Semaine du 2 au 8 avril 2014 - Numéro 1019
Nouveau président pour la Cédéao
  La situation au Mali, au Nigeria et l’élection d’un nouveau président ont été les principaux sujets du 44e sommet ordinaire de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).
Nouveau président pour la Cédéao
Le président du Ghana, John Dramani Mahama, a été élu nouveau président de la Cédéao. (Photo:Reuters)
Sabah Sabet avec agences02-04-2014

« Je suis très heureux de vous dire qu’hier (vendredi), mes pairs ont décidé de porter à la tête de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cédéao mon frère et ami John Dramani Mahama, président de la République du Ghana », a déclaré samedi Alassane Ouattara, prési­dent sortant de l’organisation, chef de l’Eat ivoirien, à la suite de l’élection de Mahama président en exercice de la Cédéao lors du 44e sommet des chefs d’Etat de la Cédéao, qui s’est tenu vendredi et samedi à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire). Pendant un an, John Dramani Mahama va diriger cette organisation de 15 pays ouest-afri­cains réunissant environ 300 mil­lions d’habitants anglophones, francophones et lusophones. En juillet 2012, il a été élu président du Ghana, en remplacement de John Atta Mills, à la suite de la mort subite de ce dernier. 5 mois et demi plus tard, Mahama a rem­porté l’élection présidentielle. En outre et lors du sommet, la Cédéao s’est félicitée du succès obtenu au Mali et a appelé à une solidarité accrue dans la lutte contre le groupe islamiste Boko Haram, très meurtrier au Nigeria.

« L’élection du président Ibrahim Boubacar Keïta, le 11 août 2013, a consacré une transi­tion réussie au Mali », s’est réjoui le président ivoirien. Et d’ajouter : « Nous avons pu circonscrire avec succès les crises au Mali et en Guinée-Bissau ». Le Mali a connu en 2012 et 2013 la plus grave crise de son histoire, marquée notam­ment par l’occupation du nord par des groupes djihadistes, dont Al-Qaëda au Maghreb Islamique (Aqmi), qui en ont été chassés fin janvier par des soldats français et africains.

La crise a duré 18 mois, jusqu’à l’élection présidentielle de juillet-août remportée par Ibrahim Boubacar Keïta.

Kadré Désiré Ouédraogo, prési­dent de la commission de la Cédéao, a, de son côté, salué la « victoire » de cette organisation « sur les forces du terrorisme, de la criminalité et de l’obscuran­tisme » au Mali et les « leçons de saines pratiques démocratiques » qu’incarnent les élections qui s’y sont ensuite tenues.

La Guinée-Bissau, pays à l’ins­tabilité chronique, a, de son côté, connu un dernier coup d’Etat mili­taire en avril 2012. Des élections présidentielle et législatives, déjà reportées à maintes reprises, y seront organisées le 13 avril.

« Notre marche vers plus d’inté­gration et de solidarité reste encore tributaire de la situation sécuritaire dans le vaste ensemble sahélo-saharien et de la réponse que nous apporterons aux menaces qui le traversent », a souligné Ouattara.

Il a averti aussi de l’activisme de Boko Haram et « ses destruc­tions », ce qui impose « une vigi­lance et une solidarité accrues face à ces nouvelles menaces qui risquent de compromettre nos efforts de développement ».

Plus de 1 000 personnes ont déjà péri en 2014 dans les trois Etats du nord-est du Nigeria les plus dure­ment touchés par la violence per­pétrée par Boko Haram, selon le principal organisme de secours du pays.

Créée en 1975, la Cédéao est une mosaïque de 300 millions d’habi­tants répartis entre 15 pays franco­phones, anglophones et luso­phones, qui utilisent différentes monnaies.



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