Semaine du 15 au 21 janvier 2014 - Numéro 1008
L’urgence d’une reprise
  Tout est mis en oeuvre pour tenter de faire revenir les touristes. Pourtant, les résultats se font attendre. Des subventions aux tour-opérateurs et un allégement des taxes d'aéroports ont été annoncés alors que se tenait une conférence sur le sujet à Louqsor.
Louqsor
Dalia Farouq15-01-2014

Le temple de Louqsor, haut symbole de l’Egypte antique, et donc du tourisme, était en fête. Aux rythmes de chants folkloriques nubiens, une conférence inédite s’est ouverte la semaine dernière. L’enjeu est de taille : relancer le tourisme, l’un des poumons de l’économie égyptienne.

La tenue de cette conférence est déjà un succès en soi, comme le laisse penser la joie de Taleb Al-Rifaï, secrétaire général de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) : « C’est génial de choisir Louqsor, l’ancienne Thèbes, pour discuter du futur du tourisme en Egypte. Cette conférence est un message : l’Egypte est sûre, et ce qui s’y passe n’a rien à voir ni avec le tourisme, ni avec les sites touristiques. La preuve en est qu’on est là, dans l’un des plus superbes sites du patrimoine humain sur terre, en toute sécurité ».

Même optimisme chez Amr Abdel-Ghaffar, directeur régional de l’OMT au Moyen-Orient. « L’histoire du tourisme est une histoire de succès. Les arrivées touristiques et les revenus du tourisme ont doublé entre 2000 et 2010, année durant laquelle l’Egypte a accueilli plus de 14 millions de touristes. C’est ce record que l’on veut atteindre dans un futur proche ».

Pour le directeur régional de l’OMT, le tourisme a démontré à maintes reprises sa résistance à des facteurs exogènes, en Egypte comme dans le reste du monde. Le tourisme en Egypte est une histoire de réussite. Il a traversé plusieurs crises, notamment celle de l’attentat de Louqsor en 1997.

Pour faire reprendre un secteur aussi sinistré que le tourisme, plusieurs plans d’action devraient intervenir. La première phase consiste à lancer une vaste campagne de promotion dans les pays exportateurs de touristes. Sont visées notamment les Chambres de tourisme pouvant aider à supprimer les restrictions de certains pays à l’égard des voyages vers l’Egypte.

« L’Egypte doit continuer dans ce sens et continuer à être présente sur toutes les foires internationales. L’Egypte est sûre et attend toujours, avec hospitalité, ses visiteurs », martèle Abdel-Ghaffar.

Faisant de l’échec un succès, il souhaite profiter de la crise pour repenser le modèle de développement touristique en Egypte. Le but étant notamment de sensibiliser une plus grande partie de la population locale à l’importance du tourisme.

En outre, il affirme que l’Egypte doit profiter de cette période de faible fréquentation pour améliorer les infrastructures et les services offerts, et perfectionner ses offres touristiques.

« On applique un plan ambitieux pour aider le secteur du tourisme à se relever. Pour cela, un plan de marketing promotionnel de 40 millions de dollars est mis en place avec le soutien du secteur privé. Ce plan prévoit des promotions et des aides pour les tour-opérateurs », indique le ministre du Tourisme, Hicham Zaazoue.

Le ministre va aussi réduire toutes les taxes d’aéroports. Le plan prévoit par ailleurs des subventions pour les tour-opérateurs. Selon le ministre, l’ensemble du gouvernement démontre une volonté politique de soutenir le secteur du tourisme.

Hicham Zaazoue a aussi déclaré vouloir continuer la stratégie de « charters incentives ». Ce système compense les compagnies aériennes opérant des vols à perte en raison du manque de passagers vers l’Egypte. Par ce système, le gouvernement s’engage à rembourser aux compagnies leurs pertes éventuelles, afin qu’elles ne soient pas tentées d’annuler leurs vols. Ce système coûteux sera cependant limité « aux nouvelles destinations peu connues encore et qui ont besoin d’aide ».

« L’approbation rapide de l’OMT à tenir cette conférence en Egypte alors que se tient le référendum sur la Constitution est un excellent signe. Les participants à cette conférence ont pu constater que la situation en Egypte n’affecte pas les sites touristiques », assure Elhami Al-Zayyat, président de l’Union des chambres du tourisme.

Pourtant, comme le démontrent plusieurs cas similaires, un nombre important de facteurs entre dans le choix d’une destination touristique. Entre le 25 janvier 2011 et le 3 juillet 2013, l’image de l’Egypte a changé. Qu’il soit perçu comme positif ou négatif, ce changement a un impact réel sur le trafic touristique.

Adly Mansour soutient le tourisme

Adly Mansour a accueilli le secrétaire géné­ral de l’OMT, Taleb Al-Rifaï, au palais d’Ittiha­diya. Un signe qui, selon les experts du sec­teur, reflète une véritable volonté politique de soutenir le tourisme et de l’aider à fran­chir ces moments difficiles. Le président de l’OMT affirme avoir « accentué l’attention accordée par le gouvernement au dossier du tourisme, une attention qui sera traduite dans des décisions qui auront pour rôle d’inciter les touristes à revenir en Egypte ».



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