Semaine du 2 au 8 avril 2014 - Numéro 1019
La vision du candidat à la présidentielle
Taha Abdel-Alim02-04-2014
 
 

J’ai répété à maintes reprises que l’Etat égyptien doit orga­niser une élection présiden­tielle pluraliste et transparente. Personnellement, j’ai affiché mon soutien à la candidature d’Al-Sissi, vu son patriotisme et sa compétence. Soutenu par les forces armées, il a renversé le pouvoir fasciste des Frères musulmans qui taxaient, à tort et à travers, les gens d’apostasie.

Sur le plan sécuritaire, l’Egypte ne fera aucun progrès si elle n’accomplit pas la mission essen­tielle et cruciale de bâtir une nation, un Etat et une identité, en éradiquant les organisations fas­cistes et terroristes. Elle doit, en parallèle, faire face aux pressions étrangères visant sa division et sa soumission. Dans son pro­gramme, Al-Sissi doit déclarer que l’Egypte est en état de guerre qui lui a été imposée par la confrérie et ses alliés. Tout en contrant cette vague de violence et de terrorisme, il faut juger les terroristes devant les tribunaux le plus vite possible. Il faut répri­mer complètement les chefs ter­roristes, tout en écartant le lan­gage de la réconciliation qui les raffermit et affaiblit l’Etat. En appliquant les articles de la Constitution interdisant la créa­tion de partis sur fond de reli­gion, il faut mettre en oeuvre le processus de la justice transition­nelle.

La vision du candidat à la présidentielle

Dans le domaine socioécono­mique, il faut oeuvrer à supprimer complètement la pauvreté. Il faut avouer que l’augmentation du salaire minimum ne suffit pas à améliorer le niveau de vie des démunis, qui sont dépourvus du minimum d’une vie décente. Le programme du candidat à la pré­sidentielle ne doit pas faire de promesses pour éra­diquer du jour au lendemain la pauvre­té, en prétendant opter pour une distri­bution équitable des richesses. Mais il doit proposer un pro­jet national pour l’in­dustrialisation et le développement qui créeraient les res­sources nécessaires pour répondre aux aspirations légitimes d’une vie meilleure. La justice sociale telle que conçue serait une nou­velle formule de pauvreté si les responsables s’attelaient à redis­tribuer les richesses, qui sont déjà limitées, selon les chiffres des organisations internationales. D’autant plus que le plafond des ambitions sociales légitimes s’est élevé. Le programme du candidat doit impliquer la nécessité de jeter les fondements d’un nou­veau système socioéconomique, qui profitera à tous, acteurs éco­nomiques et citoyens, notamment dans les domaines des ressources hydrauliques, de l’alimentation, de l’énergie et du savoir. Le plus important est l’industrialisation de l’Egypte, en adop­tant des politiques économiques qui garantiraient une place de choix pour l’investissement dans des industries de transformation qui constitueront une valeur ajoutée pour la société. De cette façon, la sécurité nationale sera renfor­cée. L’intégration se fera de manière pari­taire dans l’économie mondiale, et les Egyptiens se sentiront en sécuri­té, grâce à l’emploi et à la pro­duction qui leur garantiront une vie décente et des fonds néces­saires à la promotion de l’éduca­tion et de la santé.

Dans le domaine politique, le programme du candidat doit assi­miler la nécessité de réaliser un équilibre entre la liberté, la sécu­rité et l’incontournable exigence d’entreprendre des mesures exceptionnelles nécessaires pour contrer le terrorisme et l’anarchie. Il faut être tolérant tout en autori­sant une marge étroite de dépas­sement dans la liberté d’expres­sion. Les verdicts et les sanctions ne doivent pas être exagérés, sinon, la loi se transformera d’un outil pour réformer les moeurs en un moyen pour faire la propa­gande du pouvoir et ses partisans. Le programme doit comporter la condamnation de toute torture ou violation de la dignité humaine pour tous les prisonniers, sans aucune exception. La loi doit respecter le droit à l’opposition, à exiger des comptes. Il faut ancrer la confiance en un meilleur ave­nir chez tous les citoyens qui doivent ensemble supporter le fardeau de la reconstitution du régime. Sans cet espoir, le pro­chain président ne pourra pas s’attirer la confiance de la nation, l’Egypte ne connaîtra jamais la stabilité et ne réalisera aucun progrès.

Enfin, je suppose qu’Al-Sissi a démontré, en annonçant sa candi­dature, une totale assimilation de la révolution et une reconnais­sance du droit de la nation à choisir un président conformé­ment aux critères de la compé­tence, d’un programme et d’une vision complémentaire. Les Egyptiens aspirent, dans l’avenir proche, à poser les fondements d’un Etat citoyen, démocratique et développé. Il faut donner confiance aux Egyptiens et leur dire qu’ils sont capables d’occu­per une place de choix dans le monde développé, comme ils l’ont déjà prouvé au fil des époques. Le prochain président doit être conscient des défis sécu­ritaires et doit avoir confiance dans les capacités égyptiennes.




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