, nous pouvons dire qu’après l’indépendance de l’Egypte en 1922, le pays a connu un régime libéral qui a pris fin avec la Révolution de 1952 ayant instauré un régime populiste aux tendances de réfor­misme socioéconomique. Ces ten­dances avaient atteint leur apogée pendant le règne de Nasser, puis ont connu un recul considérable pendant les années Sadate puis Moubarak. Après la révolution de 2011, tous les courants politiques étaient présents au premier tour de l’élection présidentielle, mais la concurrence s’est limitée au cours du second tour au courant isla­miste, représenté par Mohamad Morsi, et le courant patriotique général ou populiste avec Ahmad Chafiq.

Cette fois, la concurrence aura lieu entre un candidat du courant populiste qui s’est toujours lié aux militaires, et un autre du courant nationaliste (une description qui est à mon avis plus précise que celle de nassérien). Qu’est-ce que cela veut dire ?

Premièrement, que les forces qui se dispu­tent effectivement le pouvoir sont les forces islamistes et populistes, alors que les forces nationalistes, représentées par Sabahi, tentent d’entrer dans le jeu. Deuxièmement, que les forces islamiques, par leur échec catastro­phique à diriger le pays, ont perdu l’occasion historique qui leur avait été offerte, avant que le peuple ne renverse leur pouvoir par la révolution du 30 juin 2013. Quant aux forces libérales, il est clair que depuis que la Révolution de Juillet 1952 les a éloignées du pouvoir, elles n’ont pas encore réussi à être présentes avec force sur la scène politique égyptienne. Les forces libérales ont donc de grands défis à relever pour prou­ver leur présence.

Et pour ce qui est des forces socialistes qui ont été largement affectées par la défaite du socia­lisme au niveau international, leur présence bien que marginale reste importante à cause de leur forte et radi­cale défense des droits économiques, sociaux et politiques.

Or, à l’heure actuelle, nous sommes face à une concurrence présidentielle entre le courant national et le courant populiste, historiquement lié à l’armée et qui semble avoir, comme aupa­ravant, la plus grande chance de victoire à la prochaine élection présidentielle .




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