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L’Egypte, médiateur incontournable

Racha Darwich , Mercredi, 10 août 2022

C’est une fois de plus grâce à une médiation égyptienne qu’un cessez-le-feu a pu être instauré à Gaza. L’Egypte est, comme toujours, sur plusieurs fronts pour maintenir le calme à Gaza.

L’Egypte, médiateur incontournable

Dès le déclenchement de la crise, l’Egypte est entrée en action en menant une série de contacts intensifs sur plusieurs niveaux avec les parties palestiniennes et israéliennes afin de mettre un terme le plus vite possible à l’offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza. Selon Dr Tarek Fahmy, professeur de sciences politiques et spécialiste des affaires palestiniennes, «  la médiation de l’Egypte a commencé avant même l’intervention militaire israélienne. Le Caire est entré en contact avec le mouvement du Djihad islamique et avec Israël avant le début des opérations militaires dans une tentative d’empêcher l’escalade. La délégation de sécurité égyptienne qui comprend des personnalités au plus haut niveau de compréhension possède des relations solides avec toutes les parties et poursuit ses efforts pour parvenir au calme », expliqueTarek Fahmy.

Ce n’est pas la première fois que l’Egypte intervient en tant que médiateur pour faire revenir le calme à Gaza. En mai 2021, l’Egypte avait réussi à parvenir à un accord de cessez-le-feu mutuel dans la bande de Gaza, après 11 jours d’opérations militaires israéliennes. Selon une déclaration du ministère égyptien des Affaires étrangères à l’époque, « Le Caire a envoyé deux délégations sécuritaires à Tel-Aviv et dans les zones palestiniennes pour suivre les procédures de mise en oeuvre du cessez-le-feu et convenir de mesures ultérieures qui maintiendraient la stabilité de manière permanente ». Un accord que les Etats-Unis avaient salué lors d’un appel téléphonique entre le président américain, Joe Biden, et le président égyptien, Abdel-Fattah Al-Sissi.

Cependant, « les efforts égyptiens dans le dossier palestinien ne se limitent pas aux aspects sécuritaires seulement. Il s’agit également d’efforts dans le domaine de la reconstruction, des aides humanitaires, des besoins médicaux et autres », précise Dr Khaled Okacha, directeur général du Centre égyptien des études stratégiques. En mai 2021, la guerre israélienne contre la bande de Gaza avait ravagé l’infrastructure du territoire palestinien, la laissant dans un piteux état. Le fait qui a poussé le président Sissi à consacrer une somme de 500 millions de dollars à la reconstruction de la bande de Gaza. Mais l’initiative présidentielle ne s’est pas arrêtée là, elle a chargé les entreprises égyptiennes spécialisées de contribuer au processus de reconstruction. Des efforts qui sont maintenant menacés par les offensives israéliennes malgré les tentatives de poursuivre les travaux dans ces circonstances. « L’Egypte s’active sur tous les fronts. Les efforts de reconstruction ne s’arrêteront pas malgré les conditions difficiles. Les entreprises égyptiennes sont engagées à terminer les travaux selon les calendriers déterminés », confirme Okacha.

Des liens historiques

En fait, Le Caire joue ce rôle pour de nombreuses considérations. L’Egypte possède de tout temps un engagement historique envers la cause palestinienne, s’impliquant dans tous les efforts pour parvenir à un règlement pacifique, juste et durable et à des accords de cessez-le-feu aux moments d’escalade. De plus, l’Egypte possède des frontières communes avec la bande de Gaza. Par conséquent, la stabilité et la sécurité de ses voisins font partie intégrante de sa sécurité nationale. Par ailleurs, l’Egypte est vraisemblablement le seul pays à entretenir des relations directes, permanentes et déclarées avec toutes les parties palestiniennes à Gaza et en Cisjordanie et avec les parties israéliennes. Ce qui lui confère un avantage dans la médiation dans les différents conflits. En réalité, la médiation égyptienne est liée aux efforts déployés par « la délégation sécuritaire égyptienne » qui était présente à Gaza jusqu’en 2008 lorsque le Hamas a pris le pouvoir à Gaza. Celle-ci a posé les fondements de la coopération et des contacts avec toutes les factions palestiniennes. Elle entretenait également des relations personnelles avec toutes les parties palestiniennes et israéliennes. « Le modus operandi égyptien atteint ses objectifs par les moyens les plus courts grâce à la confiance et la crédibilité dont il jouit car il travaille de manière impartiale en présentant des propositions objectives fondées sur des valeurs politiques bien ancrées. Ce qui rend la réponse des différentes parties rapide et directe », conclut Okacha.

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